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Thaïlande : le Premier ministre retire sa nationalité au rabbin Yosef Chaim Kantor

Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a signé le 28 octobre un décret retirant la nationalité thaïlandaise au rabbin Yosef Chaim Kantor, grand rabbin et émissaire en chef de Habad dans le pays depuis 1993. Les autorités lui reprochent d'avoir continué à utiliser son passeport américain après sa naturalisation en 2013. La décision survient après plusieurs perquisitions visant des institutions de Habad à Bangkok.

3 min de lecture1 vuePar la rédaction
Thaïlande : le Premier ministre retire sa nationalité au rabbin Yosef Chaim Kantor
Photo : Illustration générée par IA

Le rabbin Yosef Chaim Kantor, Américain d'origine installé en Thaïlande depuis 1993 et considéré comme le grand rabbin de la communauté juive du pays, a perdu sa nationalité thaïlandaise. Le décret, signé le 28 octobre par le Premier ministre et ministre de l'Intérieur Anutin Charnvirakul, s'appuie sur une enquête du Département des enquêtes spéciales (DSI) du ministère thaïlandais de la Justice.

Une révocation fondée sur l'usage du passeport américain

Selon les conclusions du DSI, le rabbin Kantor, naturalisé thaïlandais en avril 2013 en vertu de l'article 10 de la loi sur la nationalité de 1965, a continué d'utiliser sa nationalité américaine lors de 16 voyages vers l'Australie et depuis ce pays, le dernier remontant au 26 janvier 2026. Les autorités estiment qu'il s'agit d'une violation des conditions de sa naturalisation, qu'il connaissait selon elles dès le dépôt de sa demande. Le décret invoque l'article 19, alinéa 2, de la même loi, qui permet de retirer une nationalité lorsque le comportement du naturalisé menace la sécurité nationale, l'économie ou la société thaïlandaise. Devant le Parlement, Anutin Charnvirakul a défendu sa décision, affirmant que « tout a été fait conformément à la loi ». Le texte précise qu'il ne contient aucune conclusion pénale concernant d'autres volets de l'enquête.

Une enquête plus large sur les institutions de Habad

Cette révocation s'inscrit dans le prolongement de perquisitions menées début octobre par le DSI, la police et l'administration fiscale dans plusieurs structures liées à Habad à Bangkok : la Fondation Habad, les bureaux de Gan Habad, l'Association des Juifs de Thaïlande, ainsi que le complexe de la synagogue historique Beth Elisheva, en cours de rénovation. Les enquêteurs cherchent à établir si des prête-noms thaïlandais ont été utilisés pour contourner les restrictions sur la propriété étrangère des entreprises et des terrains, et examinent plus de 60 sociétés enregistrées à la même adresse ainsi que des flux de financement et des dons. Le rabbin Nehemia Wilhelm, qui dirige la maison de Habad de Bangkok, a affirmé que ses équipes avaient pleinement coopéré et n'avaient rien à cacher, précisant que les sociétés en question relevaient d'un cabinet comptable sans lien avec Habad. D'autres maisons de Habad, notamment à Chiang Mai, auraient également fait l'objet de contrôles, selon des médias israéliens, qui évoquent aussi une demande d'exhumation dans un cimetière juif dont la licence serait expirée ; ces éléments n'ont pas été confirmés par l'ensemble des sources.

La mesure contre le rabbin Kantor n'est pas isolée. Le 1er octobre, le même Premier ministre avait déjà retiré la nationalité thaïlandaise à Ariel Blushstein, homme d'affaires né en Israël, accusé d'avoir dissimulé une nationalité uruguayenne et continué d'utiliser son passeport israélien. Le Jerusalem Post relève qu'il s'agit d'une disposition rarement appliquée publiquement contre des citoyens naturalisés.

Inquiétude dans la communauté juive de Thaïlande

Des membres de la communauté juive locale ont exprimé leur inquiétude, y voyant un signe supplémentaire de pression croissante sur les institutions juives et israéliennes du pays. Le Jerusalem Post rapporte également des manifestations organisées contre la maison de Habad de Patong, à Phuket, où des slogans hostiles à Israël, parfois antisémites, ont été scandés, sur fond d'accusations non étayées concernant des terrains et des activités commerciales. Le rabbin Kantor n'a pas encore réagi publiquement à la révocation de sa nationalité. Les enquêtes du DSI sur les sociétés et les biens liés à Habad se poursuivent, sans qu'aucune charge pénale n'ait été annoncée à ce stade.

Questions fréquentes

Pourquoi la Thaïlande a-t-elle retiré la nationalité du rabbin Kantor ?
Le ministère de la Justice thaïlandais l'accuse d'avoir continué à utiliser son passeport américain lors de 16 voyages en Australie après sa naturalisation de 2013, en violation des conditions fixées par la loi thaïlandaise sur la nationalité.
Le rabbin Kantor est-il visé par une enquête pénale ?
Non, le décret de révocation ne contient aucune conclusion pénale. Des enquêtes distinctes portent sur des sociétés et des biens liés à Habad, sans charge annoncée à ce jour.
Cette affaire est-elle isolée ?
Non, elle suit la révocation, début octobre, de la nationalité d'un homme d'affaires israélien, et s'inscrit dans une série de perquisitions visant plusieurs institutions de Habad en Thaïlande.

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