Le président Herzog gracie Elor Azaria, condamné pour l'affaire de Hébron en 2016
Le président Isaac Herzog a gracié samedi soir Elor Azaria, l'ancien soldat de Tsahal condamné pour homicide involontaire après avoir tué un assaillant palestinien blessé à Hébron en 2016. La décision, prise à la veille de Yom Kippour sur recommandation du ministre de la Défense Israel Katz, efface le casier judiciaire d'Azaria, qui devait normalement être blanchi en 2032.

Le président Isaac Herzog a annoncé samedi soir la grâce d'Elor Azaria, ancien combattant-médecin de la brigade Kfir dont le procès avait profondément divisé l'opinion israélienne. La mesure, prise à la veille de Yom Kippour, met fin à près d'une décennie de procédures judiciaires et de campagnes publiques en sa faveur.
Les faits de mars 2016 à Hébron
Le 24 mars 2016, Abdel Fattah al-Sharif et Ramzi Aziz al-Tamimi al-Qasrawi avaient poignardé un soldat israélien à Hébron. Al-Qasrawi avait été tué durant l'attaque, tandis qu'al-Sharif avait été blessé. Azaria, arrivé avec des renforts, avait tiré une balle dans la tête d'al-Sharif à courte distance, alors que celui-ci semblait maîtrisé. Un tribunal militaire l'avait reconnu coupable d'homicide involontaire en 2017 et condamné à dix-huit mois de prison. Le chef d'état-major de l'époque, le général Gadi Eisenkot, avait réduit la peine à quatorze mois, avant qu'une commission de libération conditionnelle ne l'abrège encore. Azaria avait finalement été libéré en mai 2018, après neuf mois de détention.
Une grâce présidentielle assumée
La présidence a justifié sa décision par le temps écoulé depuis les faits, l'exécution complète de la peine par Azaria, l'évolution de sa situation personnelle et familiale, et sa volonté de lever les obstacles à son insertion professionnelle. Selon les services d'Herzog, Azaria avait exprimé des regrets quant aux conséquences de l'affaire et, dans une précédente demande de grâce adressée à l'ex-président Reuven Rivlin, avait qualifié le tir a posteriori d'« erreur opérationnelle » qu'il ne répéterait pas. Herzog a pris soin de préciser que sa décision ne rouvrait ni ne remettait en cause le jugement du tribunal militaire, insistant sur le fait que la procédure de grâce « n'est pas une cour d'appel » et ne constitue pas une réévaluation de la condamnation.
Les réactions politiques
Le ministre de la Défense Israel Katz, à l'origine de la recommandation, a qualifié la grâce de décision « juste, humaine et appropriée » à l'approche de Yom Kippour. Selon lui, Azaria a « payé un lourd tribut personnel et familial » et mérite de « tourner la page du passé, se reconstruire et bâtir son avenir ». Katz a ajouté que cette clémence envoyait un message aux soldats de Tsahal et à leurs familles : « Nous n'abandonnons pas nos combattants et ne les laissons pas derrière nous. » Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, qui avait manifesté en soutien à Azaria il y a dix ans, s'est dit « très ému et heureux » de la décision. Il a appelé le chef d'état-major de Tsahal à permettre à Azaria de reprendre du service militaire s'il le souhaite, estimant que « ce casier n'aurait jamais dû exister ».
L'affaire Azaria était restée un point de fixation national pendant des années, l'enquête, le procès, la condamnation puis les démarches de grâce ayant suscité une attention publique et politique intense. Elle a cristallisé, souvent selon un clivage droite-gauche, le débat sur l'éthique militaire, les règles d'engagement et la manière dont les soldats israéliens doivent réagir face aux attaques palestiniennes. La demande de Ben-Gvir concernant un éventuel retour d'Azaria sous l'uniforme reste désormais entre les mains de l'état-major de Tsahal.
Questions fréquentes
- Pourquoi Elor Azaria avait-il été condamné ?
- Un tribunal militaire l'a reconnu coupable d'homicide involontaire en 2017 pour avoir tué par balle un assaillant palestinien blessé et maîtrisé à Hébron, en mars 2016.
- Que change concrètement la grâce présidentielle ?
- Elle efface le casier judiciaire d'Azaria, qui devait initialement être blanchi seulement en 2032, sans remettre en cause le jugement du tribunal militaire.
- Azaria peut-il reprendre du service dans Tsahal ?
- Le ministre Itamar Ben-Gvir a demandé au chef d'état-major de l'y autoriser s'il le souhaite, mais la décision revient à l'armée.
Sources : JNS





