Photojournaliste du Washington Post agressée en Judée-Samarie : Israël ouvre une enquête
La photojournaliste américano-israélienne Heidi Levine, correspondante du Washington Post, a été hospitalisée après avoir été violemment agressée le 16 octobre près de Khirbet Abu Falah, en Judée et Samarie, en marge de la récolte des olives. L'attaque a déclenché des condamnations de Washington à Bruxelles et une enquête de la police israélienne.

Heidi Levine, photojournaliste du Washington Post basée en Israël et titulaire de la nationalité américaine, a été opérée samedi à l'hôpital Beilinson après avoir été agressée la veille près de Khirbet Abu Falah, dans la région de Binyamin. L'incident s'est produit en marge d'affrontements entre de jeunes Israéliens, des Palestiniens récoltant leurs oliviers et des militants de gauche.
Une agression en marge de la récolte des olives
Selon le récit de Levine, recueilli à l'hôpital, des soldats de Tsahal ont d'abord tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, avant de la laisser seule sur place. Un groupe d'assaillants, dont certains masqués, se serait alors jeté sur elle. Elle évoque jusqu'à 25, voire 50 personnes selon les versions, l'ayant rouée de coups pendant une dizaine de minutes et dépouillée de ses appareils photo, de ses papiers et de ses bijoux. Des images tournées sur place montrent des hommes masqués encerclant la photojournaliste, tandis que des jets de pierres palestiniens visaient le groupe. Tsahal a par ailleurs indiqué avoir ouvert le feu sur un suspect qui courait vers des soldats en portant un objet tranchant ; un Palestinien aurait été blessé lors d'échauffourées connexes. Plusieurs véhicules ont été incendiés.
Opérée, Levine accuse Tsahal d'inaction
L'opération chirurgicale de samedi a porté sur sa main gauche, où de multiples plaies profondes ont dû être suturées. Quatre vertèbres et une côte ont également été fracturées, malgré le gilet pare-balles et le casque qu'elle portait. Levine affirme que des soldats présents sur les lieux n'ont pas empêché l'agression. Elle a par ailleurs qualifié de « mensonge éhonté » l'affirmation du Conseil Yesha selon laquelle un jeune Israélien lui serait venu en aide, estimant que la vidéo diffusée à l'appui de cette version avait été montée pour la déformer. L'armée a confirmé qu'« une journaliste a été blessée » lors d'un « affrontement » et annoncé l'examen des circonstances, sans faire état d'arrestation.
Condamnations en cascade, Netanyahou appelle à la prudence
L'ambassadeur américain Mike Huckabee a dénoncé un « acte terroriste ignoble commis par des lâches masqués » et réclamé des arrestations et des poursuites. Le président Isaac Herzog a téléphoné à Levine pour lui présenter ses excuses, qualifiant les faits de « violence choquante » ne représentant « ni les citoyens ni les valeurs de l'État d'Israël ». Le directeur général du Washington Post, Jeff D'Onofrio, a demandé une enquête « rapide, approfondie et transparente ». Des centaines d'anciens responsables de la sécurité et de la justice, dont l'ancien chef d'état-major Moshe Yaalon, l'ancien directeur du Mossad Tamir Pardo et l'ancien chef du Shin Bet Ami Ayalon, ont signé une lettre de soutien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a promis que « les responsables seront traduits en justice », tout en soulignant que de nombreux faits restaient à établir. Il a cité un rapport évoquant l'affrontement entre 200 Arabes et militants d'extrême gauche et 40 jeunes Israéliens, dénonçant une « campagne coordonnée de dénigrement d'Israël » pendant la saison des récoltes. L'Union européenne a également condamné les violences, après que la Belgique eut rapporté une agression visant des diplomates européens et un maire français. Netanyahou a répondu que « des accusations graves exigent des preuves solides », appelant à la prudence avant toute conclusion.
Enquête de la police, pressions internationales
La police israélienne a ouvert une enquête après avoir reçu un rapport de Tsahal sur les affrontements. Selon Levine, le fils de la photojournaliste a été informé par le secrétaire d'État adjoint américain que Washington continuerait de réclamer une enquête approfondie et des arrestations. Depuis son lit d'hôpital, Levine demande que l'affaire ne se solde pas par une nouvelle condamnation verbale, mais par des poursuites effectives contre les responsables.
Questions fréquentes
- Qui est Heidi Levine ?
- Photojournaliste américano-israélienne travaillant pour le Washington Post, basée en Israël, elle couvre régulièrement les territoires de Judée et Samarie et les zones de conflit, dont récemment l'Ukraine.
- Où et quand l'agression a-t-elle eu lieu ?
- Elle s'est produite le vendredi 16 octobre 2026 près de Khirbet Abu Falah, dans la région de Binyamin, en marge d'affrontements liés à la récolte des olives.
- Une enquête a-t-elle été ouverte ?
- Oui, la police israélienne a ouvert une enquête après un rapport de Tsahal ; aucune arrestation n'avait été annoncée au moment des faits rapportés.
Dossier Judée et Samarie



