Liban : le ministre Katz menace le Hezbollah de nouvelles pertes territoriales

Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a averti mercredi, lors d'une visite dans la zone tampon du sud du Liban, que le Hezbollah perdrait du terrain supplémentaire s'il rejoignait l'Iran dans une attaque contre Israël. Il a cité Nabatieh, le Litani et le quartier de Dahiyeh à Beyrouth comme cibles d'une possible offensive, promettant aussi le même sort à Naïm Qassem qu'à Hassan Nasrallah.

2 min de lecturePar la rédaction
Liban : le ministre Katz menace le Hezbollah de nouvelles pertes territoriales
Photo : Illustration générée par IA

Israël Katz s'est rendu mercredi dans la zone tampon du sud du Liban, accompagné de hauts gradés de Tsahal, dans le cadre de l'opération « Silver Plow » visant les infrastructures du Hezbollah. Devant les caméras, le ministre a lancé l'un de ses avertissements les plus directs au mouvement chiite depuis des mois, liant explicitement son discours à l'hypothèse d'une guerre déclenchée par l'Iran.

Nabatieh et le Litani dans le viseur

Selon Katz, si le Hezbollah s'associe à une offensive iranienne contre Israël, le mouvement « essuiera un coup sévère » et perdra de nouveaux territoires dans le sud du Liban, dans les secteurs de Nabatieh et du fleuve Litani, qui seraient alors rattachés à la zone de sécurité permanente israélienne. Il a assuré que « Tsahal est prête à exécuter la manœuvre », évoquant une offensive terrestre déjà planifiée. D'après le Jerusalem Post, c'est la première fois depuis plusieurs mois qu'un responsable israélien formule aussi précisément une menace sur Nabatieh, un secteur que l'armée espérait déjà saisir avant que le président américain Donald Trump n'impose un cessez-le-feu plus large. Des officiers de Tsahal avaient d'ailleurs exprimé leur frustration de ne pas avoir pu prendre ce bastion, l'un des principaux centres de commandement du Hezbollah dans le sud.

Un plan qui s'étendrait jusqu'à Beyrouth

Le ministre a détaillé un scénario d'ampleur régionale. La population chiite installée jusqu'aux fleuves Awali et Zahrani serait déplacée vers le nord, le temps que Tsahal détruise les infrastructures terroristes de la zone. Le quartier de Dahiyeh, fief du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth déjà évacué à deux reprises depuis 2024, serait de nouveau vidé et ses installations frappées. Au total, plus d'un million de chiites se retrouveraient déplacés à travers le Liban, un mouvement de population d'une ampleur inédite. Katz a répété qu'Israël ne se retirerait d'aucune des zones de sécurité déjà conquises tant que la menace contre la Galilée et le Golan subsistera. Il a également averti le chef actuel du Hezbollah, Naïm Qassem, qu'il pourrait connaître le même sort que Hassan Nasrallah, éliminé par Israël, affirmant que Qassem risquait de détruire totalement la communauté chiite libanaise « jusqu'à ce que lui aussi soit éliminé ».

Rhétorique électorale ou nouvelle ligne stratégique

Cette sortie intervient alors que les élections législatives israéliennes sont prévues le 27 octobre, une échéance qui pousse régulièrement Katz et le premier ministre Benjamin Netanyahou à multiplier les mises en garde contre les adversaires d'Israël. Le Jerusalem Post souligne que beaucoup de ces déclarations, en période électorale, restent sans suite militaire concrète, même si des actions ponctuelles contre le Hezbollah se poursuivent sur le terrain. De fait, JNS rapporte que des soldats de la 810e brigade ont découvert cette semaine, près de Kfarchouba, une position du Hezbollah avec un engin explosif prêt à être déclenché. Tsahal maintient par ailleurs son contrôle sur une large bande du sud du Liban, jusqu'à dix kilomètres de la frontière, pour empêcher les tirs de missiles antichars du mouvement. Aucune date n'a été avancée pour une éventuelle extension de l'offensive ; la question reste suspendue à la décision du Hezbollah de s'associer ou non à un futur affrontement avec l'Iran.

Questions fréquentes

Quelles zones Israël menace-t-il de conquérir au Liban ?
Le ministre Katz a cité Nabatieh et la région du fleuve Litani, ainsi qu'une évacuation possible du quartier de Dahiyeh à Beyrouth, en cas d'attaque conjointe de l'Iran et du Hezbollah.
Pourquoi Katz a-t-il formulé cette menace maintenant ?
La déclaration intervient pendant la campagne pour les élections législatives israéliennes du 27 octobre, période où les responsables multiplient les mises en garde contre les adversaires d'Israël.
Le Hezbollah a-t-il déjà perdu du territoire au Liban ?
Tsahal contrôle déjà une bande du sud du Liban jusqu'à dix kilomètres de la frontière et a évacué deux fois le quartier de Dahiyeh depuis 2024, selon les sources citées.

Dossier Hezbollah et Liban

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