Décryptage
Gaza : l'accusation d'un « choix de mort » israélien que Europalestine ne vérifie pas
Le site Europalestine affirme, en citant une enquête du quotidien saoudien Asharq Al-Awsat relayée par le journal algérien Al-Ahrar, que les forces israéliennes auraient appelé leurs victimes à Gaza et au Liban pour leur imposer un choix entre mourir seules ou avec leurs proches. Cette accusation ne s'appuie, dans le texte lui-même, sur aucune déclaration du Shin Bet, de Tsahal ou du gouvernement israélien, ni sur un lien direct vers l'enquête originale.

Le site Europalestine reprend, le 3 novembre, une affirmation selon laquelle des « forces israéliennes » auraient instauré une pratique macabre : appeler des habitants de Gaza avant une frappe pour leur proposer de mourir seuls ailleurs plutôt qu'avec leur famille. Cette thèse circule sous plusieurs signatures, mais aucune d'elles ne livre de document ou de déclaration officielle à l'appui.
Ce qu'écrit Europalestine
Le texte affirme que les forces israéliennes auraient offert à leurs cibles le choix « entre être bombardées avec leurs proches ou se rendre à un endroit où elles seraient tuées seules ». Il précise que « au moins cinq assassinats de ce type ont été perpétrés par les Israéliens à Gaza » au cours des trois derniers mois, et cite un cas daté du 28 octobre à Khan Younès, où un jeune homme désigné par le patronyme al-Bayouk serait monté sur le toit de son abri pour y être visé par un missile. Un second cas est évoqué au Liban, celui d'Ahmad Tarmous, 62 ans, tué par un drone en février après une menace similaire.
Ce que disent les faits
Le texte d'Europalestine ne contient, à aucun moment, de citation ou de communiqué émanant du Shin Bet, de Tsahal ou d'un porte-parole du gouvernement israélien. L'accusation repose sur une chaîne de reprises : une enquête attribuée à Asharq Al-Awsat, relayée par Al-Ahrar, elle-même citée par Europalestine, qui ne renvoie dans ses sources qu'au lien du journal algérien et non à l'article saoudien original. La mention selon laquelle i24 aurait « également rapporté » l'information n'est appuyée par aucun extrait ni lien vers cette chaîne, ce qui empêche de savoir si i24 a confirmé le fait ou s'est borné à signaler l'existence de l'allégation. Le chiffre de « cinq assassinats » n'est, lui, étayé que par un seul cas daté et localisé, celui du 28 octobre à Khan Younès ; les quatre autres cas évoqués ne sont ni datés ni circonstanciés dans le texte.
Ce qui n'est pas dit
Le texte précise lui-même que les opérations visées cibleraient « des membres supposés du Hamas », sans rappeler que ces opérations s'inscrivent dans la guerre déclenchée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, ni que le Hamas a gouverné la bande de Gaza pendant la période où se seraient déroulés les faits rapportés. Ce contexte, absent du récit d'Europalestine, ne permet pas de dire si les personnes visées étaient ou non liées à des activités armées, faute d'enquête indépendante citée dans le texte.
À ce stade, aucune réaction officielle israélienne n'a été rendue publique dans les sources consultées, et l'enquête originale d'Asharq Al-Awsat n'a pas été directement vérifiée par Europalestine. La confirmation ou l'infirmation de ces accusations dépendra de la publication, par les médias cités, de l'intégralité de leur matériau d'enquête et d'une éventuelle réponse des autorités de sécurité israéliennes.
Questions fréquentes
- Qui a publié l'enquête à l'origine de cette accusation ?
- Selon Europalestine, l'information provient d'une enquête du quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, reprise par le journal algérien Al-Ahrar et mentionnée par i24.
- Le texte cite-t-il une réaction israélienne ?
- Non, aucune déclaration du Shin Bet, de Tsahal ou du gouvernement israélien n'est citée dans l'article d'Europalestine.
- Que sait-on du cas évoqué au Liban ?
- Le texte mentionne la mort d'Ahmad Tarmous, 62 ans, tué par un drone israélien en février après une menace similaire, sans préciser le contexte de cette frappe.
Dossier Gaza et le Hamas



