Une synagogue réformiste de Jérusalem visée par des jets d'œufs pour la deuxième fois en un mois
La synagogue réformiste Kol HaNeshama, dans le quartier de Baka à Jérusalem, a été la cible d'un jet d'œufs contre des fidèles venus célébrer Roch Hachana dimanche. Il s'agit du deuxième incident visant cette communauté en un mois, après une effraction avec dégradations survenue fin août.

Un groupe de jeunes juifs a lancé des œufs sur des fidèles arrivant pour l'office du deuxième jour de Roch Hachana à la synagogue Kol HaNeshama, dans le quartier de Baka à Jérusalem. Aucun blessé n'a été signalé. La congrégation, qui appartient au mouvement réformiste, a indiqué que ses caméras de sécurité avaient filmé les auteurs, dont les visages sont identifiables, et a déposé plainte à la police en fournissant les images.
Selon la rabbin Debi Shoua-Haim, membre de la congrégation, le groupe avait d'abord échangé avec plusieurs fidèles avant de jeter les œufs. « Certaines de leurs questions et remarques étaient homophobes et frôlaient le harcèlement », a-t-elle déclaré à la Jewish Telegraphic Agency. « Ils ont été accueillis avec ouverture par tous ceux à qui ils ont parlé, et il est regrettable que ce soit leur réponse. » Elle qualifie l'incident d'« escalade ».
Une deuxième attaque en un mois
Cet épisode survient un mois après une effraction nocturne à Kol HaNeshama, durant laquelle des individus avaient brisé une fenêtre, pénétré dans la salle de prière, endommagé des œuvres d'art et arraché des drapeaux de la Pride affichés par la synagogue. Quelques jours plus tard, une autre congrégation réformiste, Darchei Noam, à Ramat Hasharon, avait été visée par un pavé jeté à travers une fenêtre. Son rabbin, Eli Levin, avait alors estimé que ces attaques relevaient d'une hostilité persistante envers le mouvement réformiste, imputable selon lui à « des juifs impulsifs et ignorants », sans condamnation de la part des dirigeants politiques ou haredim.
Kol HaNeshama avait déjà été prise pour cible par le passé, notamment en lien avec son soutien à l'inclusion LGBTQ : une pierre avait été lancée dans sa cour en 2018 pendant les célébrations de Simhat Torah, et deux effractions avaient visé des drapeaux de la Pride en juin 2023.
Le mouvement réformiste dénonce l'absence de poursuites
La congrégation a renforcé sa sécurité pour Chabbat Chouva, le sabbat entre Roch Hachana et Yom Kippour, ainsi que pour les offices de Yom Kippour. La rabbin Shoua-Haim a précisé qu'elle aurait préféré garder les portes ouvertes à tous, sans dispositif supplémentaire.
Le Mouvement israélien pour le judaïsme réformé et progressiste a critiqué l'absence d'arrestations dans les deux affaires récentes, estimant que ce vide encourage de nouvelles violences. « Ce n'est pas une farce. C'est de la violence contre des juifs en raison de la manière dont ils choisissent de pratiquer le judaïsme », a écrit le mouvement sur Facebook. « Et quand il n'y a pas de mise en application de la loi, la violence grandit. »
Ces incidents s'inscrivent dans un contexte de tensions plus larges autour du statut du judaïsme non orthodoxe en Israël. Des députés ont fait avancer cette année une proposition de loi qui empêcherait de fait la prière égalitaire au Mur occidental, tandis que la coalition gouvernementale avait envisagé l'an dernier de restreindre l'accès à la citoyenneté au titre de la Loi du retour en supprimant la clause dite du grand-parent, une mesure combattue par les mouvements réformiste et conservateur.
La suite attendue
La police israélienne n'a pas répondu aux sollicitations concernant l'état des deux enquêtes, et la congrégation affirme n'avoir reçu aucune information sur leur avancement. Malgré les attaques répétées, la rabbin Shoua-Haim a indiqué que Kol HaNeshama ne changerait pas d'approche et continuerait de fonctionner selon ses principes d'ouverture, tout en maintenant un dispositif de sécurité renforcé pour les prochaines fêtes.
Questions fréquentes
- Où s'est produite l'attaque contre la synagogue réformiste ?
- À Kol HaNeshama, dans le quartier de Baka à Jérusalem, le deuxième jour de Roch Hachana.
- S'agit-il du premier incident visant cette synagogue ?
- Non, un mois plus tôt, des individus avaient déjà forcé l'entrée du bâtiment, brisé une fenêtre et arraché des drapeaux de la Pride.
- Des arrestations ont-elles eu lieu ?
- Non, selon la congrégation et le mouvement réformiste, aucune mise à jour n'a été communiquée par la police sur les deux enquêtes en cours.
Sources : The Jerusalem Post, The Forward





