L'Iran réclame à la Russie ses drones Geran perfectionnés pour frapper Israël

Selon le Financial Times, citant des responsables occidentaux et une source proche du Kremlin, l'Iran a demandé à la Russie de lui livrer sa nouvelle génération de drones Geran, plus rapides et plus difficiles à intercepter. Cette requête, formulée cette année pendant la guerre entre Israël, les États-Unis et l'Iran, révèle l'approfondissement de l'axe militaire entre Moscou et Téhéran. Ces appareils, dont les performances se rapprochent désormais d'un missile de croisière, inquiètent les experts de défense israéliens.

3 min de lecturePar la rédaction
L'Iran réclame à la Russie ses drones Geran perfectionnés pour frapper Israël
Photo : Francesco Ungaro / Pexels

L'Iran a sollicité la Russie afin d'obtenir les modèles Geran-4 et Geran-5, une nouvelle génération de drones d'attaque, dans l'intention déclarée de les utiliser contre Israël et les États-Unis. L'information, rapportée dimanche par le Financial Times sur la foi de responsables sécuritaires occidentaux et d'une source proche du Kremlin, met en lumière un renversement des rôles entre les deux pays alliés.

Une demande formulée en pleine guerre avec Israël

La requête iranienne serait intervenue plus tôt cette année, durant la guerre opposant Israël et les États-Unis à l'Iran. Selon le Financial Times, Téhéran cherche à récupérer des versions perfectionnées d'une arme qu'il avait lui-même conçue à l'origine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait déjà accusé la Russie, en mars, de fournir à l'Iran des drones Shahed employés contre des bases américaines et israéliennes, une accusation qu'il avait qualifiée de fait établi à 100 %.

Du Shahed rudimentaire au Geran, proche du missile de croisière

Au début de la guerre en Ukraine, l'Iran avait fourni à la Russie des drones Shahed basiques, lents et bon marché, conçus pour saturer les défenses adverses plutôt que pour les percer. Moscou produit sa propre version, baptisée Geran, depuis 2023. Le premier modèle transportait une charge de 20 kilogrammes pour une vitesse maximale de 185 km/h. Les nouveaux Geran-4 et Geran-5, à propulsion par réacteur, changent d'échelle : le Geran-5 emporte une charge de 90 kilogrammes à une vitesse pouvant atteindre 600 km/h, avec une portée d'environ 1 000 kilomètres. D'après le Financial Times, ses caractéristiques le rapprochent davantage d'un missile de croisière que d'un drone traditionnel. Ces appareils intègrent une vision thermique, un ciblage assisté par intelligence artificielle, des antennes anti-brouillage russes et des modems radio en réseau maillé d'origine chinoise. Le Geran-5 peut en outre être largué depuis des avions de chasse Sukhoi-25, que l'Iran a acquis en 2025.

Une menace déjà mesurée sur le front ukrainien

L'efficacité de ces nouveaux modèles n'est pas théorique. D'après les données de l'armée de l'air ukrainienne, le taux d'interception des anciens Shahed atteignait 90 à 95 %. Face aux Geran à réaction, il serait tombé autour de 60 %, et plusieurs appareils ont récemment franchi les défenses pour frapper des cibles stratégiques en Ukraine, selon les informations rapportées par la presse spécialisée. Ce terrain d'essai grandeur nature, où la technologie iranienne se perfectionne au contact d'une guerre de haute intensité, alimente les inquiétudes des services de sécurité occidentaux quant à un possible retour de ces capacités vers le Moyen-Orient.

Ce que cela signifierait pour la défense israélienne

Pour l'appareil de défense israélien, l'enjeu tient moins à la vitesse des appareils qu'à leur résistance accrue au brouillage électronique, l'une des parades les moins coûteuses dont disposent habituellement les défenseurs. Une portée de mille kilomètres depuis le territoire iranien, ou depuis les positions de relais de Téhéran dans la région, transforme une capacité jusque-là mesurée en termes théoriques en un problème géographique concret. L'alliance militaire entre Moscou et Téhéran s'est intensifiée ces dernières années par des transferts d'équipements et des échanges d'expérience opérationnelle, l'Iran apportant le volume et l'expertise de la guerre asymétrique, la Russie ses technologies aéronautiques avancées.

Une inconnue de taille : la réponse de Moscou

Aucune des sources ne précise si la Russie a accepté la demande iranienne. Le Financial Times fait état de la requête, pas d'une réponse officielle du Kremlin. La Russie utilise massivement ces drones sur son propre front et rien n'indique publiquement qu'elle soit disposée à céder ses développements les plus avancés à un partenaire, même stratégique.

La suite dépendra largement de la décision russe, que ni Moscou ni Téhéran n'ont pour l'heure confirmée publiquement. Les services de renseignement occidentaux et israéliens devraient continuer à surveiller de près tout signe de transfert effectif de ces technologies, dont l'impact potentiel sur l'équilibre régional est jugé significatif.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un drone Geran ?
C'est la version russe du drone iranien Shahed, produite par Moscou depuis 2023. Les nouveaux modèles Geran-4 et Geran-5 sont propulsés par réacteur, plus rapides et plus difficiles à intercepter que leurs prédécesseurs.
La Russie a-t-elle accepté de fournir ces drones à l'Iran ?
Aucune source ne confirme une réponse russe. Le Financial Times rapporte uniquement la demande iranienne, formulée pendant la guerre avec Israël et les États-Unis.
Pourquoi ces drones inquiètent-ils la défense israélienne ?
Leur résistance au brouillage électronique et leur portée d'environ 1 000 kilomètres réduisent l'efficacité des interceptions classiques, comme observé en Ukraine où le taux d'interception a chuté.

Sources : Infos Israël News, JForum, The Jerusalem Post

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