Netanyahou défend les étudiants de yeshiva et détaille son opposition aux arrestations
Quarante-deux membres de la communauté Habad, de retour de New York, ont été interpellés à l'aéroport Ben-Gourion pour évasion du service militaire ; quarante ont accepté de s'enrôler, deux ont été envoyés en prison militaire. Dans un entretien à la radio Kol Berama, Benjamin Netanyahou a qualifié ces arrestations d'« inacceptables », affirmant qu'« il faut préserver le monde de la Tora, car c'est lui qui nous a préservés », tout en reconnaissant son incertitude sur l'adoption d'une loi de conscription avant la formation du prochain gouvernement.

Les 42 hassidim, revenus d'une année d'étude au siège mondial de Habad à New York, dit « 770 », ont été interceptés mardi à leur arrivée à l'aéroport Ben-Gourion. La police militaire, prévenue à l'avance, a saisi plusieurs passeports avant de conduire le groupe en bus vers le centre de recrutement de Tel Hashomer.
Les faits à l'aéroport Ben-Gourion
Sur les 42 jeunes interpellés, 40 ont finalement accepté de s'engager dans Tsahal et ont été jugés aptes au service. Treize d'entre eux avaient d'abord refusé de coopérer avant de se raviser. Ils ont reçu des peines avec sursis et ont été libérés, en attendant un enrôlement officiel dans les prochaines semaines. Deux autres hassidim, reconnus coupables d'avoir évité le service pendant plus de 540 jours, ont refusé la proposition d'enrôlement immédiat contre une peine avec sursis et ont été envoyés en prison militaire, où des procès pour désertion doivent s'ouvrir.
Netanyahou défend le monde de la Tora, mais pousse à l'enrôlement
Dans un entretien accordé mardi matin à Kol Berama, Netanyahou a estimé que ces arrestations constituent « une tentative délibérée de porter atteinte au processus de recrutement des orthodoxes sans contrainte ». Il a ajouté : « Je respecte profondément le monde de la Tora, mais celui qui n'étudie pas doit aller s'enrôler. » Interrogé sur l'exigence des partis orthodoxes de légiférer avant même la prestation de serment du prochain gouvernement, il s'est montré prudent : « Qui sait ? Cela dépend de la bonne volonté, de la compréhension et de la coopération. » Selon lui, une véritable loi de conscription avait failli être votée lors du mandat précédent, « il ne manquait qu'une seule voix », et il se dit confiant de pouvoir l'adopter lors de la prochaine législature, une loi qui « garantit à la fois le monde de la Tora » et « une nouvelle répartition du fardeau ». Il a par ailleurs écarté tout rapprochement des partis orthodoxes avec Gadi Eisenkot, jugeant qu'un tel scénario resterait « marginal ».
Une controverse politique à l'approche des élections
Naftali Bennett a répliqué point par point à l'interview, accusant Netanyahou d'avoir officialisé un « deal Bibi-Deri » entre exemption de service et maintien au pouvoir. Il dénonce un aval à une exemption massive touchant, selon lui, 120 000 jeunes orthodoxes en bonne santé, et promet de transférer 30 milliards de NIS des non-conscrits vers les soldats et réservistes. Gadi Eisenkot, de son côté, avait déjà opposé un « gouvernement Netanyahou favorable à l'évasion » à un gouvernement prônant la conscription, tandis qu'Avigdor Liberman accuse le Premier ministre d'être « otage » des évadés du service.
Le Likud rejette une « tempête de fausses informations » et rappelle que Netanyahou a toujours affirmé que les haredim refusant l'enrôlement iraient en prison, avançant le chiffre de 23 000 haredim enrôlés en trois ans. Le parti Shas dénonce une « interférence politique » du procureur général en pleine campagne et réclame la libération immédiate des étudiants arrêtés. Des heurts entre manifestants haredim et forces de l'ordre avaient déjà eu lieu le 18 octobre sur la route 90, en signe de protestation contre l'incarcération d'étudiants de yeshiva ayant refusé le service. L'armée s'attend à de nouvelles manifestations de soutien près de Tel Hashomer et de la prison de Kfar Yona.
La controverse intervient alors que le chef d'état-major Eyal Zamir avait averti en mars que Tsahal pourrait s'effondrer sans solution rapide au manque de personnel. Les élections prévues en octobre devraient faire de la conscription des ultra-orthodoxes l'un des enjeux centraux de la campagne, sans qu'aucune loi n'ait encore été votée avant la formation du prochain gouvernement.
Questions fréquentes
- Combien d'étudiants ont été finalement enrôlés après les arrestations à Ben-Gourion ?
- Sur les 42 interpellés, 40 ont accepté de s'engager dans Tsahal et ont été libérés avec sursis ; deux ont été envoyés en prison militaire.
- Une loi sur la conscription des haredim sera-t-elle votée avant le prochain gouvernement ?
- Netanyahou a dit ne pas savoir si cela sera possible avant la formation du prochain gouvernement, évoquant la nécessité de bonne volonté et de coopération.
- Que propose Naftali Bennett en réaction ?
- Il promet de réduire les financements publics aux non-conscrits et de transférer 30 milliards de NIS vers les soldats et réservistes.



