Washington presse Israël de réprimer les violences en Judée et Samarie

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a demandé à Israël de sévir contre les violences commises par des résidents juifs de Judée et Samarie, après l'agression d'une photojournaliste américaine et de diplomates européens près de Ramallah. L'épisode relance les tensions entre l'armée et la police israéliennes, incapables de procéder à des arrestations malgré des incidents à répétition.

2 min de lecturePar la rédaction
Washington presse Israël de réprimer les violences en Judée et Samarie
Photo : Illustration générée par IA

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a réclamé samedi un durcissement de la réponse israélienne face aux violences impliquant des résidents juifs de Judée et Samarie. Sa déclaration intervient après deux incidents survenus en l'espace de 24 heures près de Ramallah, qui ont provoqué une vague de condamnations internationales.

Les faits à l'origine de la crise

Vendredi, Heidi Levine, photojournaliste américaine de 64 ans travaillant pour le Washington Post, a été blessée près de Khirbet Abu Falah, dans la région de Binyamin, alors qu'elle documentait la récolte des olives. Une autre personne a été blessée à ses côtés. Le lendemain, sept individus masqués armés de gourdins se sont attaqués à des cueilleurs palestiniens et à des diplomates belges, français et polonais près du village de Taybeh. Un maire français a été agressé et la vitre d'un véhicule consulaire belge brisée. « Nous sommes très troublés par ces images et par ce que nous voyons », a déclaré Rubio aux journalistes avant d'embarquer pour l'Ouzbékistan. « Nous avons demandé aux Israéliens, et nous continuons de le faire, de sévir contre ces agissements. » Selon Yesh Din, organisation israélienne de surveillance classée à gauche, des résidents de Judée et Samarie seraient impliqués dans au moins 170 attaques contre des Palestiniens depuis le 27 septembre, date du début de la récolte annuelle des olives.

Les réactions à Jérusalem, Washington et Bruxelles

Le bureau du Premier ministre a mis en doute, selon JNS, la version des faits concernant l'agression de Heidi Levine, évoquant de « sérieuses questions » quant à la responsabilité réelle des Israéliens ou des Palestiniens dans cet incident précis. Sur X, Benjamin Netanyahou a déclaré que « des accusations graves nécessitent des preuves sérieuses », une réaction jugée tiède par des responsables sécuritaires cités par Israel Hayom. Le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot a de son côté condamné l'attaque near Taybeh, affirmant que « l'impunité des colons violents doit cesser » et que Bruxelles continuerait de plaider pour des sanctions européennes. Heidi Levine a elle-même qualifié ses agresseurs de « terroristes juifs », estimant qu'ils donnaient « une image épouvantable » du pays.

Une responsabilité qui se dilue sur le terrain

En Israël, l'armée et la police continuent de se renvoyer la faute. Tsahal rappelle qu'elle ne peut placer un soldat tous les cent mètres sur l'ensemble du territoire de Judée et Samarie, tandis qu'aucune arrestation de civil israélien n'a été enregistrée après le week-end de violences. La police rétorque que l'armée est l'autorité responsable de la zone. Selon un haut responsable sécuritaire cité par Israel Hayom, plusieurs centaines de personnes participeraient à ces actions, loin d'un phénomène marginal, et le Shin Bet, chargé de lutter contre le terrorisme juif, peinerait lui aussi à endiguer le problème. Tsahal doit déployer dans les prochains jours des renforts supplémentaires, destinés notamment à protéger les cueilleurs d'olives palestiniens. Le département d'État américain attend une réponse de son ambassade à Jérusalem sur l'incident Levine d'ici dimanche.

Questions fréquentes

Qui a été blessé dans les incidents près de Ramallah ?
La photojournaliste américaine Heidi Levine, qui couvrait la récolte des olives, ainsi qu'une autre personne. Un maire français a également été agressé lors d'un second incident près de Taybeh.
Que demande Marco Rubio à Israël ?
Le secrétaire d'État américain demande à Jérusalem de sévir davantage contre les violences commises par des résidents juifs de Judée et Samarie, après la diffusion d'images jugées préoccupantes par Washington.
Pourquoi n'y a-t-il pas d'arrestations sur le terrain ?
L'armée et la police israéliennes se renvoient la responsabilité de la sécurisation de la zone, et aucun civil israélien n'a été arrêté après le dernier week-end de violences, selon des responsables sécuritaires.

Dossier Judée et Samarie

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