Irak : Bagdad fixe à juin 2027 le désarmement des milices pro-iraniennes
Le premier ministre irakien Ali al-Zaidi a annoncé au New York Times un plan pour désarmer les milices pro-iraniennes d'ici le 30 juin 2027, après une trêve initiale de 90 jours. L'annonce intervient alors que les derniers soldats américains quittent l'Irak fin septembre et que plusieurs factions armées, dont Kataib Hezbollah, rejettent toujours l'échéance.

Le premier ministre irakien Ali al-Zaidi a fixé au 30 juin 2027 la date butoir pour que les milices soutenues par l'Iran cessent d'exister comme groupes armés indépendants, a-t-il déclaré au New York Times, dans sa première interview accordée à un média étranger depuis sa prise de fonction. Le plan prévoit d'abord une trêve de 90 jours, pendant laquelle les factions cesseraient leurs attaques et recevraient l'assurance de ne pas être visées par les forces américaines. Passé ce délai, elles devraient remettre leurs armes, les combattants pouvant rejoindre individuellement les Forces de mobilisation populaire (PMF), organe paramilitaire reconnu par l'État irakien.
Un désarmement déjà repoussé une fois
Ali al-Zaidi avait initialement promis un désarmement pour le 30 septembre, date fixée pour le retrait des dernières troupes américaines d'Irak. Les milices ont rejeté ce calendrier, poussant Bagdad à ouvrir une négociation confiée à un comité gouvernemental. Selon le New York Times, les factions réclament désormais un délai allant jusqu'à fin 2027, plus long que celui annoncé par le premier ministre. Des groupes parmi les plus puissants, dont Kataib Hezbollah et Harakat al-Nujaba, continuent de refuser toute reddition de leurs armes tant que des forces étrangères restent présentes sur le sol irakien. Ils citent notamment les troupes turques déployées dans le nord du pays et, selon le quotidien américain, des opérations israéliennes menées depuis le territoire irakien. Le Jerusalem Post, sous la plume de Seth J. Frantzman, juge que ce report « repousse le problème » plutôt que de le régler, alors que les groupes armés pro-iraniens comptent environ 100 000 membres selon des estimations citées par le journal.
Les États-Unis maintiennent la pression
À New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a rencontré Ali al-Zaidi. Selon un communiqué du département d'État, les deux dirigeants se sont accordés sur « l'importance pour l'Irak de démanteler les milices terroristes, d'empêcher les attaques depuis le territoire irakien et d'exercer pleinement sa souveraineté ». Plusieurs de ces factions, Kataib Hezbollah en tête, sont classées organisations terroristes étrangères par Washington depuis 2009, tout comme Asaib Ahl al-Haq depuis 2020. Seule Badr, la plus importante d'entre elles, échappe à cette désignation. Le gouvernement irakien a par ailleurs obtenu le principe d'un désarmement du groupe armé yézidi YBS, réclamé par le commandant des forces terrestres irakiennes.
Une économie sous pression
Ali al-Zaidi a lié ce chantier sécuritaire à la crise économique que traverse l'Irak. Le pays aurait perdu environ 60 % de ses revenus mensuels d'exportation pétrolière depuis le début de la guerre régionale, en raison des restrictions au trafic dans le détroit d'Ormuz, pour une perte totale estimée à 60 milliards de dollars. Téhéran refuserait toujours de laisser passer les pétroliers irakiens par le détroit, une décision que le premier ministre attribue à la volonté iranienne de faire grimper les prix mondiaux du pétrole. Bagdad cherche désormais à développer des routes d'exportation alternatives via la Turquie, avec l'objectif à terme d'acheminer du brut irakien directement vers l'Europe.
L'accord doit être formellement annoncé le 30 septembre, jour du retrait des dernières troupes américaines. Des responsables irakiens et des diplomates régionaux cités par le New York Times doutent toutefois que ce plan puisse aboutir sans un accord de paix plus large entre Washington et Téhéran.
Questions fréquentes
- Quel est le nouveau délai fixé par Bagdad pour le désarmement des milices ?
- Le 30 juin 2027, précédé d'une trêve de 90 jours, selon Ali al-Zaidi cité par le New York Times.
- Quelles milices refusent de désarmer ?
- Kataib Hezbollah et Harakat al-Nujaba figurent parmi les factions qui rejettent l'échéance, invoquant la présence de forces étrangères sur le sol irakien.
- Quel est le lien avec Israël ?
- Certaines milices citent des opérations israéliennes menées depuis le territoire irakien pour justifier leur refus de rendre les armes.
Sources : Ynet News, The Jerusalem Post




