Israël et le Maroc élèvent leurs relations diplomatiques au rang d'ambassades

Israël et le Maroc ont annoncé l'élévation de leurs missions diplomatiques au rang d'ambassades pleines, avec nomination d'ambassadeurs. L'annonce a été faite lors d'un sommet trilatéral à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, en présence de l'ambassadeur américain Mike Waltz.

3 min de lecturePar la rédaction
Israël et le Maroc élèvent leurs relations diplomatiques au rang d'ambassades
Photo : Sharon Gabay · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa'ar et son homologue marocain Nasser Bourita ont scellé, le 16 septembre, une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays. Réunis à la résidence de l'ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, les deux chefs de la diplomatie ont confirmé l'élévation de leurs missions au rang d'ambassades et la nomination prochaine d'ambassadeurs. La rencontre s'est tenue en marge du débat général de l'Assemblée générale de l'ONU.

Un partenariat qui s'approfondit dans le cadre des accords d'Abraham

Selon Gideon Sa'ar, la déclaration signée à New York « décrit des moyens concrets de faire progresser les relations entre Israël et le Maroc au bénéfice des deux peuples ». Les deux gouvernements se sont engagés à conclure, d'ici la fin de l'année, des accords sur la protection des investissements et l'élimination de la double imposition. Ils prévoient aussi d'élargir les liaisons aériennes, en y intégrant des vols opérés par des compagnies marocaines, et de multiplier les visites réciproques de haut niveau dans les prochains mois.

David Aaronson, chercheur invité à la Heritage Foundation et ancien conseiller principal du ministre israélien de la Coopération régionale lors de la signature des accords d'Abraham, souligne que le commerce bilatéral a bondi de 70 % au premier semestre 2026. Il relève également que les vols directs ont repris pour la première fois depuis le 7 octobre 2023, entraînant une reprise du tourisme entre les deux pays. Pour lui, la tenue de cette réunion de haut niveau, « même dans une période aussi sensible », témoigne de la solidité des accords d'Abraham et de l'héritage du roi Mohammed VI, du président Donald Trump et du Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Des liens historiques entre juifs et Marocains

Gideon Sa'ar a rappelé que « l'amitié entre les peuples marocain et juif a des racines profondes et une histoire riche ». David Aaronson précise que des communautés juives vivent au Maroc depuis près de deux mille ans, que la Constitution marocaine reconnaît les « racines hébraïques » du pays et que la presse marocaine affiche la date hébraïque en première page. Près d'un million d'Israéliens sont d'origine marocaine, et la Knesset a récemment adopté une loi visant à préserver le patrimoine et la culture marocains au sein des institutions nationales.

Selon Aaronson, la décision de Benjamin Netanyahou, en juillet 2023, de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental a constitué un investissement décisif dans cette relation. Le Maroc revendique ce territoire comme historiquement marocain, une position contestée par le Front Polisario, mouvement nationaliste qui réclame l'indépendance de la région. Le Maroc avait été le quatrième pays musulman à rejoindre les accords d'Abraham, en signant la déclaration conjointe avec les États-Unis et Israël à Rabat le 22 décembre 2020, après les Émirats arabes unis et Bahreïn en septembre de la même année, puis le Soudan.

Un accord jugé plus solide que ceux avec l'Égypte et la Jordanie

Mordechai Kedar, chercheur au Begin-Sadat Center for Strategic Studies de l'université Bar-Ilan, estime que l'accord entre Israël et le Maroc repose sur des bases bien plus solides que les traités israéliens avec l'Égypte et la Jordanie, où la normalisation reste largement formelle. Selon lui, la légitimité du roi Mohammed VI explique cette différence, même si des cercles islamistes marocains restent hostiles à ce rapprochement. Il juge que les accords d'Abraham ont toutes les chances de se renforcer tant qu'ils servent les intérêts des deux parties.

Kedar exprime par ailleurs l'espoir que l'Arabie saoudite rejoigne à son tour les accords d'Abraham, sous la pression américaine et par crainte de l'Iran et des Houthis. Il précise toutefois qu'Israël ne devrait, selon lui, rien concéder en échange d'une telle adhésion. Les discussions entre Jérusalem et Rabat doivent désormais se concentrer sur la conclusion des accords fiscaux et d'investissement promis avant la fin de l'année.

Questions fréquentes

Que signifie l'élévation au rang d'ambassade entre Israël et le Maroc ?
Les missions diplomatiques des deux pays passent du statut de bureau de liaison à celui d'ambassade pleine, avec nomination d'ambassadeurs, marquant une normalisation renforcée.
Quand le Maroc a-t-il rejoint les accords d'Abraham ?
Le Maroc a signé la déclaration conjointe avec les États-Unis et Israël à Rabat le 22 décembre 2020, devenant le quatrième pays musulman à rejoindre les accords.
Quels engagements économiques ont été pris entre Israël et le Maroc ?
Les deux pays visent à conclure d'ici fin 2026 des accords sur la protection des investissements et la double imposition, et à élargir les liaisons aériennes.

Sources : JNS

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