Modi'in : des centaines de haredim empêchent l'arrestation d'un réfractaire à la conscription
Dans la nuit de lundi à mardi, des centaines de manifestants haredim ont encerclé des policiers militaires venus arrêter un réfractaire à Modi'in, les forçant à quitter les lieux sans procéder à l'interpellation. L'incident intervient alors que le ministère de la Justice annonce la reprise, en octobre, des opérations ciblées contre les réfractaires et déserteurs.

Des centaines de manifestants ultra-orthodoxes ont investi un immeuble du quartier Nofim, à Modi'in, pour empêcher la police militaire d'arrêter un jeune homme soustrait à la conscription. Selon Ynet, les forces de sécurité ont fini par se retirer sans procéder à l'arrestation, et l'homme est réapparu dans la rue pour une réception triomphale, hissé sur le toit d'une voiture sous les acclamations, des sucreries lui étant distribuées par ses soutiens.
Une opération qui tourne court
Selon un compte rendu de la police israélienne cité par le Jerusalem Post, la petite force de police militaire présente sur place n'a pas immédiatement extrait le réfractaire après son interpellation, contrairement aux procédures en vigueur, lui laissant au contraire un délai pour « s'organiser ». La police israélienne n'a été appelée qu'après l'arrivée de dizaines de manifestants, pour extraire les soldats et rétablir l'ordre. Les responsables policiers ont insisté sur le fait que la décision de relâcher le réfractaire et de lui délivrer un ordre de régularisation revenait à l'armée, non à la police. Les manifestants avaient été mobilisés par la permanence téléphonique « Couleur noire » de la faction extrémiste de Jérusalem, qui aide les réfractaires à échapper à l'arrestation et a salué, après les faits, « le soutien des masses » et « une danse intense sur place ».
Police et armée se renvoient la responsabilité
Un haut responsable de Tsahal a estimé, selon la Treizième chaîne, que les jeunes membres de la police militaire « n'ont aucune chance » dans ce type de situation et doivent être épaulés par des forces policières bien plus importantes. Le maire de Modi'in, Haim Bibas, également président de la Fédération des autorités locales, a dénoncé une « défaillance grave » et un message dangereux : « quiconque use d'assez de force peut déjouer l'application de la loi ». Il a précisé que les émeutiers venus cette nuit-là n'étaient pas des résidents de la ville et ne représentaient pas ses valeurs, rappelant que ses propres enfants avaient servi en unité combattante. Il a appelé le gouvernement et les dirigeants haredim à agir concrètement pour l'enrôlement, estimant que « quiconque ne contribue pas ne devrait rien recevoir de l'État ».
L'incident a suscité de vives réactions politiques. Gadi Eisenkot (Yashar!) a jugé qu'un pays qui envoie ses citoyens combattre « ne peut accepter l'existence d'un État dans l'État ». Naftali Bennett (Beyachad) a parlé d'une « embuscade » tendue à des soldats et policiers forcés de négocier leur départ. Avigdor Liberman (Yisrael Beytenou) a comparé la scène à Jénine, jugeant « intolérable » que des soldats doivent fuir sous protection policière renforcée.
Reprise des arrestations annoncée pour octobre
L'épisode survient alors qu'un résumé du ministère de la Justice daté de mardi annonce la reprise, en octobre, des opérations proactives contre les réfractaires et déserteurs, après une période où elles avaient été réduites au profit des points de passage frontaliers. L'adjoint à la conseillère juridique du gouvernement, Gil Limon, a jugé cette absence d'application incompatible avec le principe d'égalité et les engagements de l'État devant la Cour suprême, qui a récemment invalidé une loi protégeant certains étudiants de yechiva de toute arrestation. Entre le 1er et le 22 septembre, 212 réfractaires et déserteurs avaient déjà été arrêtés aux points de passage, dont environ 163 haredim, et 360 actes d'accusation déposés depuis janvier, contre seulement 16 visant des haredim au mois de juin. Selon Kountrass, plusieurs arrestations ciblées ont également eu lieu ces derniers jours dans le monde des yechivoth, notamment celle d'un élève de la yechiva de 'Hévron et d'un avrekh interpellé à Eilat. L'État doit transmettre sa prochaine mise à jour à la Cour suprême le 15 octobre.
Questions fréquentes
- Pourquoi l'arrestation du réfractaire a-t-elle échoué à Modi'in ?
- Des centaines de manifestants mobilisés par une permanence téléphonique haredi ont encerclé la petite force de police militaire présente, qui a dû se retirer avec l'aide de la police israélienne sans procéder à l'interpellation.
- Que prévoit l'État pour les prochaines semaines ?
- Le ministère de la Justice annonce la reprise des opérations proactives d'arrestation en octobre, avec une coordination renforcée entre police militaire et police israélienne, et une mise à jour attendue devant la Cour suprême le 15 octobre.
- Combien de réfractaires ont déjà été arrêtés récemment ?
- 212 réfractaires et déserteurs ont été arrêtés entre le 1er et le 22 septembre aux points de passage, dont environ 163 haredim, selon le résumé du ministère de la Justice.




