Judée et Samarie : une photographe et des diplomates visés par des extrémistes juifs
Des extrémistes juifs masqués ont agressé, le week-end du 16 au 18 octobre, une photographe du Washington Post, une délégation de diplomates européens et des agriculteurs palestiniens en Judée et Samarie. Tsahal et la police ont ouvert des enquêtes, tandis que les responsables politiques se divisent sur la réponse à apporter, à dix jours des élections du 27 octobre.

Des extrémistes juifs masqués ont agressé, en l'espace de deux jours, une photographe de presse américaine, des diplomates européens et des agriculteurs palestiniens en Judée et Samarie. Tsahal et la police ont ouvert des enquêtes, tandis que le pouvoir politique se divise sur la réponse à apporter, à dix jours des élections législatives du 27 octobre.
Les faits : trois agressions en deux jours
Vendredi, près d'Abou Falah, au nord-est de Ramallah, des individus masqués ont attaqué des Palestiniens en train de récolter leurs olives. Heidi Levine, photographe du Washington Post portant un équipement de presse clairement identifié, a été frappée et hospitalisée. Elle a subi une opération chirurgicale pour une blessure grave à la main, selon le Jerusalem Post.
Le lendemain, une délégation de diplomates belges, français et polonais en visite près du village chrétien de Taybeh a elle aussi été prise pour cible. Un véhicule consulaire belge a été endommagé et le maire français Bernard Baudoux, qui accompagnait le groupe, aurait été agressé. La police a ouvert une enquête et Tsahal a condamné l'attaque.
Ces incidents surviennent après une consigne du ministre de la Défense Israël Katz, donnée le 8 octobre, demandant des ordres d'éloignement administratif contre des militants jugés menaçants pour l'ordre public pendant la récolte des olives. Cette demande, portée par le Conseil Yesha qui représente les implantations, visait en priorité des militants de gauche et des étrangers accompagnant les agriculteurs. Selon le Jerusalem Post, une alerte lancée pendant l'incident de Taybeh est parvenue à une salle d'opérations militaire destinée au personnel de sécurité, et non aux civils présents sur place.
Les réactions : Netanyahou prudent, Huckabee sans détour
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou a qualifié « toute violence contre des diplomates » d'« inacceptable », tout en réclamant des preuves avant toute conclusion. Il a souligné l'absence de coordination préalable de la délégation avec Tsahal, rappelé l'appartenance du maire Baudoux au Parti communiste français, et évoqué une possible campagne visant à salir Israël et les résidents juifs de Judée et Samarie. « Les faits doivent déterminer les conclusions, pas les titres », a fait valoir son bureau.
Le président Isaac Herzog a pris un ton différent : il a appelé Heidi Levine pour s'excuser personnellement et demandé à la police d'enquêter et de poursuivre les responsables. L'ambassadeur américain Mike Huckabee, pourtant soutien déclaré des implantations, a dénoncé un acte de « terrorisme » commis par des « lâches masqués » et exigé arrestations et poursuites. Le secrétaire d'État Marco Rubio a affirmé que Washington était « troublé » par les images et avait demandé à plusieurs reprises à Israël de sévir. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné l'attaque tout en estimant qu'une coordination avec Tsahal aurait pu mieux protéger la délégation.
Dans l'opposition, Avigdor Liberman a accusé Netanyahou de « publier des communiqués en anglais » pendant que ses ministres de la Défense et de la Sécurité nationale « ne font rien pour arrêter cette folie ». Gadi Eisenkot a parlé de « terrorisme juif toléré par le gouvernement » et averti qu'une poignée de criminels fragilisait la légitimité d'Israël. Naftali Bennett a rappelé que les auteurs « ne représentent pas » les quelque 500 000 résidents de Judée et Samarie, promettant de « rétablir la gouvernance ». Yair Golan a réclamé le retour de la détention administrative contre les « activistes juifs dangereux » et le démantèlement des avant-postes illégaux.
La suite : enquêtes et renforts avant les élections
Tsahal a annoncé un renforcement de sa présence en Judée et Samarie. Les enquêtes policières se poursuivent sur les deux agressions, sans qu'aucune arrestation n'ait été annoncée à ce stade. Le dossier intervient alors que l'establishment sécuritaire presse depuis des mois le gouvernement de rétablir la détention administrative contre les extrémistes juifs, suspendue sur décision du ministre Katz et du Premier ministre. Les élections israéliennes du 27 octobre et les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre s'annoncent comme des échéances déterminantes pour la suite donnée à ce dossier.
Questions fréquentes
- Qui est Heidi Levine ?
- Photographe américaine du Washington Post, elle a été frappée vendredi près d'Abou Falah en Judée et Samarie et hospitalisée après une opération chirurgicale à la main.
- Que s'est-il passé près de Taybeh ?
- Une délégation de diplomates belges, français et polonais a été agressée le samedi suivant. Un véhicule consulaire belge a été endommagé et le maire français Bernard Baudoux aurait été frappé.
- Quelle a été la réaction du gouvernement israélien ?
- Le bureau de Benjamin Netanyahou a condamné la violence tout en demandant des preuves avant toute conclusion ; le président Isaac Herzog a lui présenté ses excuses à Heidi Levine et réclamé des poursuites.
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