Trump sème le doute sur une frappe contre l'Iran avant les élections de mi-mandat

Donald Trump a affirmé jeudi que les États-Unis n'attaqueraient pas l'Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, invoquant des discussions « productives » avec Téhéran. Moins de 24 heures plus tard, il a rouvert la porte à une action militaire. Washington a parallèlement durci ses sanctions contre la flotte pétrolière iranienne.

3 min de lecturePar la rédaction
Trump sème le doute sur une frappe contre l'Iran avant les élections de mi-mandat
Photo : Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Six mois après le début de la guerre déclenchée fin février par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran, Donald Trump multiplie les signaux contradictoires sur une éventuelle reprise des hostilités. Jeudi, sur Truth Social, le président américain a écrit : « Nous n'attaquerons pas l'Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre », évoquant des « discussions productives » avec la République islamique. Vendredi, interrogé devant la Maison Blanche sur un possible report de toute action militaire après le scrutin, il a répondu : « Peut-être. On verra. »

Un revirement en moins de 24 heures

Ce changement de ton intervient alors que le Pentagone, selon des informations rapportées par Israel Hayom citant The Atlantic, prépare à la demande de la Maison Blanche des options de frappe contre l'Iran, y compris pour un usage avant le vote du 3 novembre. Le CENTCOM aurait élaboré des scénarios pré-électoraux, tandis que le Pentagone a également transmis des options pour l'après-élection. Un responsable républicain a estimé qu'une action limitée « donnerait au président l'image d'une victoire » et ferait baisser les prix de l'essence, même si plusieurs experts cités doutent qu'une frappe isolée suffise à ramener l'Iran à la table des négociations ou à faire reculer les cours du pétrole.

Le dossier iranien pèse sur la popularité de Trump. Selon un sondage Reuters/Ipsos, 60 % des Américains, dont un républicain sur quatre, désapprouvent sa gestion du conflit. La hausse des prix à la pompe, préoccupation prioritaire des électeurs, complique la tâche des candidats républicains à quelques semaines du scrutin.

Pression économique et militaire sur Téhéran

Parallèlement aux tractations politiques, le Trésor américain a annoncé jeudi de nouvelles sanctions visant des individus, des réseaux et dix-sept navires accusés de transporter du brut, des produits pétroliers et des pétrochimiques iraniens. Cette mesure s'inscrit dans l'opération « Economic Outcast », destinée à couper les sources de financement de la guerre, des programmes de missiles, des cyberattaques et des Gardiens de la révolution. Un responsable du Trésor a qualifié cette action du « coup le plus significatif porté à ce jour » à la flotte clandestine iranienne, précisant qu'il ne reste à Téhéran qu'environ 20 millions de barils de brut stockés hors du blocus, au large de Singapour, de Malaisie et de Chine.

Des échanges de propositions ont eu lieu entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre et rouvrir le détroit d'Ormuz, voie maritime essentielle au commerce mondial d'énergie. Trump a toutefois rejeté la dernière offre iranienne. Les médias d'État iraniens ont indiqué, par la voix du chef de l'Organisation de l'énergie atomique, que Téhéran n'abandonnerait ni l'enrichissement d'uranium ni son stock, quelques jours après que le vice-président JD Vance a exigé des réductions « significatives » de la capacité d'enrichissement iranienne.

Quelles conséquences pour Israël

Israël, co-initiateur des frappes de février contre les installations iraniennes, suit de près ces hésitations américaines. Trump a de nouveau présenté l'Iran comme un pays affaibli, affirmant que son armée est « vaincue », qu'il n'a « ni marine ni armée de l'air » et que l'inflation y atteindrait 300 %. Ces déclarations, non confirmées par des données indépendantes dans les sources disponibles, visent à justifier la poursuite de la pression maximale plutôt qu'une reprise immédiate des frappes.

Pour Israël, l'incertitude sur le calendrier américain complique la planification stratégique face à un Iran toujours engagé dans des attaques contre le trafic maritime en mer Rouge et dans le détroit d'Ormuz. Washington a par ailleurs retiré des bombardiers stationnés au Royaume-Uni cette semaine en raison d'une menace iranienne potentielle, que Téhéran dément. La décision finale sur une frappe avant ou après le 3 novembre reviendra à Trump, qui a répété disposer de « toutes les options à tout moment ».

Questions fréquentes

Quand la guerre entre Israël, les États-Unis et l'Iran a-t-elle commencé ?
Elle a débuté fin février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran.
Que visent les nouvelles sanctions américaines ?
Le Trésor américain a sanctionné des individus, des réseaux et dix-sept navires impliqués dans le transport de pétrole iranien, dans le cadre de l'opération « Economic Outcast ».
Trump a-t-il tranché sur une frappe avant les élections de mi-mandat ?
Non. Il a d'abord exclu toute attaque avant le 3 novembre, puis a déclaré le lendemain qu'une frappe restait possible.

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