Michigan : le candidat démocrate El-Sayed refuse de dire si l'Iran ou Israël menace plus les Etats-Unis

Lors d'un débat télévisé à Grand Rapids le 8 octobre, le candidat démocrate au Sénat du Michigan Abdul El-Sayed a refusé à plusieurs reprises de désigner l'Iran ou Israël comme la plus grande menace pour les Etats-Unis. Son adversaire républicain Mike Rogers a au contraire réaffirmé un soutien sans réserve à l'Etat juif. L'échange, survenu peu après le troisième anniversaire du 7 octobre, relance le débat sur la place d'Israël dans la campagne sénatoriale américaine.

3 min de lecture2 vuesPar la rédaction
Michigan : le candidat démocrate El-Sayed refuse de dire si l'Iran ou Israël menace plus les Etats-Unis
Photo : Conlan Houston · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le débat organisé jeudi 8 octobre dans les studios de WOOD-TV à Grand Rapids, retransmis à l'échelle nationale sur NewsNation, a largement tourné autour du Moyen-Orient. Interrogé à plusieurs reprises par le modérateur Rick Albin sur la question de savoir si l'Iran ou Israël représentait la plus grande menace pour les Etats-Unis, le candidat démocrate Abdul El-Sayed a refusé de trancher, qualifiant la question d'« hypothèse ridicule ». Son adversaire républicain, l'ancien élu Mike Rogers, soutenu par le président Donald Trump, a au contraire réaffirmé son soutien à l'existence de l'Etat juif et à son droit de se défendre.

Une question esquivée à plusieurs reprises

Face à l'insistance du modérateur, Abdul El-Sayed a répété que les deux pays s'étaient montrés « dangereux, chacun à sa façon ». « Notre allié supposé en Israël nous a poussés à faire la guerre à l'Iran », a-t-il affirmé, ajoutant : « Je ne considère pas comme un allié un pays qui nous entraîne dans des guerres que nous n'avons pas besoin de mener. » Il a par ailleurs accusé l'administration américaine d'avoir laissé l'Iran croire qu'il contrôlait le détroit d'Ormuz. Mike Rogers a de son côté estimé que le programme nucléaire iranien avait été retardé d'au moins vingt ans et qu'il fallait désormais « mettre un terme » au conflit.

Des positions opposées sur le soutien à Israël

Interrogé sur le point de savoir s'il voterait pour fournir des armes défensives à Israël en cas d'attaque iranienne, Abdul El-Sayed a d'abord renvoyé à ses priorités budgétaires intérieures avant de répondre clairement par la négative : « Je ne veux pas que nos impôts servent à acheter des armes pour d'autres pays. C'est non. » Mike Rogers a répliqué immédiatement : « Je réponds à la question. Absolument. Lui ne le fait pas. » Le républicain a précisé que seul un recours israélien à l'arme nucléaire lui ferait retirer son soutien, l'Etat juif étant, selon les estimations du Stockholm International Peace Research Institute citées par la presse américaine, détenteur d'un arsenal estimé à une centaine de têtes qu'il n'a jamais officiellement reconnu. Le ton est monté lorsque Mike Rogers a évoqué le troisième anniversaire du massacre du 7 octobre, reprochant à son adversaire de ne pas reconnaître « la douleur, le terrorisme, le viol, les meurtres ». Abdul El-Sayed a répondu avoir « condamné » ces actes, accusant son rival d'en avoir fait « du théâtre politique ».

Une campagne scrutée de près par la communauté juive

Abdul El-Sayed, qui avait fait de la critique d'Israël un axe central de sa primaire face à la représentante Haley Stevens en août, continue de susciter la méfiance d'une partie de l'électorat juif du Michigan. Des rabbins de l'Etat ont signé le mois dernier une pétition du Zioness Action Fund exigeant des engagements « non négociables » sur la sécurité juive et sur Israël, tandis que d'autres responsables communautaires ont appelé à rejeter purement et simplement sa candidature. Sa position avait déjà été critiquée après l'attaque de mars contre le Temple Israel de West Bloomfield Township, qu'il avait condamnée avant d'ajouter que « la souffrance engendre la souffrance », une formule perçue par certains comme une justification de l'agresseur et pour laquelle il s'est ensuite excusé. Le soutien apporté au candidat par la sénatrice Elissa Slotkin, elle-même juive, a également suscité la controverse, un éditorialiste de JNS estimant qu'elle minimisait les inquiétudes de la communauté en affirmant qu'il n'existe pas de « vote juif » homogène.

Deux sondages publiés cette semaine donnent des résultats proches mais pas identiques : l'un réalisé pour CBS News crédite Abdul El-Sayed de 45,6 % des intentions de vote contre 41,4 % pour Mike Rogers, l'autre, mené par Quantus Insights, lui attribue 47,6 % contre 46,5 %, avec une marge d'erreur plus large. Mike Rogers avait par ailleurs demandé en août que l'AIPAC s'abstienne de dépenser directement en sa faveur. Les électeurs du Michigan trancheront ce duel serré lors de l'élection générale, dans un contexte où les questions liées à Israël et à l'Iran devraient continuer à peser sur la campagne.

Questions fréquentes

Pourquoi Abdul El-Sayed refuse-t-il de dire si l'Iran ou Israël est la plus grande menace ?
Il juge la question « ridicule » et affirme que les deux pays se sont montrés dangereux, reprochant à Israël de pousser les Etats-Unis à la guerre et à l'Iran de menacer directement le pays.
Quelle est la position de Mike Rogers sur l'aide militaire à Israël ?
Il soutient le droit d'Israël à exister et à se défendre, et dit qu'il ne retirerait son appui que si l'Etat juif évoquait l'usage d'armes nucléaires.
Comment la communauté juive du Michigan réagit-elle à la candidature d'El-Sayed ?
Des rabbins ont signé une pétition exigeant des engagements sur la sécurité juive, tandis que d'autres responsables communautaires appellent à rejeter sa candidature.

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