Vol flydubai vers Israël : le copilote radicalisé, l'enquête sur les failles de sécurité

Le vol flydubai FZ1073, parti de Dubaï pour Tel-Aviv le 30 septembre 2026, a été la cible d'une tentative de détournement par son copilote, qui a poignardé le commandant de bord avant de plonger l'appareil vers le sol. Maîtrisé par des passagers, l'avion a atterri en urgence à Tabouk, en Arabie saoudite. L'enquête, menée conjointement par Israël, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, cherche désormais à établir si le copilote a agi seul ou pour le compte d'un commanditaire.

3 min de lecturePar la rédaction
Vol flydubai vers Israël : le copilote radicalisé, l'enquête sur les failles de sécurité
Photo : Illustration générée par IA

Le 30 septembre 2026, le vol flydubai FZ1073 reliait Dubaï à Tel-Aviv avec 174 passagers à bord. Peu après le décollage, le copilote, Hamam al-Hammami, a poignardé le commandant de bord, Sumit Mazhar, avant de pousser le manche vers l'avant. L'appareil, un Boeing 737 MAX, a plongé de plus de 17 000 pieds en 92 secondes, selon des données de suivi satellite citées par le Wall Street Journal. Des passagers, dont Yaniv Hayoun, sont parvenus à maîtriser l'agresseur avec un câble d'écouteurs, permettant au commandant blessé de reprendre le contrôle et de dérouter l'avion vers Tabouk, en Arabie saoudite.

Un avion poussé au-delà de ses limites

Selon le Wall Street Journal, l'appareil aurait atteint une vitesse estimée de Mach 0,96, proche du mur du son, très au-delà de la vitesse de croisière habituelle d'un 737 MAX, plafonnée à Mach 0,82. Cette vitesse, combinée à une descente à 39 degrés et à une remise en vol droit soumise à une force de trois G, a provoqué la rupture d'une large portion du gouvernail de direction. Tony Farina, aérodynamicien à l'université Embry-Riddle, a estimé que l'avion nécessiterait « au minimum... une inspection complète et approfondie », ajoutant : « Je ne suis pas sûr qu'il puisse un jour revoler. » L'appareil reste immobilisé à Tabouk, où des équipes techniques évaluent son état.

Un copilote déjà signalé comme radicalisé

Hamam al-Hammami est un ressortissant omanais de 29 ans, né aux Émirats arabes unis d'un père omanais et d'une mère syrienne. Selon des informations relayées par CNN et ABC News, Oman Air l'avait écarté de la formation de pilote dès 2024, après la découverte de documents extrémistes en sa possession, et l'avait interdit de vol pendant un an, tout en le maintenant à un poste administratif. Il a ensuite été recruté par Royal Air Maroc, puis par flydubai, où il opérait sur la ligne Dubaï-Tel-Aviv. Selon ABC News, il a indiqué lors de son interrogatoire que son intention était de faire s'écraser l'avion en Israël. Des publications attribuées à son compte, diffusées après la tentative, montraient des images de cockpits d'avions israéliens ainsi que les portraits d'Ayman al-Zawahiri et d'un kamikaze ayant visé une base de la CIA en 2009.

Les enquêteurs israéliens, émiratis et saoudiens restent divisés sur l'existence d'un commanditaire. Selon Mako et N12, le renseignement israélien privilégie la piste du « loup solitaire ». Israël Hayom évoque toutefois un lien possible avec un groupe terroriste syrien fondé par l'Iran, le copilote ayant séjourné en Syrie, pays d'origine de sa mère. Benjamin Netanyahou a qualifié l'homme de « terroriste djihadiste » ayant « subi un endoctrinement islamiste radical », et averti que « celui qui l'a envoyé paiera un prix très lourd », sans confirmer de lien direct avec Téhéran.

Israël pointe des failles de sécurité

En Israël, les critiques visent désormais la ministre des Transports Miri Regev et son ministère. Des responsables de la sécurité estiment que, « du point de vue du système, l'attentat a réussi », et reprochent à la division de la sûreté du ministère de ne pas avoir vérifié l'identité de l'équipage, malgré un rapport du contrôleur de l'État de 2024 qui avait déjà signalé ces failles. Miri Regev rejette la responsabilité sur les services de renseignement, rappelant que le Mossad est chargé du contrôle des compagnies étrangères. Le Shin Bet, de son côté, souligne que les Émirats arabes unis ont refusé d'autoriser l'installation de ses propres systèmes de contrôle sur les vols israéliens, laissant le monopole de la ligne aux compagnies étrangères. Benjamin Netanyahou a reconnu une défaillance systémique, notant que des membres d'équipage omanais n'auraient pas dû avoir accès aux opérations de l'aéroport Ben Gourion.

Le copilote, transféré d'Arabie saoudite vers les Émirats arabes unis, coopère désormais avec les enquêteurs de la direction de la sécurité de l'État émiratie, qui dirige l'enquête. Selon Reuters, des responsables israéliens devraient être autorisés à l'interroger directement. La loi émiratie prévoit la peine de mort en cas de condamnation, même si des considérations diplomatiques liées à Oman pourraient peser sur la suite de la procédure.

Questions fréquentes

Combien de passagers étaient à bord du vol flydubai FZ1073 ?
174 passagers se trouvaient à bord lorsque le copilote a tenté de détourner l'appareil, selon les informations rapportées sur l'incident.
Que va devenir l'avion endommagé ?
Il reste immobilisé à l'aéroport de Tabouk, en Arabie saoudite, où des techniciens évaluent si les dommages au gouvernail permettent sa remise en service.
Le copilote a-t-il agi seul ?
Les versions divergent : certains services de renseignement évoquent un acte isolé, d'autres une possible connexion avec un groupe lié à l'Iran, sans preuve confirmée à ce stade.

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