Yair Golan juge l'assassinat du guide suprême iranien Khamenei contre-productif

Le chef du parti Les Démocrates, Yair Golan, a qualifié de « mistake » l'élimination par Israël de l'ayatollah Ali Khamenei, ancien guide suprême iranien. Il s'est exprimé vendredi lors d'un entretien au Centre culturel de Rishon LeZion avec le journaliste Yossi Yehoshua. Selon lui, l'opération n'a pas servi les intérêts de l'État d'Israël.

2 min de lecture2 vuesPar la rédaction
Yair Golan juge l'assassinat du guide suprême iranien Khamenei contre-productif
Photo : Shlomi Amsalem · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Khamenei a été tué le 28 février 2026 dans une frappe de l'armée de l'air israélienne visant son bunker de Téhéran, au déclenchement de l'opération Lion Montant contre l'Iran. Il a été remplacé à la tête du régime par son fils, Mojtaba Khamenei, devenu le nouveau guide suprême iranien.

Golan dénonce une erreur stratégique

Invité par Yediot Ahronot et le commentateur d'i24 News Yossi Yehoshua, Yair Golan a affirmé que l'assassinat du guide suprême était une « mistake ». Il a pris soin de préciser que son jugement ne portait pas sur le sort mérité ou non de Khamenei, mais sur l'intérêt stratégique de l'opération pour Israël. « Ce n'était pas dans l'intérêt de l'État d'Israël », a-t-il résumé.

Le chef des Démocrates a développé son raisonnement en évoquant l'âge avancé du dirigeant iranien. « Quand on a affaire à un leader âgé et expérimenté, il y a certainement un avantage à cela », a-t-il expliqué, rappelant que Khamenei avait 86 ans au moment de sa mort. Pour Golan, le maintien au pouvoir d'un dirigeant vieillissant et connu pouvait, paradoxalement, mieux servir les calculs israéliens qu'une succession dont l'issue reste incertaine.

Un débat sur la ligne sécuritaire d'Israël

Cette sortie de Yair Golan, figure de l'opposition de gauche, tranche avec le satisfecit généralement affiché côté gouvernemental après l'opération Lion Montant. Elle relance la question de l'évaluation des bénéfices et des risques d'une frappe aussi spectaculaire contre le sommet du régime iranien, alors que Mojtaba Khamenei a succédé à son père à la tête de l'Iran.

Lors du même entretien, Yair Golan a également abordé la question de l'enrôlement des haredim (ultra-orthodoxes) dans Tsahal. Il a fixé pour « objectif clair » qu'au moins un an de service soit imposé à chaque jeune Israélien de 18 ans, estimant que cela « construirait une société plus intégrée ». Il s'est dit « réaliste » et a appelé à « s'asseoir et discuter » du sujet plutôt qu'à l'imposer par la force, assurant disposer de « la patience, la maturité et la responsabilité professionnelle » nécessaires pour bâtir, selon lui, « un vrai processus et non un processus factice ».

La suite du débat politique

Les propos de Yair Golan sur Khamenei devraient alimenter les discussions au sein de l'opposition et parmi les analystes sécuritaires sur le bilan stratégique de l'opération Lion Montant, plusieurs mois après la frappe. Le dossier de l'enrôlement des haredim, qu'il a relié à ce même entretien, reste quant à lui en discussion à la Knesset, où aucun calendrier précis n'a été annoncé pour une réforme du service obligatoire.

Questions fréquentes

Qui a tué l'ayatollah Ali Khamenei ?
Selon le Jerusalem Post, Khamenei a été tué le 28 février 2026 par une frappe de l'armée de l'air israélienne sur son bunker de Téhéran, au début de l'opération Lion Montant.
Qui a succédé à Khamenei à la tête de l'Iran ?
Son fils, Mojtaba Khamenei, est devenu le nouveau guide suprême iranien après sa mort.
Pourquoi Yair Golan critique-t-il cette opération ?
Il estime que l'élimination d'un dirigeant âgé et expérimenté comme Khamenei ne servait pas les intérêts stratégiques de l'État d'Israël, sans pour autant juger son sort immérité.

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