Vol Flydubai vers Tel-Aviv : comment un copilote a failli faire s'écraser l'avion

Le 30 septembre, le copilote omanais d'un vol Flydubai reliant les Émirats arabes unis à Tel-Aviv a tenté de faire s'écraser l'appareil sur la ville, avant d'être maîtrisé par le commandant de bord et des passagers israéliens. L'attaque déjouée, qui aurait pu coûter la vie à près de 180 personnes, a révélé des failles persistantes dans le contrôle des équipages étrangers volant vers Israël.

3 min de lecture4 vuesPar la rédaction
Vol Flydubai vers Tel-Aviv : comment un copilote a failli faire s'écraser l'avion
Photo : Illustration générée par IA

Une hache, des moteurs coupés, un avion repris en main

Selon des informations issues du renseignement israélien rapportées par JForum, le copilote Hamam al-Hammami a attaqué le commandant de bord, le capitaine Smit Machchhar, avec une hache de secours, lui tranchant presque un bras. Il aurait ensuite cherché à faire plonger l'appareil vers les gratte-ciel de Tel-Aviv en manipulant les commandes et en coupant les deux moteurs. Le commandant, blessé, a repris le contrôle avec l'aide de passagers, qui ont neutralisé l'assaillant.

Un passager israélien, Tal, a raconté au Jerusalem Post qu'au plus fort de la crise, « il n'y avait personne dans le cockpit » : deux autres pilotes de Flydubai, installés parmi les passagers, ont dû être secoués pour reprendre les commandes pendant que l'avion plongeait. Les passagers ont improvisé des liens avec des câbles de chargeurs pour entraver l'assaillant, tandis qu'un dentiste israélien soignait le pilote blessé. Une fois l'appareil stabilisé, un passager a été placé aux côtés de chaque membre d'équipage jusqu'à l'atterrissage.

Un copilote licencié pour extrémisme, recruté huit mois plus tôt

D'après l'enquête citée par JForum, Hammami avait été renvoyé d'Oman Air en raison d'opinions jugées proches de l'islamisme radical, avant d'être embauché par Flydubai huit mois avant l'attaque. Les autorités israéliennes privilégient la piste du loup solitaire, sans lien direct avec une organisation terroriste. Les services australiens examinent de leur côté si Hammami s'est radicalisé lors d'un séjour en Australie, où il aurait fréquenté des mosquées radicales et où le renseignement local disposait déjà d'un dossier le concernant.

Une faille de sécurité connue depuis des années

L'identité du copilote figurait dans la liste des équipages transmise à Israël avant le décollage, conformément à la loi de 2023 sur les données des passagers, selon Infos Israël News. Le ministère des Transports n'aurait pourtant pas consulté ces données pendant un an et demi à deux ans. Le Shin Bet avait renoncé dès 2021 à la sécurité des vols étrangers, un vide signalé par le contrôleur de l'État dans un rapport confidentiel de 2024, avant que Netanyahou ne confie le dossier au ministère des Transports en 2025.

Une ancienne employée de l'aéroport a témoigné sur Channel 12 avoir vu passer, pendant des années, des membres d'équipage munis de passeports libanais ou syriens. Yedioth Ahronoth relève par ailleurs qu'un avion privé fait l'objet d'un contrôle bien plus strict qu'un vol commercial, alors qu'il transporte cent à deux cents fois moins de carburant et de passagers, selon l'expert aéronautique Yossi Fisher.

Chacun renvoie la responsabilité à l'autre

La ministre des Transports, Miri Regev, affirme que l'accord aérien israélo-émirati n'autorise à piloter que des ressortissants de pays ayant des relations diplomatiques avec Israël, ce qui exclut Oman, et renvoie la vérification des équipages au Mossad. Le Mossad dit ne pas avoir reçu la liste des passagers, alors que Channel 12 affirme le contraire. Le Shin Bet précise ne surveiller que les vols israéliens, et l'Autorité de l'aviation civile se limite à la sécurité technique, non au renseignement.

La suite : une enquête, pas encore de sanction

Face aux critiques, Netanyahou a chargé Shmuel Ben Ezra, chef du Conseil de sécurité nationale, de nommer un responsable pour examiner en profondeur la sécurité de l'aviation civile étrangère vers Israël. L'ancien Premier ministre Yaïr Lapid a qualifié cette initiative de « coquille vide ». Les vols Flydubai vers Israël ont été suspendus six jours après l'attaque. Selon Infos Israël News, colmater la brèche nécessiterait de contrôler des centaines d'avions et des dizaines de milliers de pilotes, un travail estimé à plusieurs semaines.

Questions fréquentes

Combien de passagers étaient à bord du vol Flydubai visé ?
Les sources évoquent entre 174 et environ 180 passagers israéliens, selon les décomptes cités.
Qui est responsable de la vérification des équipages étrangers volant vers Israël ?
La responsabilité est éclatée entre le ministère des Transports, le Mossad, le Shin Bet et l'Autorité de l'aviation civile, qui se renvoient mutuellement la charge.
Le copilote a-t-il agi seul ?
Selon l'évaluation israélienne, Hammami aurait agi en loup solitaire, sans lien direct établi avec une organisation terroriste.

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