Le président Herzog élargit son programme mondial contre l'antisémitisme

Le bureau du président Isaac Herzog a ouvert les candidatures pour la deuxième promotion de « Voice of the People », un programme mondial de leadership juif. L'initiative vise à rassembler des Juifs du monde entier autour de réponses concrètes à l'antisémitisme et aux tensions communautaires.

3 min de lecturePar la rédaction
Le président Herzog élargit son programme mondial contre l'antisémitisme
Photo : Wiseboy Wissebo / Pexels

Le président Isaac Herzog a annoncé l'ouverture des candidatures pour la deuxième cohorte de « Voice of the People », programme de leadership juif lancé avec le soutien de son bureau, de l'Organisation sioniste mondiale, de l'Agence juive pour Israël et de partenaires philanthropiques. Le nouveau groupe doit compter 150 participants, répartis à parts égales entre Israël, les États-Unis et le Canada, et d'autres communautés juives de la diaspora. La date limite de candidature est fixée au 12 octobre.

Un programme né d'une consultation mondiale

Lors du lancement de l'initiative, plus de 10 000 personnes ont répondu, dans six langues, à une enquête sur les sujets que le conseil devait traiter en priorité. L'antisémitisme, les relations entre Juifs et non-Juifs, la polarisation, l'éducation juive et le lien entre Israël et la diaspora sont ressortis comme les préoccupations principales, selon l'organisation. Des groupes de travail ont ensuite évalué les initiatives existantes, identifié les manques et élaboré des propositions concrètes.

Qui peut candidater et comment

Les candidats doivent être juifs, âgés d'au moins 21 ans, capables de travailler en anglais et disposés à s'engager dans un travail collectif de leadership. Selon Shirel Dagan-Levy, directrice générale de Voice of the People, l'organisation utilise un algorithme spécifique ainsi qu'un processus de sélection à plusieurs étapes, fondé sur des critères de géographie, de génération, de parcours professionnel et d'appartenance communautaire. « Nous cherchons des personnes au-delà des titres et des définitions traditionnelles du leadership », a-t-elle indiqué, évoquant une volonté d'inclure des profils dotés d'un savoir local, d'une expérience vécue et d'une envie de collaborer, y compris des personnes ne s'étant jamais pensées comme des leaders juifs.

Une première promotion présentée comme un point de départ

La première cohorte a mené ses travaux pendant une période de guerre, ce qui a obligé à revoir constamment calendriers et projets. « Tout ce que nous programmions devait être déplacé », a rappelé Shirel Dagan-Levy, qui retient de cette expérience une leçon d'adaptabilité. Selon l'organisation, plus de vingt initiatives développées par cette première promotion et ses partenaires ont atteint le stade de la preuve de concept. Parmi les projets les plus visibles figure une alliance entre communautés juives et indiennes de la diaspora, lancée en avril après environ dix-huit mois de préparation, destinée à créer des occasions de rencontre entre les deux groupes.

Le témoignage d'une participante latino-américaine

Deborah Apeloig, membre de la première cohorte, dirige Tikun Talks, une plateforme de communication basée à Mexico qui produit podcasts, contenus numériques et ateliers pour aborder l'antisémitisme et la polarisation. Petite-fille de survivants de la Shoah, elle insiste sur la nécessité de contenus adaptés aux communautés hispanophones, au-delà des médias juifs anglophones. Elle évoque aussi un forum organisé en République dominicaine, où des membres de communautés évangéliques ont exprimé leur soutien aux Juifs et à Israël, tandis que deux manifestants pro-palestiniens ont pris la parole pour formuler des critiques lors d'une session de questions. « On sentait l'amour et le soutien, mais il y a toujours les deux côtés », a-t-elle résumé.

Les tensions politiques comme toile de fond

Shirel Dagan-Levy reconnaît que les tensions politiques en Israël et aux États-Unis compliquent parfois le travail commun. « Les tensions ici affectent nos frères et sœurs à l'étranger », a-t-elle observé. Le programme mise néanmoins sur la comparaison des approches : des participants d'Europe, d'Australie, d'Amérique latine, d'Amérique du Nord et d'Israël font face à des incidents antisémites ou des tensions communautaires similaires, mais y répondent différemment selon les contextes nationaux. « Nous pouvons avoir les mêmes problèmes mais avoir pris des solutions très différentes, et nous pouvons apprendre les uns des autres ce qui a fonctionné ou non », a-t-elle expliqué.

Le travail actif de la nouvelle cohorte doit s'étendre sur seize mois, avec des échanges en personne, des groupes de travail et une phase d'accélération destinée à transformer les propositions en actions collectives. À l'issue de cette période, les participants rejoindront le réseau d'anciens et de dirigeants de Voice of the People, conçu pour prolonger la dynamique au-delà du programme formel.

Questions fréquentes

Qui peut candidater au programme Voice of the People ?
Toute personne juive âgée d'au moins 21 ans, capable de travailler en anglais et prête à s'engager dans un travail collectif de leadership, avant le 12 octobre.
Combien de participants compte la nouvelle cohorte ?
150 participants sont attendus, répartis entre Israël (50), les États-Unis et le Canada (50) et d'autres communautés de la diaspora (50).
Quels sujets le programme entend-il traiter ?
Selon une enquête menée auprès de plus de 10 000 personnes, l'antisémitisme, les relations entre Juifs et non-Juifs, la polarisation et le lien Israël-diaspora figurent parmi les priorités.

Sources : The Jerusalem Post

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