La guerre spatiale secrète d'Israël : comment Tsahal a brouillé les armes ennemies
Le 9 mars 2026, une roquette du Hezbollah a visé une station satellite israélienne dans la vallée d'Ela, révélant l'existence d'un front jusque-là resté invisible. Un haut responsable de Tsahal a détaillé à Israel Hayom comment l'armée utilise l'espace et le spectre électromagnétique pour neutraliser les armes ennemies et protéger ses forces à distance.

Le 9 mars 2026, lors d'une salve de tirs du Hezbollah contre Israël, l'organisation terroriste a frappé la station satellite de la vallée d'Ela, près de Beit Shemesh. Sur le moment, l'incident n'a pas semblé spectaculaire. Il visait pourtant une cible précise : une artère de communications stratégique qui permet à Israël de déployer ses forces dans le monde entier. Les équipes israéliennes ont rapidement réparé le site, qui relie les infrastructures terrestres israéliennes à l'espace.
Une guerre spatiale devenue réalité opérationnelle
« Les communications satellitaires sont opérées depuis plusieurs bases secrètes à travers le pays », a confié à Israel Hayom un haut responsable de Tsahal. « Avec le déploiement de nos satellites stratégiques, cela nous donne la liberté d'opérer numériquement jusqu'en Iran. » Selon lui, l'espace « n'est plus l'avenir, c'est un véritable théâtre de guerre ». Israël n'est pas seul à le constater : aux États-Unis, le secrétaire de l'armée de l'air, Troy Meink, a reconnu publiquement que Washington dispose d'armes en orbite dont certaines capacités restent classifiées.
La création d'une brigade spatiale au sein de Tsahal
Le chef d'état-major, le général Eyal Zamir, a décidé de créer une brigade spatiale stratégique au sein de l'état-major général, pièce centrale du plan pluriannuel « Hosen ». Cette décision s'appuie sur la brigade Sphera, créée au cours de l'année écoulée au sein de la direction du service informatique et de la cyberdéfense de Tsahal, chargée de la supériorité dans le spectre électromagnétique. Cette brigade sécurise aussi bien un appareil mobile classifié au QG de la Kirya à Tel-Aviv que le réseau utilisé par un pilote survolant l'Iran pour communiquer avec les cellules de frappe au sol.
Depuis le 7 octobre 2023, le nombre de satellites utilisés par Tsahal a doublé, selon le responsable israélien, qui précise que l'augmentation réelle serait même supérieure. Sur les cinq dernières années, les ressources consacrées par l'armée au domaine spatial ont triplé.
Des opérations qui ont protégé les soldats au combat
« La guerre du spectre nous permet de perturber les tentatives ennemies de boucler une chaîne de tir et de frapper nos forces en mouvement », a expliqué le responsable. Ces capacités ont été activées « depuis l'intérieur du territoire ennemi » pour empêcher le Hamas, le Hezbollah et les supplétifs iraniens d'actionner leurs systèmes d'armes. Tsahal évalue à plusieurs centaines le nombre d'incidents opérationnels distincts, à Gaza, au Liban et sur d'autres théâtres, au cours desquels ces capacités ont empêché des attaques contre ses forces.
Lors des frappes contre l'Iran, les pilotes ont opéré à plus de 1 500 kilomètres des frontières israéliennes grâce à ces réseaux de communication satellitaire, selon le même officier, qui évoque une volonté de transformer un théâtre lointain en « front de premier cercle ». Il cite aussi l'arrestation d'Eli Cohen par les Syriens en 1965, grâce à des moyens liés au spectre, comme point de départ d'une évolution qui s'est considérablement accélérée depuis.
Vers une intégration de l'intelligence artificielle
La brigade Sphera travaille avec les autres services de sécurité israéliens, l'industrie de défense et les États-Unis, partenaire majeur de Tsahal. Le responsable évoque également des opérations d'influence, sans entrer dans le détail, qui pourraient inclure la diffusion de messages d'avertissement au Liban ou des interférences avec les communications de flottilles destinées à Gaza. L'objectif affiché pour les prochaines années est d'intégrer des outils d'intelligence artificielle capables de répondre aux menaces et d'accélérer la prise de décision, tout en renforçant la résilience des systèmes face à une menace électromagnétique en constante évolution.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que la brigade Sphera de Tsahal ?
- C'est la division opérationnelle et technologique de l'état-major général chargée du spectre électromagnétique et des communications, créée au sein de la direction du service informatique et de la cyberdéfense.
- Pourquoi Tsahal crée-t-elle une brigade spatiale ?
- Le chef d'état-major Eyal Zamir considère l'espace comme un théâtre de guerre à part entière, au même titre que les domaines maritime et aérien, et l'intègre au plan pluriannuel « Hosen ».
- Quel rôle ont joué les satellites lors des frappes contre l'Iran ?
- Ils ont permis aux pilotes israéliens de communiquer avec les cellules de frappe au sol à plus de 1 500 kilomètres des frontières d'Israël, selon un responsable de Tsahal.
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