Trois ans après le 7 octobre : comment Tsahal a repensé la défense des localités de Gaza

Un haut responsable du commandement Sud de Tsahal a détaillé, le 10 septembre, la nouvelle architecture de sécurité mise en place autour des localités bordant la bande de Gaza. Trois ans après les défaillances du 7 octobre 2023, l'armée revendique un système structuré autour de trois échelons humains et d'un réseau de surveillance permanent.

2 min de lecturePar la rédaction
Trois ans après le 7 octobre : comment Tsahal a repensé la défense des localités de Gaza
Photo : Illustration générée par IA

Le dispositif présenté par l'armée s'appuie sur un concept baptisé Hagmar, contraction de « haganah merhavit », la défense régionale. Il ne s'agit pas d'une nouveauté absolue : ce modèle existe depuis plus de deux décennies dans les localités de Judée et Samarie. Sa transposition dans l'enveloppe de Gaza traduit la volonté de Tsahal de ne plus laisser ces communautés dépendre d'une intervention militaire venue de l'extérieur.

Un dispositif à trois échelons

Le premier niveau regroupe des réservistes de Tsahal qui résident dans les localités concernées et y assurent un service de défense locale en uniforme. Le second échelon, la kitat konenut, rassemble des habitants volontaires formés pour intervenir dans les tout premiers instants d'un incident, leur nombre variant selon la taille de chaque communauté. Le troisième maillon, le ravshatz, désigne un civil chargé de faire le lien opérationnel entre la localité et l'armée. Ce triptyque vise précisément à combler ce qui, selon Tsahal, a manqué le matin du 7 octobre 2023 : des habitants sous-équipés, livrés à eux-mêmes pendant de longues heures face à des assaillants nombreux.

Des centres de commandement civils et permanents

Au-delà de l'organisation humaine, l'armée a revu l'ensemble des infrastructures physiques : clôtures, routes de sécurité, éclairage et véhicules attribués aux ravshatzim. La pièce la plus significative de cette refonte reste toutefois technologique. Des centres de commandement ont été installés au niveau de chaque conseil régional, fonctionnant sans interruption et reliés aux caméras de surveillance de toutes les localités. Juste après le 7 octobre, ces postes étaient tenus par des réservistes mobilisés. Aujourd'hui, l'armée et le ministère de la Défense financent leur fonctionnement afin que des civils employés à demeure puissent suivre les flux vidéo en continu, déclencher l'alerte et coordonner les renforts en cas d'incident.

Ce que l'échec du 7 octobre a changé

Ce nouveau maillage répond directement aux failles identifiées ce matin-là : l'absence de vision d'ensemble, le délai d'arrivée des forces régulières et le manque de préparation des premiers intervenants civils. Un centre ouvert en permanence et connecté aux caméras traite l'aveuglement initial. Des réservistes vivant sur place réduisent le temps de réaction. Une équipe civile formée et équipée couvre les minutes critiques avant tout renfort. Le briefing militaire ne tranche en revanche pas la question, toujours débattue en Israël, des responsabilités politiques et militaires dans l'échec initial du 7 octobre. Ce dossier reste distinct de la refonte opérationnelle décrite ici.

Alors que des habitants regagnent progressivement les localités de l'enveloppe de Gaza, l'armée cherche à démontrer que leur sécurité ne repose plus sur l'improvisation constatée il y a trois ans. La montée en puissance de ces centres de commandement régionaux et la stabilisation des équipes civiles constituent, pour Tsahal, les prochains jalons du dispositif.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Hagmar mis en place par Tsahal ?
C'est le système de défense régionale, hérité du modèle utilisé depuis plus de vingt ans en Judée et Samarie, désormais appliqué aux localités bordant la bande de Gaza.
Qui compose la kitat konenut ?
Il s'agit d'une équipe de volontaires résidents, formés pour assurer la première réponse dans une localité durant les premières minutes d'un incident.
Que fait un ravshatz ?
C'est un civil chargé de coordonner directement les échanges entre la localité et l'armée en cas d'incident de sécurité.

Sources : Infos Israël News

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