Aliyah 2026 : Israël prépare l'arrivée de 18 000 à 20 000 nouveaux immigrants
Le ministère de l'Alya et de l'Intégration prévoit l'arrivée de 18 000 à 20 000 nouveaux immigrants en Israël en 2026, un chiffre en retrait par rapport à la moyenne des dix dernières années. La directrice générale du ministère, Dganit Sankar-Langa, évoque une hausse notable venue de France, du Royaume-Uni, d'Afrique du Sud et d'Australie, tout en reconnaissant que le coût de la vie et la situation sécuritaire freinent encore de nombreux candidats.

Le ministère de l'Alya et de l'Intégration table sur une fourchette de 18 000 à 20 000 nouveaux immigrants pour l'année 2026, selon Dganit Sankar-Langa, sa directrice générale, interrogée par Walla à l'occasion des fêtes. Ce chiffre reste inférieur à la moyenne enregistrée sur la dernière décennie, comprise entre 20 000 et 30 000 arrivées par an, hors période exceptionnelle liée à la guerre en Ukraine. Sankar-Langa refuse pour autant de parler de recul de l'alya et met en avant un regain d'intérêt dans plusieurs communautés juives.
Une hausse marquée depuis la France et le Commonwealth
Selon la directrice générale, Israël devrait accueillir environ 5 000 immigrants venus de France d'ici la fin de l'année, un niveau qu'elle qualifie d'inédit depuis longtemps. Elle signale également une progression sensible depuis le Royaume-Uni, ainsi qu'une hausse de l'alya en provenance d'Afrique du Sud et d'Australie. Sur le plan mondial, environ 15,5 millions de Juifs vivent aujourd'hui à travers le monde, dont plus de la moitié en Israël ; environ six millions résident aux États-Unis, un vivier potentiel considérable même si le nombre de candidats effectifs à l'immigration reste limité.
Cette dynamique se lit aussi à travers des parcours individuels. Le mois d'août a constitué un record mensuel pour Nefesh B'Nefesh en Amérique du Nord, avec plus de 1 100 immigrants arrivés par cette organisation. Parmi eux, Morton Pancer, 86 ans, rescapé de la Shoah né en Pologne, et son épouse Carole, 82 ans, ont quitté le Maryland après 57 ans de mariage aux États-Unis pour rejoindre leurs enfants et petits-enfants déjà installés en Israël. En Australie, l'ancien juge David Parry a lui aussi choisi de tout quitter pour s'installer à Zichron Ya'acov, où il est devenu guide touristique après avoir rejoint ses quatre enfants, déjà immigrés avant lui.
Coût de la vie et sécurité, principaux freins identifiés
Sankar-Langa désigne deux obstacles majeurs à une alya plus large : le coût de la vie en Israël et la situation sécuritaire du pays. Elle estime néanmoins que les difficultés rencontrées par les communautés juives à l'étranger, notamment la montée de l'antisémitisme, pourraient influencer les tendances migratoires dans les années à venir. "Je pense que nous verrons l'impact sur l'alya dans un an, deux ans ou trois ans", a-t-elle indiqué, citant la qualité de la vie académique et communautaire israélienne comme facteur d'attraction.
Parallèlement, les données présentées cette semaine à la commission de l'Immigration, de l'Absorption et de la Diaspora de la Knesset montrent une autre réalité préoccupante : le nombre de résidents israéliens revenus au pays a chuté de 58 % entre 2009 et 2025, passant de 10 903 à 4 483 retours annuels. Environ un million d'Israéliens, enfants nés à l'étranger compris, vivraient aujourd'hui hors du pays.
Des filières ciblées pour attirer étudiants, médecins et enseignants
Le ministère mise sur des programmes académiques en anglais, désormais proposés à l'université Reichman, au Technion, à l'université Ben Gourion et à l'université Ariel, pour attirer les familles juives inquiètes du climat sur certains campus américains. Environ 5 000 étudiants immigrants suivent actuellement des études en Israël. Les programmes "Or" et "Bereshit", développés avec le professeur Dan Shechtman, proposent à des chercheurs de haut niveau des postes et des subventions pouvant atteindre 1,5 à 1,7 million de shekels sur trois à cinq ans.
Une nouvelle initiative avec le ministère de l'Éducation et Nefesh B'Nefesh vise à recruter des enseignants juifs à l'étranger, en particulier en anglais et en sciences, avec l'objectif qu'ils puissent commencer à travailler une semaine après leur arrivée. Plus de 1 000 médecins ont immigré en Israël au cours des deux dernières années, mais environ 1 300 auraient quitté le pays depuis le 7 octobre 2023, un chiffre qui illustre la complexité du défi démographique auquel fait face le secteur de la santé.
Un accompagnement renforcé pour les soldats immigrants
Le gouvernement a approuvé la mise en place d'un cadre de soutien commun entre le ministère de l'Alya, celui de la Défense et celui des Affaires de la Diaspora pour les soldats immigrants, les réservistes et leurs familles, souvent dépourvus des réseaux familiaux dont bénéficient les Israéliens de longue date. Sankar-Langa évoque notamment le cas de conjointes de réservistes contraintes de gérer seules foyer et emploi durant plusieurs mois. Pour les familles qui envisagent de s'installer durablement, la question du logement reste également centrale ; le guide en huit étapes pour acheter un bien immobilier en Israël publié par immobilier.co.il détaille les démarches à connaître, du choix du bien jusqu'à l'enregistrement au tabou.
Sankar-Langa se dit optimiste pour les cinq prochaines années, estimant qu'une hausse de l'alya est possible si la situation régionale se stabilise et si des programmes plus adaptés à chaque communauté voient le jour. Reste à savoir si les objectifs pour 2026 seront atteints, dans un contexte où la baisse du retour des Israéliens de l'étranger continue de peser sur le bilan migratoire global du pays.
Questions fréquentes
- Combien d'immigrants Israël attend-il en 2026 ?
- Le ministère de l'Alya et de l'Intégration prévoit entre 18 000 et 20 000 nouveaux immigrants pour l'année 2026, un chiffre inférieur à la moyenne des dix dernières années (20 000 à 30 000 par an hors vague liée à l'Ukraine).
- Quels pays connaissent la plus forte hausse de l'alya ?
- La France devrait fournir environ 5 000 immigrants d'ici la fin de l'année, un niveau inédit depuis longtemps, aux côtés d'une progression signalée au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et en Australie.
- Quels sont les principaux freins à l'immigration vers Israël ?
- Selon la directrice générale du ministère de l'Alya, le coût de la vie et la situation sécuritaire du pays restent les deux obstacles majeurs identifiés par les candidats à l'immigration.
Sources : The Jerusalem Post, The Jerusalem Post, The Jerusalem Post




