Ronen Bar attaque Netanyahou en diffamation sur la gestion du 7 octobre
L'ancien chef du Shin Bet Ronen Bar a déposé mercredi une plainte en diffamation de trois millions de shekels contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou devant le tribunal de district du Centre, à Lod. Il lui reproche d'avoir publiquement affirmé qu'il avait dissimulé des informations avant le massacre du 7 octobre 2023. Netanyahou a aussitôt répliqué, affirmant que Bar disposait de son numéro personnel et ne l'a jamais appelé cette nuit-là.

La plainte, déposée au tribunal de district du Centre, vise un message publié par Benjamin Netanyahou le 28 septembre sur son compte X, dans lequel le Premier ministre évoquait des « échecs et crimes » imputables à l'ancien chef du Shin Bet dans la conduite du renseignement. Ronen Bar réclame trois millions de shekels de dommages et intérêts, une rectification publique ainsi que la communication des documents détenus par le bureau du Premier ministre. Cette procédure en diffamation intervient après des mois d'accusations croisées entre les deux hommes sur les circonstances ayant conduit au massacre du 7 octobre 2023.
Une chronologie d'avertissements versée au dossier
Au cœur de la plainte figure une chronologie que Bar a lui-même rendue publique, retraçant réunions, documents et mises en garde transmis à Netanyahou entre la fin de l'année 2022 et les jours précédant l'attaque. Selon ce document, Bar aurait alerté le Premier ministre presque chaque semaine sur le risque d'une escalade multi-fronts, en insistant particulièrement sur Gaza et sur la période des fêtes de Tichri. Il affirme avoir proposé, dès juillet 2023, des opérations visant des hauts responsables du Hamas, propositions qui, selon lui, n'ont pas été suivies d'effet. La plainte décrit également une politique de « calme à tout prix » qu'aurait maintenue Netanyahou face à Gaza pendant plusieurs années, incluant selon Bar la tolérance d'un financement du Hamas via le Qatar, en contradiction avec la position défendue par le Shin Bet.
Sur la nuit du 7 octobre elle-même, Bar affirme qu'une alerte du Shin Bet a été transmise à l'ensemble des services de sécurité dès 3h03 du matin, et que le secrétariat militaire du Premier ministre a été informé avant même le début de l'attaque. Il reconnaît en revanche la responsabilité du Shin Bet dans l'échec à fournir un renseignement précis sur la date et l'ampleur de l'offensive, rappelant qu'il avait démissionné de ses fonctions par respect pour les familles endeuillées.
Un numéro de téléphone au centre du différend
Benjamin Netanyahou a répliqué dans la journée, contestant frontalement la version de son ancien chef du renseignement intérieur. « Tu avais mon numéro de téléphone rouge, et tu aurais pu m'appeler immédiatement comme le font tous les chefs de l'appareil sécuritaire », a-t-il déclaré, estimant que des vies auraient pu être sauvées si Bar l'avait averti directement cette nuit-là. De son côté, Bar soutient n'avoir jamais disposé de la ligne personnelle du Premier ministre et affirme que les informations devaient transiter, comme le veut le protocole, par le secrétariat militaire. Ce désaccord sur un point aussi concret illustre l'ampleur de la rupture entre les deux hommes, qui s'opposent également sur des enquêtes visant des proches du Premier ministre et sur de récentes accusations d'usage politique des services de sécurité.
La procédure judiciaire comme étape suivante
Faute de commission d'enquête nationale sur le 7 octobre, Bar affirme vouloir que « la vérité soit établie devant le tribunal » et annonce qu'il exigera la divulgation complète des documents détenus par le bureau du Premier ministre. La procédure ne tranchera pas à elle seule la question de la responsabilité de la défaillance sécuritaire, mais elle pourrait contraindre les deux parties à produire des archives et correspondances jusqu'ici tenues confidentielles. Le dossier doit maintenant suivre son cours devant le tribunal de district, où Netanyahou devra répondre aux accusations de diffamation formulées par son ancien chef du Shin Bet.
Questions fréquentes
- Pourquoi Ronen Bar poursuit-il Benjamin Netanyahou ?
- Il l'accuse d'avoir diffusé de fausses accusations lui imputant la responsabilité de la défaillance sécuritaire du 7 octobre, notamment après un message publié par Netanyahou sur X le 28 septembre.
- Quel montant Ronen Bar réclame-t-il ?
- Il demande trois millions de shekels de dommages et intérêts, une rectification publique et la communication de documents détenus par le bureau du Premier ministre.
- Que répond Netanyahou aux accusations de Bar ?
- Il affirme que Bar disposait de son numéro personnel et aurait pu l'alerter directement dans la nuit du 7 octobre, ce que l'ancien chef du Shin Bet conteste.
Dossier Le 7 octobre et les otages




