Trois ans après le 7 octobre : Israël rend hommage à ses soldats tombés et à ses victimes
Trois ans après le massacre du 7 octobre, Israël multiplie les gestes de mémoire : familles de soldats tombés, exposition muséale et controverse autour du site du festival Nova. Entre recueillement et désaccords sur la manière de commémorer, le pays cherche à honorer ses morts sans effacer la douleur des familles.

Le troisième anniversaire du 7 octobre a donné lieu, ces derniers jours, à une série d'hommages traversant toute la société israélienne. Des familles endeuillées perpétuent la mémoire de leurs proches tombés au combat, un musée enrichit son exposition consacrée au massacre, et une polémique a éclaté autour d'une célébration organisée près du site du festival Nova.
Des familles qui transforment le deuil en transmission
À Shoham, Noa et Itzik Bonzel racontent inlassablement la vie de leur fils Amit, sergent-chef des parachutistes tombé le 6 décembre 2023 à Gaza, à l'âge de 22 ans. Une rue de la ville porte désormais son nom, une yeshiva prépa-militaire a été créée en sa mémoire à Lod sous le nom « Bedarkei Amit », et le couple sillonne Israël et l'étranger pour transmettre les valeurs de leur fils dans les écoles, les entreprises et au centre de formation des officiers de Tsahal, Bahad 1. « Ce qui ressort, c'est ce que disent les jeunes après coup », confie Itzik Bonzel, qui évoque des adolescents retrouvant confiance en eux grâce à ces témoignages.
Dans le nord du pays, la famille du sergent-chef Gal Hershko, 20 ans, tué le 23 décembre 2023 dans le sud de la bande de Gaza avec trois autres soldats de la 7e brigade blindée, a choisi une autre voie. Depuis octobre 2025, un café baptisé « Galiki » a ouvert à l'entrée du kibboutz Yiftah, en Haute-Galilée. Tenu par sa tante Carmel Zohar, le lieu se veut un espace de vie plutôt qu'un simple monument de pierre. « L'idée, c'était un endroit qui célèbre la vie », explique-t-elle. Des soldats de passage peuvent y recevoir gratuitement un café, payé à l'avance par d'autres clients.
Une controverse autour du site du festival Nova
Tous les hommages ne font cependant pas consensus. Samedi, un groupe d'Israéliens a célébré Simchat Torah à proximité du site commémoratif du festival Nova, dans la forêt de Reim, malgré une interdiction conjointe de la police et du Fonds national juif (KKL-JNF), rapporte N12 News. Les organisateurs avaient appelé le public à « respecter les différentes façons dont les familles choisissent de marquer le jour où leurs proches sont montés au ciel ».
Le président du KKL-JNF, Eyal Ostrinsky, a fermement condamné l'initiative : « De même que personne n'oserait envisager une fête au camp d'extermination d'Auschwitz, il est tout aussi impensable d'organiser une quelconque célébration sur le site de Nova, où 378 civils et membres des forces de sécurité ont été assassinés. » Un proche de victime, Omri Rahum, dont la sœur a été tuée ce jour-là, a dénoncé une scène où « ils dansent sur leur sang ». L'organisme avait déjà interdit ce type d'événement après un précédent similaire en 2025.
L'art comme mémoire collective
À Tel-Aviv, le musée ANU – Musée du peuple juif a enrichi son exposition permanente « October 7 », inaugurée peu après le massacre, de trois nouvelles œuvres signées par des diplômés de l'école de design WIZO de Haïfa. Elles portent sur la résilience et l'espoir, désormais que tous les otages ont été ramenés en Israël. Pour le directeur général du musée, le colonel (réserve) Oded Revivi, « trois ans après le Sabbat d'octobre, il est intéressant d'observer non seulement ce qui a été brisé, mais aussi ce qui est né de la fracture ». L'exposition reste ouverte au public à Tel-Aviv.
Questions fréquentes
- Pourquoi une célébration près du site de Nova a-t-elle déclenché une polémique ?
- Des Israéliens ont fêté Simchat Torah près du mémorial du festival Nova malgré une interdiction de la police et du KKL-JNF, ce qui a provoqué la colère de familles de victimes qui jugent le lieu sacré.
- Qu'est-ce que le café Galiki, créé en mémoire de Gal Hershko ?
- C'est un café communautaire ouvert en octobre 2025 à l'entrée du kibboutz Yiftah, tenu par la tante du soldat tombé, pensé comme un lieu de vie plutôt qu'un monument.
- Que montre l'exposition « October 7 » du musée ANU ?
- Elle documente le massacre et les réactions créatives d'Israël depuis 2023, enrichie en 2026 de nouvelles œuvres sur la résilience, réalisées après le retour de tous les otages.
Dossier Le 7 octobre et les otages





