Élections 2026 en Israël : le vote papier résiste, l'intelligence artificielle inquiète
À l'approche des élections législatives de 2026, la Commission électorale centrale israélienne affirme que le processus physique de vote reste quasiment infalsifiable. Son directeur général par intérim, Dean Livne, reconnaît en revanche que l'intelligence artificielle générative et les deepfakes constituent une menace nouvelle, apparue depuis le scrutin de novembre 2022.

Le bulletin de vote papier, le signalement manuscrit, la photographie du protocole : le système électoral israélien repose sur des méthodes volontairement « à l'ancienne », selon Dean Livne, directeur général par intérim de la Commission électorale centrale (CEC). Pour les élections de 2026, l'enjeu n'est pas de moderniser ce dispositif, mais de l'adapter aux nouvelles menaces technologiques sans toucher à son intégrité.
Un vote papier bâti sur plusieurs couches de vérification
En Israël, chaque électeur choisit une seule liste et dépose un bulletin physique dans une urne. À la clôture du scrutin, les résultats sont consignés dans un protocole signé par les représentants des bureaux de vote, filmé, puis transporté vers une commission électorale régionale. Un juge y vérifie que le nombre de votants correspond au nombre de bulletins. « Cela n'arrive jamais qu'il y ait plus de votes que d'électeurs présents, mais il vérifie quand même », a précisé Dean Livne.
Les données ne rejoignent les systèmes centraux de la CEC qu'après ces contrôles physiques, et ces systèmes ne sont pas connectés à internet. Seule une interface publique, totalement distincte, permet de consulter les résultats en ligne. La commission publie également les images des protocoles manuscrits, afin que le public puisse comparer la version papier et la version électronique. Selon Dean Livne, ce niveau de sécurité informatique repose sur des équipements « de niveau militaire ».
En cas d'allégation de fraude, des centaines de juristes sont mobilisés immédiatement après le scrutin pour examiner chaque plainte, bulletin par bulletin. « Parce que j'ai toutes les urnes, tous les protocoles et toutes les photographies, l'examen sera très rapide », a-t-il affirmé, jugeant qu'une fraude électorale systémique relève, selon ses mots, de la même crédulité que croire que la Terre est plate.
L'intelligence artificielle, nouvelle ligne de front
Si le processus de vote reste stable, l'environnement informationnel qui l'entoure a profondément changé depuis 2022. La loi électorale israélienne a été modifiée pour encadrer le matériel de campagne créé ou modifié par des technologies avancées, dont l'IA, et la CEC a établi des règles d'étiquetage pour ce type de contenu.
Dean Livne distingue les vidéos manifestement fictives des contenus qui imitent de façon crédible un responsable politique réel. Face à ce risque, la commission ne se limite pas à exiger un étiquetage : elle appelle les électeurs à la prudence systématique. « Aujourd'hui, tout ce que vous voyez en ligne ou sur WhatsApp, doutez-en », a-t-il déclaré, invitant le public à vérifier l'information auprès de la CEC plutôt qu'à la relayer.
Interrogé sur l'hypothèse d'un deepfake diffusé juste avant le scrutin annonçant le retrait d'un candidat majeur, Livne a indiqué que la commission dialoguerait avec les grandes plateformes pour faire retirer le contenu, en coordination avec les autorités de cybersécurité, et diffuserait des alertes publiques.
Une coordination élargie avec les services de sécurité
Lorsque la menace provient de l'extérieur du système électoral lui-même, la CEC travaille en coordination étroite avec le Shin Bet, Tsahal, la police israélienne, l'appareil judiciaire et le bureau du Premier ministre. Dean Livne n'a pas souhaité évoquer de pays ou d'évaluations de renseignement précises, invoquant la classification de ces informations.
Cette articulation entre un vote physique difficile à falsifier et un environnement numérique plus vulnérable constitue, selon lui, le véritable défi des prochaines élections. Aucune des protections mises en place autour de l'urne ne permet de garantir qu'une vidéo vue sur un téléphone la veille du scrutin soit authentique. C'est sur ce terrain, en amont du bureau de vote, que la CEC concentre désormais ses efforts à l'approche de l'échéance électorale de 2026.
Questions fréquentes
- Le système de vote israélien est-il connecté à internet ?
- Non. Selon Dean Livne, les systèmes centraux de la Commission électorale centrale ne sont pas reliés à internet ; seule une interface publique séparée permet de consulter les résultats en ligne.
- Comment la Commission électorale traite-t-elle les deepfakes ?
- Elle a établi des règles d'étiquetage du contenu généré par IA, travaille avec les grandes plateformes pour faire retirer les contenus trompeurs et diffuse des alertes publiques en coordination avec les autorités de cybersécurité.
- Que se passe-t-il en cas d'allégation de fraude électorale ?
- Des centaines de juristes sont mobilisés après le scrutin pour examiner chaque plainte à partir des urnes, protocoles et photographies conservés par la commission.
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