Israël dévoile une nouvelle doctrine de sécurité axée sur l'autonomie militaire
Benjamin Netanyahou a présenté dimanche soir une version actualisée de la doctrine nationale de sécurité d'Israël, deux ans après l'attaque du 7 octobre 2023. Le document, publié conjointement par le bureau du Premier ministre et le Conseil de sécurité nationale, place l'autonomie militaire et la supériorité technologique au cœur de la stratégie face aux menaces régionales.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a dévoilé, dimanche 18 octobre 2026 au soir, une version actualisée de la doctrine de sécurité nationale d'Israël. Le document de deux pages, publié conjointement par le bureau du Premier ministre à Jérusalem et le Conseil de sécurité nationale, tire les leçons de l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 et des combats qui ont suivi, de Gaza au Yémen, du Liban à l'Iran.
Une doctrine née de la guerre
Le texte rappelle que l'offensive du 7 octobre 2023 a contraint Israël à mener "une guerre acharnée". Selon la version traduite diffusée par le bureau du Premier ministre, la combinaison des décisions du gouvernement et du cabinet de sécurité, de la puissance de feu de Tsahal et de la résistance du front intérieur a permis d'écarter "une menace nucléaire existentielle imminente" et de démanteler l'emprise de l'axe iranien.
Le document affirme la nécessité de revoir plusieurs principes fondamentaux : donner la priorité à la prévention et à l'offensive plutôt qu'au confinement et à la défense, y compris par des frappes préventives ; renforcer la défense du front intérieur ; consolider le statut d'Israël comme puissance régionale ; viser l'indépendance maximale dans la production de munitions ; garantir la supériorité dans les technologies les plus avancées ; intensifier la lutte contre les vagues mondiales d'antisémitisme. Le texte évoque aussi des opportunités d'alliances nouvelles dans la région et au-delà.
Dix principes pour l'autonomie militaire
La doctrine énumère dix principes essentiels. Le premier pose que l'État d'Israël doit garantir une supériorité militaire sur ses ennemis. Les suivants portent sur la prévention de l'acquisition d'armes nucléaires par les adversaires d'Israël, l'établissement d'une dissuasion fondée sur une capacité de frappe massive et précise, le blocage des invasions transfrontalières par des zones de sécurité et une préparation permanente à la guerre, ainsi que l'indépendance technologique et industrielle dans la fabrication d'armements.
Le document cite aussi la lutte contre les perceptions antisionistes et antisémites sur la scène internationale. Le dixième principe, consacré à "l'esprit du peuple", met l'accent sur l'unité nationale autour du caractère d'Israël comme État-nation du peuple juif, d'un gouvernement démocratique, de la volonté de combattre jusqu'à la victoire décisive, du peuplement de la terre d'Israël, de la culture de l'héritage national et du resserrement des liens avec les communautés juives de la diaspora.
Le texte distingue par ailleurs les menaces centrales pesant sur l'État juif, réparties entre armements - bombes nucléaires, drones nationaux et étrangers, missiles de précision, menaces cyber, intelligence artificielle et informatique quantique, armes illégales sur le territoire, véhicules sous-marins et aériens sans pilote, armements à reproduction rapide - et zones d'affrontement, parmi lesquelles l'axe dit "de la résistance" mené par l'Iran et ses relais, la convergence de ces axes, le terrorisme, la délégitimation et les boycotts imposés par des pays alliés, ainsi que les frontières nord, est et ouest d'Israël. Selon la chaîne publique Kan, Netanyahou avait chargé le Conseil de sécurité nationale de préparer cette nouvelle stratégie plusieurs mois auparavant.
Une alerte sur les alliances mouvantes
Quelques heures après la présentation du document, Netanyahou a détaillé sa logique dans un entretien accordé à Sophia Tupolev, de la chaîne Channel 14, dont la diffusion intégrale était prévue mardi. Il y affirme qu'Israël ne peut plus se contenter d'interpréter les intentions de ses ennemis, car "des amis peuvent devenir des ennemis du jour au lendemain". "On n'attend pas, on n'accepte pas la construction de capacités offensives contre nous", a-t-il déclaré, en anglais.
Le Premier ministre a indiqué avoir rédigé une première version de cette doctrine en 2018, avant de la mettre à jour parce que "le monde a changé", citant les drones, l'intelligence artificielle et l'informatique quantique. Il a averti que des essaims de drones pilotés par IA pourraient être lancés "par milliers, voire par dizaines de milliers", et qu'une supériorité numérique adverse pourrait "paralyser un pays et le mettre à genoux". Israël a besoin, selon lui, de davantage de "puissance militaire brute, de puissance de renseignement et de puissance en IA" pour faire face à "toute coalition d'ennemis", et doit renforcer son indépendance en matière d'armement, d'énergie et de sécurité alimentaire "pour que personne ne puisse nous faire chanter".
Questions fréquentes
- Quand la nouvelle doctrine de sécurité a-t-elle été présentée ?
- Le dimanche 18 octobre 2026 au soir, dans un document conjoint du bureau du Premier ministre et du Conseil de sécurité nationale.
- Quels sont les principaux axes de la doctrine ?
- La supériorité militaire, la prévention via des frappes préventives, l'indépendance dans la production d'armements et de munitions, la supériorité technologique et la lutte contre l'antisémitisme.
- Pourquoi Netanyahou insiste-t-il sur l'autonomie plutôt que sur les alliances ?
- Il estime que les intentions des partenaires d'Israël peuvent changer rapidement, ce qui rend nécessaire une capacité d'action indépendante en matière militaire, énergétique et alimentaire.



