Ali Taher : Israël démantèle un centre de commandement souterrain clé du Hezbollah au Liban-Sud
L'armée israélienne a achevé la destruction d'un vaste réseau souterrain du Hezbollah sur la crête d'Ali Taher, dans le Liban-Sud. Selon Jérusalem, cette infrastructure servait de centre de commandement à l'unité territoriale Badr et dominait la ville de Nabatieh. L'opération, présentée comme l'aboutissement de la mise en place de la zone de sécurité, renforce selon des analystes la position israélienne dans les discussions sur l'avenir du sud du pays du Cèdre.

Dans un communiqué conjoint diffusé jeudi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz ont confirmé la destruction, par Tsahal, du réseau souterrain du Hezbollah situé sur la crête d'Ali Taher, au sud du Liban. Selon eux, cette opération « achève la mise en place de la zone de sécurité dans le Liban-Sud ». Les deux dirigeants ont qualifié l'infrastructure de « bien stratégique construit sur deux décennies grâce à un financement et une planification iraniens ».
Un centre névralgique pour l'unité Badr du Hezbollah
Un responsable militaire cité par JNS a précisé que ce réseau constituait le centre de commandement et de contrôle de l'unité territoriale Badr du Hezbollah, chargée principalement du secteur situé au nord du fleuve Litani, en direction de Saïda. Le site offrait également au mouvement chiite une position d'observation dominante sur Nabatieh, capitale de la communauté chiite du sud du Liban. Le réseau comprenait huit galeries souterraines s'étendant sur plus de 5 400 mètres à travers la crête.
Cette opération fait suite au dégagement, quelques mois plus tôt, des principales galeries souterraines de la crête de Beaufort et des localités d'Arnoun, Yohmor et Kfar Tebnit. Un autre responsable militaire israélien a indiqué que ces tunnels avaient servi, ces dernières décennies, à gérer des arsenaux de missiles, de roquettes et de drones, à mener des combats contre des soldats de Tsahal et à préparer des attentats contre des civils israéliens, y compris pendant les opérations « Northern Arrows » (23 septembre au 6 novembre 2024) contre le Hezbollah et « Roaring Lion » (lancée le 28 février dernier contre l'Iran).
Ce que change la prise de la crête d'Ali Taher
Le colonel (réserve) Moshe Elad, l'un des artisans de la coordination sécuritaire entre Tsahal et l'Autorité palestinienne et ancien gouverneur militaire israélien à Tyr, a expliqué à JNS que la crête, située à environ 15 kilomètres de la frontière israélienne, offre désormais à Israël « un avantage significatif pour l'observation et le contrôle du feu » dans tout le secteur du Liban-Sud. Selon lui, la liberté de mouvement du Hezbollah dans la zone s'en trouve considérablement réduite.
Elad insiste toutefois sur les limites de l'opération : elle ne supprime pas la menace des roquettes ou des armes antichars pesant sur les localités du nord d'Israël, mais « réduit la profondeur et la liberté opérationnelle de la menace dans ce secteur précis ». Il souligne surtout que le Hezbollah perd, avec ce site, un véritable « système d'exploitation » local : observation, commandement, stockage, capacités de dissimulation et activation de tirs, autant de fonctions qui étaient concentrées au même endroit.
Réactions et effet sur les négociations régionales
Pour Elad, cette destruction modifie le point de départ des négociations entre Israël et le Liban. Le cadre post-cessez-le-feu, négocié sous l'égide de Washington, prévoyait un retrait progressif israélien du Liban-Sud parallèlement au désarmement du Hezbollah, un processus qu'il juge bloqué en raison du refus du mouvement chiite de déposer les armes. « Ali Taher produit pour Israël une carte physique, pas seulement diplomatique », a-t-il déclaré, estimant que Jérusalem peut désormais démontrer sa capacité à contrôler un territoire d'où le Hezbollah opérait.
Selon Elad, le Hezbollah se trouve désormais face à un dilemme : accepter une image de défaite ou risquer une escalade qui entraînerait de nouvelles destructions de ses capacités. Il évoque aussi un rapport selon lequel Téhéran aurait averti Washington d'une réponse forte en cas de saisie des positions du Hezbollah sur la crête, tout en jugeant plus probable une réplique limitée du mouvement libanais, l'Iran cherchant à préserver son ambiguïté sans ouvrir de front direct.
Le rôle attendu de l'armée libanaise
Le véritable test, selon Elad, incombe désormais à l'armée libanaise, censée, selon les arrangements internationaux, prendre le relais de Tsahal dans les zones évacuées. Il ne s'agirait pas seulement d'atteindre physiquement la région de Nabatieh, mais d'empêcher durablement la reconstruction d'infrastructures souterraines, de dépôts d'armes, de postes d'observation et de commandement. À défaut d'une telle démonstration, Israël pourrait maintenir sa présence sur la crête plutôt que de risquer une reconstitution des capacités du Hezbollah.
Lors d'une visite aux troupes sur la crête le 9 septembre, le ministre Katz avait affirmé que la prise d'Ali Taher marquait « la conclusion de l'étape d'achèvement de la tenue de la zone de sécurité dans le Liban-Sud », précisant que les tunnels avaient servi de « centre de commandement pour des attaques contre nos forces et contre la région de la Galilée ». Après la démolition, il a ajouté que la zone de sécurité était désormais « aussi solide qu'elle ne l'a jamais été » et que Tsahal restait prêt à poursuivre ses frappes contre le Hezbollah dans d'autres secteurs.
La suite dépendra largement de la réponse du Hezbollah et de la capacité, réelle ou non, de l'armée libanaise à occuper durablement le terrain libéré. Jérusalem a d'ores et déjà indiqué qu'elle ne quitterait pas la zone de sécurité tant que le désarmement du mouvement chiite ne serait pas effectif sur l'ensemble du territoire libanais.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que la crête d'Ali Taher ?
- Une position surplombant la ville de Nabatieh, au Liban-Sud, où le Hezbollah avait construit un réseau souterrain de plus de 5 400 mètres servant de centre de commandement à son unité territoriale Badr.
- Pourquoi Israël a-t-il détruit ce réseau ?
- Selon Jérusalem, l'infrastructure permettait au Hezbollah d'observer et de menacer la Galilée, de gérer des tirs de missiles et de roquettes, et de préparer des attaques contre des civils et des soldats israéliens.
- Cela signifie-t-il la fin de la menace du Hezbollah au Liban-Sud ?
- Non. Des analystes soulignent que la destruction réduit la profondeur opérationnelle de la menace dans ce secteur précis, sans éliminer les capacités de roquettes ou d'armes antichars ailleurs dans le Liban-Sud.
Sources : JNS




