Oskar Schindler, l'industriel allemand qui a sauvé un millier de Juifs de la Shoah

Industriel allemand membre du parti nazi, Oskar Schindler a sauvé entre 1 100 et 1 200 Juifs en les employant dans ses usines pendant la Shoah. En 1967, Yad Vashem l'a reconnu Juste parmi les nations, un honneur rarissime pour un ancien membre du NSDAP.

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Oskar Schindler, l'industriel allemand qui a sauvé un millier de Juifs de la Shoah
Photo : Unknown authorUnknown author · Public domain · Wikimedia Commons

Né le 28 avril 1908 à Zwittau, en Moravie, dans une famille catholique, Oskar Schindler n'avait rien du résistant providentiel. Industriel allemand des Sudètes, il adhère au Parti allemand des Sudètes en 1935, puis collabore dès 1936 avec l'Abwehr, le service de renseignement militaire allemand. Il y recueille des informations sur les chemins de fer et les mouvements de troupes polonais, en préparation de l'invasion de la Pologne. Il demande son adhésion au Parti national-socialiste le 1er novembre 1938 ; elle est acceptée l'année suivante.

De l'opportunisme à l'engagement

C'est en dirigeant la Deutsche Emailwarenfabrik, une fabrique de batteries de cuisine en émail installée près du camp de concentration de Plaszow, au sud de Cracovie, que Schindler bascule. Il profite d'abord de ses relations avec le commandant du camp, Amon Göth, qui lui fournit une main-d'œuvre juive bon marché. Au départ, selon la source, Schindler n'est motivé que par le potentiel financier de l'affaire : les Juifs coûtent moins cher que les Polonais, les salaires étant fixés par l'occupant nazi.

Peu à peu, ému par le sort de ses ouvriers, il change d'attitude. Avec l'aide de son épouse Émilie, de son ami juif Itzhak Stern et de sa secrétaire Mimi Reinhardt, il entreprend de les protéger. Il arrache ainsi entre 1 100 et 1 200 Juifs aux camps d'extermination nazis en les faisant transférer à 15 kilomètres de sa ville natale, dans une nouvelle usine d'armement à Brünnlitz, intégrée au camp de concentration de Gross-Rosen.

Un sauvetage payé de sa fortune et de sa liberté

Schindler orchestre délibérément la faillite de cette usine d'armement, afin de protéger ses ouvriers et de ne pas contribuer à l'effort de guerre allemand. Il se rend lui-même jusqu'à Auschwitz pour récupérer des ouvrières qui y avaient été dirigées par l'administration nazie. Son action lui vaut d'être arrêté à trois reprises : une première fois en 1942 pour avoir embrassé une de ses ouvrières juives, ce qui révèle aux autorités un favoritisme jugé suspect envers la communauté juive ; une dernière fois après l'arrestation d'Amon Göth, en raison de ses liens d'affaires avec lui, notamment des pots-de-vin versés pour racheter la vie d'Helen Hirsch, la domestique de Göth menacée d'exécution. Ces détentions restent brèves, de quelques semaines à huit jours.

À la fin de la guerre, en 1945, Schindler fuit l'avancée soviétique avec son épouse, avant de rejoindre les lignes américaines puis la Suisse. Il a alors dépensé toute sa fortune en pots-de-vin, en achats au marché noir et en entretien de ses ouvriers. En 1948, il demande un remboursement à l'American Jewish Joint Distribution Committee, estimant ses dépenses de guerre à plus de 1 056 000 dollars ; il en reçoit 15 000.

Une fin de vie modeste, loin des honneurs

Après la guerre, Schindler ne retrouve jamais la réussite industrielle. Il émigre avec Émilie en Argentine, où il tente l'élevage de poulets et de ragondins dans la banlieue de Buenos Aires, sans succès. Revenu seul en Allemagne en 1958, il échoue encore dans de nouvelles entreprises, notamment une usine de ciment, et vit en partie grâce à l'aide d'organisations juives. Il reste cependant attentif, jusqu'à sa mort, au devenir des personnes qu'il a sauvées, avec lesquelles il garde contact.

Oskar Schindler meurt le 9 octobre 1974 à Hildesheim, en Allemagne de l'Ouest, d'une insuffisance hépatique, à l'âge de 66 ans. Il est enterré au cimetière chrétien du mont Sion, à Jérusalem.

La reconnaissance de Yad Vashem

Le 18 juillet 1967, le Mémorial de Yad Vashem lui décerne le titre de « Juste parmi les nations ». Son épouse Émilie reçoit la même distinction en 1993, peu avant sa mort en 2001. Oskar Schindler figure parmi les très rares anciens membres du parti nazi à avoir reçu cet honneur de l'État d'Israël.

Son histoire est restée longtemps méconnue avant d'être portée à la connaissance du grand public par le roman de Thomas Keneally, Schindler's Ark, publié en 1982, puis par le film de Steven Spielberg, La Liste de Schindler, sorti en 1993 et récompensé par sept Oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Cette reconnaissance cinématographique a durablement ancré son nom parmi ceux des Justes parmi les nations honorés par Israël.

Questions fréquentes

Combien de personnes Oskar Schindler a-t-il sauvées ?
Entre 1 100 et 1 200 Juifs, selon les sources, en les employant dans ses usines d'émail puis de munitions.
Quand Oskar Schindler a-t-il été reconnu Juste parmi les nations ?
Le 18 juillet 1967, par le Mémorial de Yad Vashem. Son épouse Émilie a reçu le même titre en 1993.
Que lui est-il arrivé après la guerre ?
Ruiné, il a tenté sans succès l'élevage en Argentine puis l'industrie en Allemagne, et a vécu en partie grâce à l'aide d'organisations juives jusqu'à sa mort en 1974.

Dossier La Shoah et les Justes

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