Attentat contre une église en Jordanie : Amman riposte par des frappes en Syrie
Trois hommes armés ont ouvert le feu vendredi devant une église grecque-orthodoxe du sud de la Jordanie, en pleine procession funéraire, faisant neuf morts. Trois jours plus tard, l'armée jordanienne a frappé des positions dans le sud-est syrien en représailles, provoquant un échange d'accusations avec Damas.

Le village de Hammoud, dans le gouvernorat de Karak, à environ 180 kilomètres au sud d'Amman, a été le théâtre vendredi d'une fusillade qui a endeuillé l'une des plus anciennes communautés chrétiennes du royaume hachémite. Trois assaillants sont descendus d'un véhicule devant l'église Saint-Georges, grecque-orthodoxe, et ont tiré en direction de l'entrée du bâtiment alors qu'une procession funéraire rassemblait entre 150 et 200 fidèles. Des images diffusées par la télévision publique Al-Mamlaka montrent les tireurs, deux munis de pistolets et un troisième d'une arme longue, faisant feu depuis le porche avant de pénétrer dans l'enceinte. Les coups de feu auraient duré environ cinq minutes avant la fuite des assaillants.
Un attentat qui a endeuillé une communauté entière
Le bilan, revu à la hausse au fil des jours, fait désormais état de neuf morts et d'une trentaine de blessés, dont la plupart des victimes étaient âgées de 50 à 70 ans. Le ministre jordanien de l'Intérieur, Mazen Al-Faraya, a évoqué l'action d'un « groupe d'extrémistes », sans qu'aucune organisation n'ait revendiqué l'attaque à ce stade. Trois suspects ont été arrêtés lundi par les forces de sécurité jordaniennes à l'issue d'une fusillade, mais le mobile exact de l'attentat restait à établir. Le roi Abdallah II s'est rendu au chevet des blessés et a promis que son pays « frapperait sans relâche » les responsables de cette attaque contre sa nation.
La riposte jordanienne vise le sud-est syrien
Trois jours après l'attentat, l'armée de l'air jordanienne a mené lundi une opération baptisée « Dissuasion jordanienne - Hammoud », frappant plusieurs cibles dans le sud-est de la Syrie. Selon l'état-major jordanien, ces frappes ont détruit des caches et des véhicules appartenant à des groupes terroristes, faisant des morts et des blessés parmi leurs membres. Amman affirme avoir mené cette opération en coordination avec les autorités syriennes. Damas, de son côté, dément toute concertation préalable et fait état de victimes civiles, parmi lesquelles des femmes et des enfants, ce qui ouvre un différend entre les deux capitales sur les conditions exactes de l'intervention.
Une onde de choc régionale et internationale
Le ministère israélien des Affaires étrangères a adressé ses condoléances au royaume de Jordanie, dénonçant une atteinte grave à la liberté religieuse et affirmant sa solidarité avec Amman dans la lutte contre le terrorisme. Au Liban, le président Joseph Aoun a qualifié l'attaque d'« acte terroriste odieux » visant la coexistence entre communautés. Le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, Théophile III, a dénoncé un acte « méprisable et lâche » contre des fidèles en prière. Depuis le Vatican, le pape Leo a également exprimé sa proximité avec la communauté chrétienne jordanienne, rappelant la réputation de coexistence pacifique du royaume. L'attaque ravive le souvenir d'une série d'assauts menés en 2016 dans la même région de Karak, revendiqués à l'époque par le groupe État islamique.
L'enquête jordanienne se poursuit pour établir l'identité complète des assaillants et déterminer si l'attaque relevait d'un projet organisé. Les autorités de Damas et d'Amman doivent par ailleurs clarifier les contours exacts de leur coopération sécuritaire, alors que le bilan des frappes de lundi reste à préciser.
Questions fréquentes
- Où a eu lieu l'attentat contre l'église en Jordanie ?
- L'attaque a visé l'église grecque-orthodoxe Saint-Georges du village de Hammoud, dans le gouvernorat de Karak, au sud d'Amman, le 23 octobre 2026.
- Combien de personnes ont été tuées dans cette attaque ?
- Le bilan s'élève à neuf morts et une trentaine de blessés, selon les dernières informations communiquées par les autorités jordaniennes.
- Pourquoi la Jordanie a-t-elle frappé la Syrie ?
- Amman a mené des frappes aériennes contre des positions dans le sud-est syrien le 26 octobre, en représailles visant des groupes jugés liés à l'attentat de Hammoud.



