Vol Flydubai détourné : l'enquête s'étend à l'Australie et à la Nouvelle-Zélande
Une semaine après la tentative de détournement du vol Flydubai FZ1073 entre Dubaï et Israël, les enquêteurs australiens et néo-zélandais se penchent sur le passé du copilote mis en cause, Hamam al-Hammami. À Jérusalem, l'incident a aussi relancé le dialogue sécuritaire entre Israël et les Émirats arabes unis.

Le 30 septembre, le copilote du vol Flydubai FZ1073, l'Omanais Hamam al-Hammami, a attaqué à la hache le commandant de bord, le pilote indien Smit Machchhar, dans une tentative de prendre les commandes de l'appareil. Selon un rapport de Reuters cité par le Jerusalem Post, l'attaque avait été planifiée de longue date. Grâce au courage des passagers et de deux pilotes de réserve, l'avion, qui transportait environ 180 personnes, a pu être détourné et posé en urgence en Arabie saoudite. Le procureur général des Émirats arabes unis a affirmé sans détour que l'incident constituait une tentative d'acte terroriste.
Une enquête qui s'étend à trois continents
La police néo-zélandaise a confirmé enquêter sur le séjour d'al-Hammami dans le pays, selon des propos du commissaire adjoint Michael Johnson rapportés par le New Zealand Herald. Les autorités néo-zélandaises précisent ne pouvoir communiquer davantage à ce stade. Par ailleurs, le commandant Smit Machchhar s'était lui-même formé en Nouvelle-Zélande, chez Mainland Air, entre 2008 et 2009, selon le directeur général de la compagnie, Philip Kean, qui a salué le travail des autres pilotes ayant permis de sauver l'appareil.
L'Australie mène de son côté une investigation approfondie sur le parcours d'al-Hammami, en coopération avec les polices des États et l'agence nationale de sécurité. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer s'il s'est radicalisé idéologiquement pendant son séjour sur le territoire. Selon des sources citées par ABC, le suspect, titulaire d'un visa étudiant délivré en 2014, a suivi des études en Australie de 2015 à 2017 avant que son visa ne soit révoqué en 2019, les autorités ayant constaté qu'il n'était plus inscrit dans un cursus actif. Al-Hammami est actuellement interrogé par les autorités saoudiennes.
Israël et les Émirats resserrent leurs liens
Le vol Flydubai s'inscrit dans le corridor aérien ouvert par les accords d'Abraham, qui a vu transiter environ 1,35 million de passagers entre Israël et les Émirats arabes unis en 2025. La ministre des Transports Miri Regev a rencontré l'ambassadeur émirati en Israël, Mohamed Al-Khaja, pour évoquer la coopération dans l'enquête. « Nous ne pouvons pas laisser des éléments extrémistes porter atteinte aux relations stratégiques entre Israël et les Émirats arabes unis », a-t-elle écrit sur X, ajoutant que les deux pays avaient convenu de renforcer leur coopération en matière d'aviation et de sécurité des vols. L'ambassadeur Al-Khaja a de son côté évoqué des discussions sur une augmentation de la fréquence des vols et un renforcement de la préparation face à d'éventuels incidents.
En Israël, l'incident a aussi nourri une réflexion plus large sur la capacité des services de sécurité à anticiper des formes inédites de menace, un éditorial d'Israel Hayom soulignant que le pays continue d'être « surpris » par des attaques qui changent de forme, du 7 octobre 2023 à l'attaque à bord du Flydubai. Un passager israélien du vol, cité par Tribune Juive, a raconté avoir récité le Birkat HaGomel après l'atterrissage, décrivant la mobilisation collective des passagers pour neutraliser le copilote.
Ce qui reste à établir
Les enquêteurs de trois pays doivent encore établir où et comment al-Hammami s'est radicalisé, et si son passage en Australie ou en Nouvelle-Zélande a joué un rôle dans la préparation de l'attaque. Les conclusions de ces investigations, attendues dans les prochaines semaines, détermineront aussi l'ampleur des mesures de sécurité supplémentaires envisagées sur la liaison aérienne entre Israël et les Émirats arabes unis.
Questions fréquentes
- Qui est le copilote soupçonné d'avoir tenté de détourner le vol Flydubai ?
- Il s'agit de Hamam al-Hammami, un ressortissant omanais ayant vécu en Australie et étudié au Royaume-Uni, actuellement interrogé par les autorités saoudiennes.
- Pourquoi la Nouvelle-Zélande et l'Australie sont-elles impliquées dans l'enquête ?
- Al-Hammami a passé du temps en Nouvelle-Zélande et étudié en Australie de 2015 à 2017 ; les polices des deux pays examinent s'il s'y est radicalisé.
- L'incident a-t-il affecté les relations entre Israël et les Émirats arabes unis ?
- Non : la ministre des Transports Miri Regev et l'ambassadeur émirati ont annoncé un renforcement de la coopération sécuritaire et aérienne après l'attaque.
Dossier Accords d'Abraham




