Herzog efface le casier judiciaire d'Elor Azaria à la veille de Yom Kippour
À la veille de Yom Kippour, le président Isaac Herzog a décidé de radier le solde de la période d'inscription au casier judiciaire d'Elor Azaria, l'ancien soldat condamné pour homicide involontaire à Hébron en 2016. La décision, prise après la recommandation du ministre de la Défense Israël Katz, intervient malgré l'opposition du chef d'état-major Eyal Zamir. Elle relance un débat resté vif dans l'opinion israélienne depuis près d'une décennie.

Le président de l'État a signé sa décision samedi soir, à l'issue de Chabbath, quelques heures avant l'entrée de Yom Kippour. Selon un communiqué de la présidence, Isaac Herzog a estimé que « l'ensemble des circonstances, le temps écoulé et les regrets exprimés » par Elor Azaria justifiaient de lui permettre d'« ouvrir une nouvelle page de sa vie ». La mesure efface le solde de la période d'inscription au casier judiciaire qui pesait encore sur l'ancien combattant de la brigade Kfir, près de dix ans après les faits.
Une décision prise malgré l'opposition de Tsahal
L'affaire remonte au 24 mars 2016. Alors infirmier de combat, Elor Azaria avait tiré sur Abdel Fattah al-Sharif, un Palestinien blessé et neutralisé après une attaque au couteau survenue à Tel Roumeida, dans le quartier juif d'Hébron. Reconnu coupable d'homicide involontaire par un tribunal militaire, il avait été condamné à dix-huit mois de prison, une peine confirmée en appel puis déjà réduite par le chef d'état-major de l'époque, Gadi Eizenkot. Il a purgé sa peine en prison militaire.
Le ministre de la Défense Israël Katz avait recommandé à Herzog de réduire immédiatement la durée d'inscription au casier judiciaire d'Azaria. Le chef d'état-major actuel, Eyal Zamir, et plusieurs hauts responsables de Tsahal s'y opposaient, estimant qu'Azaria n'avait ni exprimé de remords ni assumé la responsabilité de ses actes. La présidence a néanmoins tranché en faveur de la demande, tout en rappelant que la grâce présidentielle « n'est pas une instance d'appel » et ne remet en cause ni le procès ni les conclusions judiciaires de l'époque.
Les réactions, de Liberman à Ben Gvir
Le président du parti Israël Beiteinou, Avigdor Liberman, a salué une décision qui permet, selon lui, à Azaria de laisser cet événement derrière lui. Le père d'Elor Azaria, Charlie Azaria, a réagi par une bénédiction religieuse et annoncé l'organisation d'une fête d'action de grâce. Sur X, le ministre Israël Katz a qualifié la décision de « correcte, humaine et digne », rappelant qu'Azaria avait payé un lourd tribut personnel et familial, et lui a souhaité un « gmar 'hatima tova ».
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui avait manifesté pour Azaria il y a dix ans, a lui aussi salué la décision et appelé le chef d'état-major à permettre à l'ancien soldat de réintégrer les rangs de Tsahal s'il le souhaite. Il a profité de l'occasion pour demander à Herzog de gracier également le Premier ministre Benjamin Netanyahou, estimant que les dossiers en cours contre lui ne tiennent pas debout. Cet appel intervient sur fond de relations tendues entre les deux hommes, Ben Gvir ayant récemment fait état de l'absence de réponse de Netanyahou à ses appels.
Ce que change, et ne change pas, la décision
La présidence a insisté à plusieurs reprises sur la portée limitée de son geste. La condamnation d'Elor Azaria pour homicide involontaire reste inscrite dans les annales judiciaires ; seule la période résiduelle d'inscription au casier est effacée. Herzog a également rappelé l'importance du système judiciaire militaire pour la préservation de l'État de droit et du principe de « pureté des armes » au sein de Tsahal. La décision ne prévoit à ce stade aucun retour automatique d'Azaria sous l'uniforme, une perspective évoquée par Ben Gvir mais qui dépendrait d'une démarche distincte auprès de la hiérarchie militaire.
Questions fréquentes
- Pour quels faits Elor Azaria avait-il été condamné ?
- Il a été reconnu coupable d'homicide involontaire pour avoir tiré, le 24 mars 2016, sur un Palestinien blessé et neutralisé après une attaque au couteau dans le quartier juif d'Hébron. Il avait été condamné à dix-huit mois de prison.
- Que change concrètement la radiation du casier judiciaire ?
- Elle efface le solde de la période d'inscription au casier judiciaire d'Azaria, mais ne modifie ni sa condamnation ni les conclusions du procès militaire, selon la présidence.
- Pourquoi Tsahal s'opposait-il à cette clémence ?
- Le chef d'état-major Eyal Zamir et plusieurs responsables militaires estimaient qu'Azaria n'avait pas exprimé de remords ni pleinement assumé la responsabilité de son acte.
Sources : Infos Israël News, Kountrass, Infos Israël News, The Jerusalem Post





