Philadelphie : une enseignante juive avoue avoir menti sur ses origines palestiniennes
Une enseignante de la Workshop School, à Philadelphie, a reconnu avoir inventé pendant des années des origines palestiniennes, tunisiennes et noires. Hannah Gann, militante active dans des collectifs pro-palestiniens, s'est avérée être une femme blanche d'origine juive. L'affaire, révélée cette semaine, a provoqué la rupture immédiate des organisations qu'elle animait.

Hannah Gann enseigne l'histoire en classe de seconde à la Workshop School, un lycée public de l'ouest de Philadelphie. Militante engagée au sein de Philly Educators for Palestine (PEFP) et du Racial Justice Organizing Committee (RJOC), elle s'est longtemps présentée comme palestino-américaine, parfois aussi tunisienne ou noire. Elle a fini par admettre que rien de tout cela n'était vrai.
Une supercherie identitaire dévoilée
Selon le communiqué conjoint de PEFP et du RJOC, des membres des deux organisations ont interrogé Gann sur ses origines. Après plus d'une heure d'échange, elle a reconnu avoir menti. « J'ai caché la vérité, voire menti carrément, sur mes origines à tous ceux qui m'entouraient », a-t-elle déclaré dans une vidéo publiée sur Instagram, précisant n'avoir « aucune héritage palestinien ou tunisien » et se définissant comme « une femme blanche jouissant d'un niveau de privilège et de richesse considérable ».
Les deux collectifs affirment que Gann est en réalité « issue d'une famille de colons israéliens », selon leurs propres termes. D'après le Philadelphia Inquirer, elle s'était présentée à l'université comme une « femme juive ayant de la famille en Cisjordanie occupée », avant d'évoquer plus tard un grand-père « né en Palestine mandataire » et opposé au sionisme. Or ce grand-père serait en réalité né à Baltimore, selon des documents d'archives consultés par le quotidien. D'anciens camarades rapportent aussi qu'elle aurait foncé son teint au maquillage et à l'autobronzant et adopté un accent afro-américain après un séjour au Corps de la paix au Rwanda.
Une militante devenue figure connue de l'activisme local
Gann avait fait de la cause pro-palestinienne un axe central de son engagement, organisant en 2024 une session dans son établissement contre ce qu'elle qualifiait de « scholasticide » à Gaza. Cette même année, un affichage mobile financé par le groupe Accuracy in Media avait circulé devant son école, la présentant comme « la principale antisémite de Philadelphie ». Adam Guillette, fondateur du groupe, a maintenu ses accusations cette semaine. En décembre 2025, portant un keffieh, Gann avait pris la parole devant le conseil scolaire de Philadelphie pour dénoncer un traitement inégal des accusations de racisme et d'antisémitisme, avant qu'un élu ne coupe son micro.
PEFP et le RJOC ont annoncé rompre tout lien avec elle, évoquant « le profond préjudice » causé aux Palestiniens, à la communauté noire et aux militants dont la confiance a été exploitée. Le district scolaire de Philadelphie a confirmé avoir pris connaissance de l'affaire, précisant qu'elle concernait l'engagement de l'enseignante dans un « groupe extérieur » et assurant apporter son soutien au personnel et aux élèves de son établissement.
La comparaison avec Rachel Dolezal
L'affaire est comparée en ligne à celle de Rachel Dolezal, une femme blanche qui s'était fait passer pour noire pendant des années avant d'être démasquée en 2015. Dans sa déclaration, publiée le jour de Yom Kippour, Gann a affirmé que son engagement restait sincère malgré le mensonge sur son identité, tout en annonçant vouloir supprimer les publications de « sionistes » sur ses réseaux. Aucune sanction disciplinaire n'a pour l'heure été annoncée par le district scolaire, qui n'a pas précisé si Gann continuerait d'enseigner.
Questions fréquentes
- Qui est Hannah Gann ?
- Une enseignante d'histoire à la Workshop School de Philadelphie, active dans des organisations pro-palestiniennes, qui a admis avoir menti sur ses origines palestiniennes, tunisiennes et noires.
- Comment le mensonge a-t-il été découvert ?
- Des membres des collectifs Philly Educators for Palestine et du Racial Justice Organizing Committee l'ont interrogée sur ses origines ; après plus d'une heure d'échange, elle a admis avoir menti.
- Quelles conséquences pour Hannah Gann ?
- Les deux organisations ont rompu tout lien avec elle. Le district scolaire de Philadelphie a indiqué suivre la situation, sans annoncer de sanction à ce stade.
Sources : JForum, The Jerusalem Post, JTA, JNS




