Élections à la Knesset : les sondages se contredisent à moins d'un mois du scrutin
À moins d'un mois des élections législatives du 27 octobre, les instituts israéliens livrent des lectures opposées du rapport de force. Certains sondages placent les deux blocs au coude à coude, sans majorité de 61 sièges en vue, tandis qu'un autre donne au bloc de droite une confortable avance. Ce brouillage nourrit déjà les calculs de coalition et les manœuvres devant la Commission électorale centrale.

Les listes définitives déposées avant la date limite devaient clarifier le rapport de force entre le camp du Premier ministre Benyamin Netanyahou et le « bloc du changement ». Elles ont plutôt compliqué la lecture. Un sondage de la chaîne Kan publié cette semaine donne 52 sièges à chacun des deux blocs, les partis arabes en obtenant 12 et la formation d'Yoaz Hendel et Yaron Zelekha, non clairement rattachée à l'un ou l'autre camp, quatre. La chaîne 12 crédite pour sa part le bloc du changement de 54 sièges contre 50 pour la coalition sortante, 14 pour les partis arabes et 4 pour Hendel-Zelekha.
Des blocs au coude à coude, sauf pour une enquête
Ce scénario d'impasse contraste fortement avec le sondage de la chaîne 14, réalisé par l'institut NEXT DATA auprès de 483 personnes et publié le 15 septembre. Il attribue 64 sièges au bloc de droite contre 44 au bloc de gauche et 12 aux partis arabes, une répartition stable par rapport à la semaine précédente. Le Likoud y demeure le premier parti malgré un léger recul, passant de 31 à 30 sièges, devant le parti Yashar de Gadi Eisenkot, en baisse d'un siège à 21. Sur la question de l'aptitude à diriger le pays, Benyamin Netanyahou conserve une nette avance avec 51 %, contre 35 % pour Gadi Eisenkot, et l'emporte 53 % à 47 % dans un duel direct.
Cet écart entre enquêtes tient en partie aux petits partis. Ofer Winter et sa formation Amkha Israël, qui subissent une forte pression du Likoud pour se retirer de la course, franchissent le seuil électoral dans neuf des onze derniers grands sondages recensés, selon le Jerusalem Post. Une percée qui coûterait des sièges au bloc Netanyahou si elle se confirme, mais qui pourrait aussi, si elle échoue de peu, gaspiller des voix de droite. La formation « Les réservistes – économiquement » progresse également, tout comme Judaïsme unifié de la Torah et le parti Beyahad de Naftali Bennett, selon la chaîne 14.
Les partis se préparent à un scénario de blocage
Face à cette incertitude, les états-majors envisagent déjà des scénarios de sortie de crise. Yoram Cohen, ancien chef du Shin Bet et numéro deux de la liste Yashar de Gadi Eisenkot, a évoqué sur la chaîne 12 la possibilité d'un gouvernement minoritaire soutenu de l'extérieur par les partis arabes, si le bloc du changement n'atteint pas les 61 sièges. Selon lui, un tel gouvernement pourrait ensuite chercher à rallier le Parti sioniste religieux de Bezalel Smotrich, voire un Likoud qui ne serait plus dirigé par Benyamin Netanyahou. Il a en revanche exclu toute coopération avec Itamar Ben Gvir et son parti Otzma Yehudit.
Dans le même temps, les formations rivales multiplient les recours devant la Commission électorale centrale. Les Démocrates demandent la disqualification d'Otzma Yehudit, qui riposte par une pétition visant les Démocrates et cherche également à écarter le Raam. Le Likoud, de son côté, réclame l'exclusion des partis arabes. Ces procédures ont peu de chances d'aboutir, la Cour suprême ayant par le passé annulé des décisions comparables de cette instance politique. Leur objectif réel est moins juridique que stratégique : délégitimer par avance les alliances dont le camp adverse pourrait avoir besoin pour atteindre la majorité.
La suite du calendrier
À un peu plus de six semaines du scrutin, aucune enquête ne donne de majorité claire et stable à l'un des deux blocs, à l'exception notable du sondage de la chaîne 14. Les regards se tournent désormais vers les tractations qui suivront le 27 octobre, où le sort de partis proches du seuil électoral, comme celui d'Ofer Winter, pourrait déterminer qui, de Benyamin Netanyahou ou de Gadi Eisenkot, sera chargé de former le prochain gouvernement.
Questions fréquentes
- Quand ont lieu les élections législatives en Israël ?
- Le scrutin pour la 26e Knesset est fixé au 27 octobre 2026, selon les sources citées.
- Pourquoi les sondages se contredisent-ils autant ?
- Les instituts diffèrent sur le classement des petits partis proches du seuil électoral, comme celui d'Ofer Winter, ce qui fait varier fortement le total attribué à chaque bloc.
- Que se passe-t-il si aucun bloc n'atteint 61 sièges ?
- Des scénarios de gouvernement minoritaire soutenu par des partis extérieurs, notamment arabes, sont déjà évoqués par des responsables proches du bloc du changement.
Sources : The Jerusalem Post, Tribune Juive, Tribune Juive





