Diplomates européens pris à partie en Judée-Samarie : Israël ouvre une enquête

Samedi, une délégation de diplomates français, belges et polonais en visite près de Taybeh, en Judée-Samarie, a été prise à partie par un groupe d'individus masqués armés de bâtons et de pierres. L'incident a endommagé un véhicule du consulat belge et blessé un maire français, provoquant des condamnations à Jérusalem comme à Bruxelles et l'ouverture d'une enquête de la police israélienne.

3 min de lecture1 vuePar la rédaction
Diplomates européens pris à partie en Judée-Samarie : Israël ouvre une enquête
Photo : Illustration générée par IA

Une attaque filmée près de Taybeh

Samedi 17 octobre, une délégation diplomatique composée de représentants français, belges et polonais se trouvait près du village de Taybeh, dans les territoires de Judée et Samarie, pour une visite liée à la saison de la récolte des olives. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un groupe d'une dizaine d'individus masqués, armés de bâtons et de pierres, encerclant le véhicule de la délégation puis le poursuivant à bord de quads. Sur l'une des images, le maire de la commune française d'Aulnoye-Aymeries, Bernard Baudoux, apparaît assis au sol, adossé à un véhicule, un brassard tricolore au bras pour signaler son identité. Une vitre du véhicule du consulat belge a également été brisée par un jet de pierre, selon des images diffusées par les autorités belges.

L'armée israélienne a confirmé qu'aucun soldat n'était présent sur place au moment des faits et a précisé que la visite consulaire n'avait pas été coordonnée au préalable avec Tsahal, une coordination jugée indispensable à la sécurité des visiteurs dans une zone sensible. Des policiers et des enquêteurs de la police scientifique du district de Judée-Samarie ont été dépêchés sur les lieux, sous protection militaire, pour recueillir des preuves et des témoignages.

Entre condamnations et appel à la prudence

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou a condamné toute violence contre des diplomates, tout en appelant à attendre les conclusions de l'enquête avant de tirer des conclusions. Il a souligné que les images diffusées n'établissaient pas l'ensemble des faits ni les responsabilités individuelles, évoquant une possible campagne visant à ternir l'image des habitants juifs de Judée-Samarie pendant la saison des récoltes. Le bureau du Premier ministre a par ailleurs relevé que le maire Bernard Baudoux avait par le passé fait hisser le drapeau palestinien sur sa mairie, avant que les autorités françaises n'en ordonnent le retrait.

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar a de son côté condamné des « émeutiers israéliens » et indiqué que son ministère était en contact avec les ambassades concernées pour faciliter l'identification des suspects et leur poursuite. Le président Isaac Herzog, qui évoquait également l'agression distincte subie la veille par la photojournaliste du Washington Post Heidi Levine, a dénoncé un comportement qui, selon lui, « ne représente ni les citoyens ni les valeurs de l'État d'Israël ».

À Bruxelles, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a condamné « dans les termes les plus forts » une attaque menée selon lui par des « colons masqués » contre des Palestiniens, le consul général de Belgique, des diplomates français et polonais ainsi que des représentants catholiques. Il a annoncé que son pays continuerait de réclamer des sanctions européennes contre les responsables de violences en Judée-Samarie. En Israël, le chef du parti Démocrates, Yair Golan, a dénoncé un épisode « grave et dangereux » et accusé la coalition au pouvoir de laisser prospérer la violence nationaliste, réclamant notamment le démantèlement des foyers d'extrémisme et le rétablissement de la détention administrative contre les auteurs de violences juives.

L'enquête se poursuit

La police du district de Judée-Samarie a indiqué avoir renforcé ses équipes et mobilisé l'ensemble de ses moyens pour localiser les auteurs de l'attaque. Le commissaire divisionnaire Moshe Pinchi, à la tête du district, a réuni samedi soir son état-major pour faire le point sur cet incident et sur celui, distinct, survenu la veille contre Heidi Levine, blessée près du village d'Abou Falah et hospitalisée après une opération à la main. Le ministère des Affaires étrangères doit transmettre les témoignages des diplomates agressés afin de permettre leur identification. Aucune arrestation n'avait été annoncée dimanche.

Questions fréquentes

Où s'est produite l'attaque contre les diplomates ?
Près du village de Taybeh, dans les territoires de Judée et Samarie, lors d'une visite liée à la récolte des olives.
Qui a été blessé dans cet incident ?
Le maire français Bernard Baudoux a été pris à partie, un véhicule du consulat belge a été endommagé ; aucune blessure grave n'a été rapportée côté diplomates.
Où en est l'enquête israélienne ?
La police du district de Judée-Samarie a ouvert une enquête, mobilisé des moyens renforcés et transmet les témoignages des diplomates, sans arrestation annoncée pour l'instant.

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