Pays-Bas : un étudiant de Gaza suspendu après avoir revendiqué le massacre du 7 octobre
Une vidéo montrant un étudiant palestinien de 22 ans affirmer avoir participé au massacre du 7 octobre a provoqué une onde de choc aux Pays-Bas. L'université de Maastricht, qui avait elle-même facilité son arrivée dans le pays, l'a suspendu à titre provisoire, tandis que des responsables politiques réclament son expulsion.

Une courte vidéo publiée puis supprimée d'Instagram a mis le feu aux poudres aux Pays-Bas ce week-end. On y voit un jeune homme de 22 ans, originaire de la bande de Gaza et inscrit à l'université de Maastricht, regarder des images du massacre du 7 octobre diffusées par la chaîne qatarie Al Jazeera. Au moment où des hommes armés cagoulés apparaissent à l'écran, il pointe du doigt, lève le pouce et lance : « 7 octobre. C'est moi », selon les informations relayées par JNS et par le site local De Nieuwe Ster Maastricht. Plusieurs médias, dont Ynet News et le Jerusalem Post, identifient l'étudiant sous le nom de Hussein Issa, une identité que l'université n'a pas confirmée officiellement.
L'université suspend, sans enquêter sur la véracité des propos
Maastricht University a réagi en suspendant l'étudiant à titre provisoire : il ne peut plus assister aux cours, se présenter aux examens ni accéder aux bâtiments de l'établissement, précise le Jerusalem Post. Un porte-parole de l'université a justifié la mesure par « la préoccupation pour la sécurité de l'étudiant lui-même, de ses camarades et du personnel », insistant sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une sanction. L'établissement affirme ne pas être en mesure d'enquêter sur l'origine ou la véracité de la vidéo, mais dit vouloir s'entretenir avec l'étudiant avant de décider s'il pourra poursuivre son cursus. Selon le Jerusalem Post, la police n'a pas ouvert d'enquête de son propre chef, la vidéo seule n'étant pas jugée suffisante comme élément de preuve.
Une arrivée facilitée par l'université, un passé qui interroge
L'affaire prend une tournure plus large en raison des circonstances de l'arrivée du jeune homme aux Pays-Bas. Selon Ynet News et le Jerusalem Post, l'université de Maastricht avait elle-même déposé, le 8 avril, une demande de titre de séjour temporaire en son nom, approuvée par les services néerlandais de l'immigration. Il fait partie d'un groupe de plus de quarante Palestiniens de Gaza invités par le gouvernement néerlandais depuis l'été pour étudier ou travailler dans le pays, rappelle JNS. En septembre 2025 déjà, Maastricht avait accordé des bourses complètes à cinq étudiants de Gaza, une initiative face à laquelle un responsable de l'association des étudiants juifs de l'établissement avait mis en garde contre d'éventuels risques sécuritaires, selon Infos Israël News. Le compte Instagram de l'étudiant, suivi par plusieurs dizaines de milliers d'abonnés, mêle vidéos de freerunning et publications plus sombres : selon De Telegraaf, cité par le Jerusalem Post, il y évoquait « le martyre de mon troisième frère Ahmed à Jabaliya », écrivant vouloir « sceller sa vie de la même façon » que lui. Le même journal évoque aussi des clichés où l'étudiant fait des gestes associés à la mouvance djihadiste.
Des appels à l'expulsion et un climat déjà tendu à Maastricht
Sur le plan politique, le chef du parti pour la liberté (PVV), Geert Wilders, a jugé la suspension insuffisante et réclamé l'expulsion pure et simple de l'étudiant, allant jusqu'à demander des poursuites contre la ministre de l'Éducation, rapporte Ynet News. Le député Diederik Boomsma, du parti JA21, a lui exigé qu'Issa soit expulsé et remis à Israël pour y être jugé, accusant certaines universités d'avoir importé de la « racaille terroriste de Gaza » et d'avoir déposé des demandes d'asile en leur nom, qu'il qualifie de « stupidité malveillante au niveau supérieur ». Un enseignant de l'établissement, Peter Malcontent, a de son côté qualifié la vidéo d'« extrêmement stupide et répréhensible », craignant qu'elle ne pèse sur tout le débat concernant l'accueil d'étudiants palestiniens aux Pays-Bas. L'affaire survient dans un climat déjà électrique sur le campus. La chercheuse en histoire de la Shoah Amanda Kluveld avait déjà signalé à JNS des menaces répétées après avoir dénoncé des manifestations antisémites à Maastricht, allant jusqu'à retrouver des pigeons décapités sur son véhicule. Le même week-end, des manifestants masqués brandissaient un drapeau du Front populaire de libération de la Palestine, organisation terroriste, devant le congrès du parti D66 à Amsterdam, avant de perturber brièvement le discours du Premier ministre Rob Jetten.
Questions fréquentes
- Qui est l'étudiant suspendu par l'université de Maastricht ?
- Plusieurs médias, dont Ynet News, l'identifient comme Hussein Issa, 22 ans, originaire de la bande de Gaza. L'université n'a pas confirmé cette identité officiellement.
- Existe-t-il une preuve qu'il a participé au 7 octobre ?
- Non. Les autorités néerlandaises et les médias locaux soulignent qu'aucun élément ne confirme sa présence parmi les terroristes filmés lors du massacre.
- Que risque l'étudiant après sa suspension ?
- Il est provisoirement écarté des cours et des examens. L'université doit encore décider s'il pourra poursuivre son cursus, tandis que des responsables politiques réclament son expulsion du pays.
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