À Lyon, des drapeaux israéliens brûlés en marge des manifestations contre la vie chère
Pour le troisième week-end consécutif, la France a connu samedi 31 octobre une vague de manifestations contre la vie chère, marquée par de nouveaux débordements. À Lyon, des manifestants ont piétiné puis brûlé des drapeaux israéliens et américains, tandis que des drapeaux palestiniens étaient hissés dans le cortège. Le gouvernement a déployé 70 000 policiers et gendarmes face à des appels à l'« insurrection » lancés sur les réseaux sociaux.

La mobilisation contre la vie chère, lancée mi-septembre par les lycéens et les étudiants puis rejointe par les syndicats et les « gilets jaunes », en était samedi à son troisième week-end consécutif. Coïncidant avec la nuit d'Halloween, la manifestation a de nouveau dégénéré en fin de parcours à Paris, Lyon et Toulouse, où la police a fait usage de gaz lacrymogène. Des tensions ont également été signalées à l'issue de rassemblements non autorisés à Marseille.
Des drapeaux israéliens piétinés et brûlés à Lyon
Des images tournées à Lyon, troisième ville de France, montrent des manifestants piétiner puis mettre le feu à des drapeaux israéliens et américains, sous les encouragements d'une partie de la foule. Des drapeaux palestiniens étaient hissés au même moment dans le cortège lyonnais. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont dénoncé une manifestation détournée de son objet initial, évoquant des slogans hostiles aux forces de l'ordre scandés aux côtés de ces drapeaux.
Une mobilisation en baisse, des chiffres qui divergent
Le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 320 000 manifestants dans le pays samedi, dont 70 000 à Paris, en recul par rapport aux 410 000 du 24 octobre et aux 550 000 du 17 octobre, date du pic de violences. L'intersyndicale de la jeunesse revendique de son côté près d'un demi-million de participants, dont 200 000 dans la capitale. Le nombre d'interpellations varie également selon les sources, entre 296 et plus de 400 selon les bilans communiqués au fil de la soirée. Jean-Luc Mélenchon, qui a défilé à Paris, a accusé les médias de « minorer » l'ampleur du mouvement et averti que le président Emmanuel Macron « devra céder ou partir ».
Un dispositif policier renforcé face aux craintes de nouveaux débordements
Quelque 70 000 policiers et gendarmes, appuyés par des blindés Centaure positionnés devant l'Élysée, Matignon et l'Assemblée nationale, ont été déployés après des appels à la « révolution » diffusés sur les réseaux sociaux à l'approche d'Halloween. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a salué une « grande fermeté » des forces de l'ordre tout en évoquant une « violence sans précédent », citant un engin explosif ayant visé un policier, qualifié de « tentative de meurtre » par le ministre Bruno Retailleau. Ces incidents s'ajoutent au bilan déjà lourd des émeutes du 17 octobre, qui avaient fait près d'un millier de policiers blessés et causé plus d'un milliard d'euros de dégâts aux commerces selon la Chambre de commerce.
Le gouvernement, qui avait déjà interdit les marches dans les centres-villes pour éviter une répétition des pillages d'octobre, prépare une loi controversée obligeant les émeutiers à indemniser jusqu'à 10 000 euros de dégâts. Un nouveau week-end de mobilisation est attendu, dans un climat politique tendu à six mois de l'élection présidentielle où Marine Le Pen est donnée favorite par les sondages.
Questions fréquentes
- Où des drapeaux israéliens ont-ils été brûlés ?
- À Lyon, troisième ville de France, lors de la manifestation du 31 octobre contre la vie chère, en marge de laquelle des drapeaux israéliens et américains ont été piétinés puis incendiés.
- Combien de personnes ont manifesté ce week-end ?
- Le ministère de l'Intérieur a compté 320 000 manifestants dans le pays, tandis que l'intersyndicale de la jeunesse revendique près d'un demi-million de participants.
- Combien de personnes ont été interpellées ?
- Les bilans divergent selon les sources et le moment de la journée, entre 296 et plus de 400 interpellations rapportées.



