Maytronics : le fonds FIMI prêt à prendre le contrôle du fabricant israélien de robots de piscine

Le fonds d'investissement israélien FIMI a présenté une offre pour devenir actionnaire majoritaire de Maytronics, fabricant de robots nettoyeurs de piscine coté à la Bourse de Tel-Aviv. L'opération, encore non contraignante, marquerait la fin du contrôle exercé depuis l'origine par le kibboutz Yizre'el, dont la participation a perdu l'essentiel de sa valeur en cinq ans.

3 min de lecture8 vuesPar la rédaction
Maytronics : le fonds FIMI prêt à prendre le contrôle du fabricant israélien de robots de piscine
Photo : Illustration générée par IA

Maytronics, fondée en 1983 au kibboutz Yizre'el, au pied du mont Gilboa, a longtemps incarné une réussite rare de l'industrie des kibboutzim. L'entreprise, spécialisée dans les robots de nettoyage de piscines, avait atteint une capitalisation boursière de 9,1 milliards de shekels (NIS) en 2021, portée par la demande liée à la pandémie de Covid-19. Chaque membre du kibboutz, qui compte environ 300 personnes, détenait alors sur le papier une part évaluée à près de 17 millions de shekels.

Une chute vertigineuse à la Bourse de Tel-Aviv

La normalisation post-pandémique a durement frappé le groupe. Le surstockage des distributeurs, la hausse des taux d'intérêt, un hiver prolongé et la montée de marques chinoises moins chères ont érodé les parts de marché de Maytronics. Le chiffre d'affaires, qui devait selon les projections de 2024 atteindre 3,2 à 3,6 milliards de shekels en 2028, s'est effondré à 1,4 milliard de shekels en 2025, pour une perte nette de 222 millions de shekels. Au premier semestre 2026, les revenus ont encore reculé de 13 %, à 747 millions de shekels, avec une perte de 34,5 millions de shekels. Le titre a perdu 97 % de sa valeur depuis son sommet, et la participation du kibboutz Yizre'el est tombée de 5 milliards à environ 141 millions de shekels, soit près de 500 000 shekels par membre.

L'offre de FIMI et ses conditions

Dans ce contexte, le conseil d'administration de Maytronics, contrôlé par des membres du kibboutz, a lui-même sollicité FIMI, le plus grand fonds de capital-investissement d'Israël, pour envisager une entrée au capital. Selon les termes de la proposition, FIMI injecterait dans un premier temps 200 millions de shekels, en échange d'une émission d'actions représentant environ 50 % du capital, ce qui ferait du fonds l'actionnaire de contrôle. La participation du kibboutz Yizre'el serait diluée de 56 % à 28 %, celle du fonds spéculatif Spiral (environ 7 %) et de la société d'investissement Analyst (5 %) étant également réduites. FIMI disposerait en outre d'options pour investir jusqu'à 150 millions de shekels supplémentaires sur deux ans, à des valorisations de 250 puis 300 millions de shekels.

L'offre reste à ce stade non contraignante. FIMI dispose de deux mois pour mener un audit approfondi de Maytronics, pendant que l'entreprise doit obtenir l'aval des membres du kibboutz puis de l'assemblée générale des actionnaires. Si ces étapes aboutissent, un accord définitif est attendu d'ici la fin de l'année.

Le pari du redressement industriel

FIMI revendique un historique de redressements réussis, notamment celui de la société d'irrigation Rivulis, rachetée en 2014 pour 57 millions de dollars après des pertes importantes, puis cédée six ans plus tard au fonds souverain singapourien Temasek avec un rendement multiplié par quatre. Le fonds mise sur le fait que les produits de Maytronics restent leaders sur un marché mondial des piscines en croissance constante, malgré le recul des ventes du groupe.

Le plan annoncé prévoit d'abord des mesures d'efficacité pour stopper les pertes et réduire la dette nette, proche de 600 millions de shekels, avant une phase d'expansion, éventuellement par acquisitions. Rafi Ben Ami, arrivé d'Applied Materials en février pour succéder à Sharon Goldenberg à la tête de Maytronics, devra piloter ce redressement alors que le carnet de commandes ne s'élevait qu'à 98,5 millions de shekels fin juin, et que le groupe anticipe un recul de 19 % de son chiffre d'affaires au troisième trimestre. Les membres du kibboutz Yizre'el doivent désormais choisir entre céder le contrôle en pariant sur le redressement promis par FIMI, ou poursuivre seuls une trajectoire qui a, jusqu'ici, détruit l'essentiel de la valeur de leur entreprise.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que FIMI ?
FIMI est le plus grand fonds de capital-investissement d'Israël, connu pour avoir redressé plusieurs entreprises en difficulté, dont la société d'irrigation Rivulis.
Que deviendrait le kibboutz Yizre'el dans l'opération ?
Sa participation dans Maytronics, qu'il contrôle depuis la fondation de l'entreprise en 1983, passerait de 56 % à 28 %, FIMI devenant l'actionnaire majoritaire.
Quand l'accord pourrait-il être finalisé ?
L'offre est non contraignante. FIMI dispose de deux mois pour un audit, avant les votes du kibboutz et des actionnaires. Un accord définitif est attendu d'ici la fin de l'année.

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