Photographe du Washington Post agressée : Israël doute de l'identité des assaillants
La photographe du Washington Post Heidi Levine a été blessée vendredi près de Ramallah, en Judée et Samarie, lors d'un affrontement en marge de la récolte des olives. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou met en doute la version selon laquelle des Israéliens seraient responsables, évoquant des circonstances encore floues.

Une photographe de guerre du Washington Post, Heidi Levine, a été blessée vendredi lors d'un affrontement survenu près du village de Khirbet Abou Falah, au nord-est de Ramallah, en Judée et Samarie. L'incident, qui s'est produit en marge de heurts liés à la récolte des olives, a aussitôt suscité une controverse sur l'identité de ses auteurs, le gouvernement israélien mettant en doute la version selon laquelle des Israéliens seraient responsables.
Une photographe du Washington Post blessée près de Ramallah
Heidi Levine, qui couvre le Proche-Orient depuis trois décennies, a raconté depuis son lit d'hôpital avoir été encerclée par « au moins 25, peut-être 50 » personnes masquées qui l'auraient frappée au sol pendant une dizaine de minutes avant de lui arracher son matériel. Des Palestiniens l'ont ensuite secourue et une ambulance l'a transportée vers l'hôpital d'Afoula, selon son récit relayé par le Washington Post.
Des images tournées sur place montrent des individus masqués, certains armés, autour de la photojournaliste, identifiable selon le quotidien américain par des marquages visibles de presse. Des jets de pierres venant de Palestiniens apparaissent aussi sur certaines vidéos. Des véhicules ont été incendiés durant les heurts et un Palestinien aurait été blessé par balle lors d'un autre affrontement dans le secteur. Tsahal a indiqué que des soldats avaient « tiré en direction d'un suspect qui courait vers eux, porteur d'un objet tranchant et représentant une menace ».
L'armée a confirmé qu'« une journaliste a été blessée » durant une « confrontation », précisant avoir dispersé les protagonistes et ouvert une enquête confiée à la police des districts de Judée et Samarie, chargée de recueillir témoignages et éléments de preuve.
Le gouvernement israélien met en doute la version des faits
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou a estimé que les circonstances de l'agression restaient « floues et faisaient l'objet d'une enquête ». Selon son communiqué, « environ 200 Arabes et militants d'extrême gauche » auraient fait face à « environ 40 jeunes israéliens », des individus masqués des deux côtés se lançant des projectiles, avec des signalements de feux d'artifice tirés en direction des jeunes israéliens.
Le cabinet du Premier ministre a aussi évoqué des images montrant Heidi Levine « relevée immédiatement après sa chute par le même individu non identifié », suggérant que l'origine de sa blessure n'était pas établie. « Nous ne laisserons pas des incidents contestés être exploités pour diaboliser les centaines de milliers d'habitants juifs de Judée et Samarie respectueux de la loi », a ajouté le communiqué, tout en assurant qu'« Israël condamne sans équivoque toute violence, contre quiconque — Juifs, Arabes, chrétiens ou journalistes ». Aucune arrestation n'a été annoncée à ce stade.
Une polémique qui dépasse l'incident
L'Association de la presse étrangère a affirmé que la photographe avait été « sévèrement battue par des colons israéliens » et a dénoncé l'absence de réponse des autorités face à une « longue série d'attaques » visant journalistes et civils en Judée et Samarie. Matt Murray, directeur de la rédaction du Washington Post, a réclamé « une enquête approfondie » et un suivi des autorités.
Le chef de l'opposition Yaïr Lapid a condamné fermement l'attaque, estimant que ce type de violence « n'est pas un échec du gouvernement, c'est sa politique », à moins de deux semaines des élections législatives.
Netanyahou, qui dépend du soutien de partenaires de coalition proches de mouvances favorables aux implantations, avait déjà qualifié en septembre devant l'ONU les accusations de « violence des colons » de « déformation », évoquant « une poignée de 150 jeunes délinquants » responsables selon lui de « deux ou trois » victimes par an, tout en affirmant avoir renforcé les forces de sécurité contre le « vigilantisme ». L'ambassadeur américain Mike Huckabee avait pour sa part qualifié de « terroristes » des Israéliens ayant attaqué des Palestiniens en Judée et Samarie. Au Sénat américain, une résolution démocrate réclamant un rapport sur les citoyens américains tués en Judée et Samarie avait été bloquée en septembre, selon un vote largement partisan.
L'enquête de la police des districts de Judée et Samarie doit désormais déterminer l'identité des assaillants et établir les circonstances exactes de la blessure de Heidi Levine, alors que le dossier s'annonce comme un nouveau point de friction entre Jérusalem et Washington à l'approche des élections israéliennes.
Questions fréquentes
- Qui est Heidi Levine ?
- Une photojournaliste américaine du Washington Post qui couvre le Proche-Orient depuis trois décennies, blessée vendredi près de Ramallah.
- Que reproche le gouvernement israélien à la version diffusée par le Washington Post ?
- Le bureau du Premier ministre estime que les circonstances restent floues et évoque une confrontation entre manifestants arabes et militants d'un côté, jeunes israéliens de l'autre, sans établir qui a blessé la photographe.
- Une enquête a-t-elle été ouverte ?
- Oui, la police des districts de Judée et Samarie doit recueillir témoignages et preuves ; aucune arrestation n'a été annoncée pour l'instant.
Dossier Judée et Samarie



