Le ministère de la Diaspora lance un site pour dénoncer les biais de l'ONU sur Gaza

Le ministère israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l'Antisémitisme a lancé mercredi une plateforme rassemblant près de cent documents censés démontrer un biais systématique des agences de l'ONU dans leur couverture de la guerre à Gaza. L'initiative intervient à la veille du débat général de l'Assemblée générale des Nations unies, qui débute le 22 septembre à New York.

4 min de lecture1 vuePar la rédaction
Le ministère de la Diaspora lance un site pour dénoncer les biais de l'ONU sur Gaza
Photo : ראובן קופיצינסקי , צלם 053514246 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le ministère israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l'Antisémitisme a présenté mercredi sa première campagne internationale d'ampleur destinée à documenter ce qu'il qualifie de mécanisme de biais de l'ONU contre Israël. La plateforme, intitulée « Les agences de l'ONU et la guerre de Gaza : preuves d'un biais informationnel systématique », compile près de cent documents, articles et témoignages issus de sources officielles, universitaires et indépendantes, selon le ministère.

La campagne, produite par l'agence gouvernementale de publicité, cible en priorité les États-Unis, ainsi que journalistes, diplomates et décideurs, à quelques jours de l'ouverture du débat général de l'Assemblée générale à New York, prévu le 22 septembre.

Six chapitres pour documenter le biais de l'ONU

Le site est structuré en six sections. La première, consacrée à la « manipulation de l'information par des acteurs de l'ONU », détaille selon le ministère des distorsions statistiques et des omissions de contexte, notamment sur les accusations de « famine » et de « génocide ». La deuxième section décrit une « culture institutionnelle toxique » qui aurait permis l'enracinement de positions à sens unique contre Israël au sein de l'organisation.

Une troisième partie, intitulée « La famine qui n'a pas eu lieu », examine les données et prévisions ayant conduit, selon le ministère, à une légitimation institutionnelle de la thèse de la famine à Gaza, jugée éloignée de la réalité du terrain. La quatrième section, consacrée à l'UNRWA, présente ce que le ministère décrit comme des éléments de renseignement établissant une infiltration étendue de l'agence par des membres du Hamas, concernant selon lui au moins 12 % du personnel de l'organisation à Gaza, ainsi que la découverte d'infrastructures terroristes sous des locaux de l'UNRWA.

La cinquième section retrace la construction de l'accusation de génocide contre Israël, tandis que la sixième décrit un « écosystème auto-renforçant » dans lequel une allégation circule entre différents acteurs avant de revenir dans le débat international avec un surcroît d'autorité, sans nouvelle vérification indépendante. Le site dénonce également un processus de « blanchiment de la propagande », décrit comme un mécanisme en trois étapes par lequel des données non vérifiées provenant du Hamas seraient reprises par des agences de l'ONU comme l'OCHA, dépouillées de leur source d'origine, puis diffusées comme des « faits onusiens vérifiés ».

Des témoignages d'anciens responsables onusiens

La campagne s'appuie sur des témoignages de personnalités ayant travaillé au sein des mécanismes de l'ONU. Le représentant de l'Organisation mondiale de la santé, le Dr Michel Thieren, est cité affirmant : « Les termes 'génocide' et 'famine' ont été employés dès le début. Les crimes ont été définis à l'avance, puis les organisations ont tenté de les prouver. Pour moi, c'est totalement anormal. »

Alice Wairimu Nderitu, ancienne conseillère spéciale de l'ONU pour la prévention du génocide, affirme avoir été « harcelée quotidiennement » et souligne que « cela ne s'est produit dans aucune autre guerre, ni en Ukraine, ni au Soudan, ni au Myanmar ». Selon la campagne, elle a refusé de qualifier les combats de « génocide » sans détermination juridique préalable, et son contrat n'a ensuite pas été renouvelé. La rapporteuse spéciale de l'ONU sur la torture, le Dr Alice Edwards, évoque de son côté des « semaines d'intimidation » visant à empêcher la publication d'une lettre documentant les crimes du Hamas du 7 octobre. L'ancien coordinateur des sanctions de l'ONU, Edmund Fitton-Brown, estime pour sa part que « la déférence envers l'ONU permet à des preuves fragiles et à des présupposés idéologiques de se transformer en opinion dominante ».

Le ministre Amichai Chikli a résumé l'objectif de la campagne : « Pendant trop longtemps, le monde a traité le sceau de l'ONU comme un substitut à la vérification des faits. Ce site expose comment fonctionne la machine à empoisonner Israël : un récit entre dans le système, reçoit une autorité institutionnelle, est cité encore et encore, et influence les positions des gouvernements, des médias et du public. » Le ministère affirme avoir documenté des pressions internes exercées contre ceux qui cherchaient à préserver l'exactitude des faits, tandis que ceux adoptant des récits hostiles à Israël auraient été récompensés.

La campagne vidéo et la suite attendue

La série de vidéos accompagnant le lancement montre des mains manipulant des titres de presse à l'intérieur d'un décor représentant le siège de l'ONU : des titres comme « L'aide humanitaire volée par le Hamas » sont retouchés pour remplacer le mot « Hamas » par « Israël ». La campagne se conclut par le message : « L'ONU réécrit la vérité. » Hadas Maimon, responsable de la diplomatie publique au ministère, explique que le site rassemble en un seul lieu des éléments jusqu'ici dispersés, permettant de « comprendre le mécanisme » en traçant l'origine de chaque information.

La diffusion de la campagne doit se poursuivre pendant le débat général de l'Assemblée générale, qui s'ouvre le 22 septembre à New York, avec pour objectif de rediriger journalistes et diplomates vers les sources compilées sur le site.

Questions fréquentes

Qui a lancé ce site contre les biais de l'ONU ?
Le ministère israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l'Antisémitisme, dirigé par Amichai Chikli, avec l'appui de l'agence gouvernementale de publicité.
Que contient la plateforme ?
Près de cent documents, articles et témoignages répartis en six sections portant notamment sur les accusations de famine, de génocide et l'infiltration alléguée de l'UNRWA par le Hamas.
Pourquoi ce moment a-t-il été choisi ?
La campagne est lancée juste avant le débat général de l'Assemblée générale de l'ONU, qui s'ouvre le 22 septembre à New York.

Sources : The Jerusalem Post, JNS

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