Omri Miran, ex-otage du Hamas, raconte sa reconstruction un an après sa libération
Enlevé le 7 octobre 2023 à Nahal Oz et détenu 738 jours par le Hamas, Omri Miran s'est installé avec sa femme Lishay et leurs deux filles dans la localité de Carmit, dans le sud d'Israël. Dans le jardin de leur maison préfabriquée, le couple a planté un grenadier, symbole d'un nouvel enracinement après l'épreuve.

Près d'un an après son retour de captivité, Omri Miran tente de reprendre le cours d'une vie interrompue le 7 octobre 2023. Avec Lishay, son épouse, et leurs deux filles, Roni, 6 ans, et Alma, née six mois avant l'enlèvement de son père, la famille a quitté le kibboutz de Nahal Oz pour s'installer à Carmit, une localité du sud d'Israël. Dans le jardin de leur maison préfabriquée, ils ont planté un grenadier, qu'Omri décrit comme le symbole le plus juste de cette période : « une tentative de faire pousser une nouvelle vie dans un nouvel endroit ».
Une rééducation qui dépasse le retour physique
Omri Miran suit depuis dix mois un programme de rééducation au centre Ezra LeMarpeh, fondé par le rabbin Elimelech Firer, à Sderot. Il insiste sur la distinction entre revenir chez soi et revenir à la vie : « Je crois que nous étions tous les deux, chacun à notre niveau, dans un état où je suis vivant, mais je ne vis pas vraiment. » Avant son enlèvement, il était un père très présent, travaillant au kibboutz et partageant le quotidien de ses filles. À son retour, il a dû réapprendre à approcher une fillette qui, dit-il, n'était « pas du tout sûre que cela soit réel ».
Lishay Miran, de son côté, décrit un cheminement inversé. Pendant les deux années de captivité de son mari, elle s'est consacrée à élever ses filles et à militer pour son retour, multipliant déplacements, interviews et rencontres avec des décideurs. Ce n'est qu'après son retour, une fois cet objectif atteint, qu'elle a commencé à affronter ce qu'elle a vécu. « Je crois que ce n'est que ces six derniers mois que j'ai commencé à m'en occuper », confie-t-elle, évoquant la peur d'avoir vu sa fille « entre d'autres mains, avec une arme pointée sur sa tête ».
Le poids des démarches administratives et la question du retour
Le couple évoque une relation de confiance dégradée avec l'État sur des questions jugées essentielles : reconnaissance officielle du statut des victimes d'enlèvement, droits des survivants de captivité, solutions durables pour les familles ne pouvant regagner leur foyer, et enquête sur les défaillances ayant conduit au 7 octobre. « Il y a une très grave crise de confiance ici », affirme Omri, regrettant que des décisions déjà attendues restent bloquées.
La question du retour à Nahal Oz reste ouverte. Roni, qui garde un souvenir précis du 7 octobre, a réagi avec inquiétude à l'idée que d'autres familles s'installent dans leur ancienne maison. Lishay résume un sentiment partagé : le désir de ne pas céder et de revenir un jour, mais aussi la difficulté à envisager de revivre comme avant dans les localités proches de Gaza.
Prochaine étape : reprendre le travail et témoigner
Omri Miran a entamé une reprise progressive de son métier de thérapeute en shiatsu, à travers des ateliers, sans se sentir encore prêt pour des séances complètes. Il intervient également devant des publics, notamment des soldats, pour témoigner de sa captivité et de la manière de préserver son esprit dans l'épreuve. Avec Lishay, il prévoit désormais des interventions communes, présentées non comme des conférences mais comme des échanges sur leur histoire commune, avant, pendant et après la séparation. Le père d'Omri, Dani Miran, figure de la mobilisation pour la libération des otages, s'est par ailleurs engagé en politique au sein du Parti des retraités, à l'approche des élections israéliennes.
Questions fréquentes
- Qui est Omri Miran ?
- Un habitant du kibboutz Nahal Oz enlevé par le Hamas le 7 octobre 2023 et détenu pendant 738 jours avant sa libération.
- Où vit désormais la famille Miran ?
- Omri, sa femme Lishay et leurs deux filles se sont installés à Carmit, une localité du sud d'Israël, dans une maison préfabriquée.
- Quel suivi médical suit-il depuis son retour ?
- Il suit depuis dix mois un programme de rééducation au centre Ezra LeMarpeh, fondé par le rabbin Elimelech Firer, à Sderot.
Sources : Israel Hayom




