À New York, des organisations juives réclament une action mondiale contre l'antisémitisme près de l'ONU
Mercredi soir, des centaines de membres de la communauté juive de New York se sont rassemblés près du siège des Nations unies, en marge de l'Assemblée générale annuelle. Organisée par l'UJA-Federation of New York et le Jewish Community Relations Council, la mobilisation réclamait des dirigeants mondiaux un plan d'action concret contre l'antisémitisme.

Le rassemblement s'est tenu sur près de trois quarts d'un pâté de maisons, de la 2e Avenue à la hauteur de la 48e Rue jusqu'à proximité de l'entrée de l'ONU, tandis que les chefs d'État et de gouvernement se réunissaient à quelques mètres de là pour l'Assemblée générale. Plusieurs grandes organisations américaines s'étaient jointes à l'appel : l'UJA-Federation of New York, le Jewish Community Relations Council de New York, l'Anti-Defamation League, l'American Jewish Committee, le New York Board of Rabbis, la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, l'Israeli American Council, StandWithUs, l'United Synagogue of Conservative Judaism, l'Union for Reform Judaism et Yeshiva University.
Un rassemblement pour peser sur l'agenda de l'ONU
« Nous avons des dirigeants du monde entier réunis à quelques rues d'ici, en train de discuter des grands enjeux de l'époque, et nous devons faire en sorte que la lutte contre l'antisémitisme figure en tête de liste », a déclaré Eric Goldstein, directeur général sortant de l'UJA-Federation of New York, cité par JNS. Il a appelé à un « plan d'action national sérieux contre l'antisémitisme dans chaque pays », à la nomination d'un envoyé spécial doté d'un véritable pouvoir de sanction, à des règles de modération sur les réseaux sociaux et à un renforcement du financement de la sécurité des institutions juives. William Daroff, directeur général de la Conference of Presidents, a été plus direct encore, qualifiant l'ONU de « cesspool of antisemitism » qui inscrit régulièrement à son ordre du jour des textes visant le seul État juif. Jonathan Greenblatt, directeur de l'ADL, a dénoncé de son côté une « passivité délibérée face à l'antisémitisme », qu'il a assimilée à une forme de complicité.
Les survivants au cœur des témoignages
La tribune a donné la parole à plusieurs victimes d'attaques antisémites à travers le monde. Arsen Ostrovsky, rescapé de l'attentat de Bondi Beach en Australie, Shalev Biton, rescapée du massacre du festival Nova du 7 octobre, et Younes Alkarnawi, le Bédouin israélien qui lui a sauvé la vie, ont pris la parole ensemble. George Zamot, chauffeur de la société UPS qui avait aidé la police de New York à interpeller l'auteur d'une attaque au couteau antisémite sur l'Upper West Side en juillet, est également intervenu. Devorah Halberstam, dont le fils Ari a été assassiné en 1994 lors de l'attentat terroriste du pont de Brooklyn, a lancé un appel pressant : « L'antisémitisme doit cesser. Pas demain. Pas quand cela deviendra politiquement opportun. Maintenant. » Le rabbin Reuben Poupko, de Montréal, dont la synagogue avait été la cible d'un projet d'attentat déjoué, a affirmé que la communauté ne « cédera pas à la peur ».
Plusieurs orateurs ont mis en cause le maire de New York, Zohran Mamdani, socialiste démocrate, l'accusant de dénoncer Israël d'une manière qui, selon eux, fragilise la sécurité des Juifs de la ville. Daroff a établi un lien avec la montée des Democratic Socialists of America, dont il estime que l'hostilité envers Israël se traduit par une hostilité envers les Juifs. Un petit groupe de contre-manifestants du mouvement antisioniste Neturei Karta s'est fait entendre en fin de soirée, alors que l'audience se réduisait progressivement.
Une mobilisation qui s'inscrit dans une série d'actions
Ce rassemblement fait suite à d'autres initiatives communautaires récentes à New York, dont une veillée organisée devant la résidence du maire par deux écoles juives orthodoxes. Hindy Poupko, vice-présidente exécutive de l'UJA, a présenté l'événement comme une tentative d'empêcher que « notre récit ne soit noyé » pendant la semaine de l'Assemblée générale. Les organisateurs entendent poursuivre cette pression sur les délégations présentes à New York durant toute la durée des travaux de l'ONU, sans qu'une nouvelle date de mobilisation n'ait pour l'instant été annoncée.
Questions fréquentes
- Qui a organisé le rassemblement près de l'ONU ?
- L'UJA-Federation of New York et le Jewish Community Relations Council de New York, rejoints par une dizaine d'organisations juives américaines dont l'ADL, l'AJC et la Conference of Presidents.
- Quels survivants ont témoigné lors de l'événement ?
- Arsen Ostrovsky, rescapé de l'attentat de Bondi Beach, Shalev Biton, rescapée du massacre du festival Nova, et Younes Alkarnawi, le Bédouin israélien qui l'a sauvée, ont pris la parole.
- Pourquoi le maire de New York a-t-il été cité pendant le rassemblement ?
- Plusieurs orateurs ont critiqué Zohran Mamdani, l'accusant de dénoncer Israël d'une manière qui fragiliserait, selon eux, la sécurité de la communauté juive new-yorkaise.
Sources : JNS, The Forward, JTA, JTA




