L'Iran détient plus de neuf tonnes de matières nucléaires hors des contrôles de l'AIEA, selon Israël
Le directeur général de la Commission israélienne de l'énergie atomique a affirmé, lors de la conférence générale de l'AIEA, que Téhéran conserve plus de neuf tonnes de matériel nucléaire échappant à toute vérification internationale. Cette alerte intervient une semaine après le renvoi de l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour manquement à ses obligations de non-prolifération.

Devant la 70e conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique, réunie à Vienne, Moshe Edri, à la tête de la Commission israélienne de l'énergie atomique, a mis en garde contre l'ampleur du stock nucléaire iranien soustrait aux inspecteurs. Selon lui, l'Iran dispose de plus de neuf tonnes de matières fissiles non couvertes par les garanties de l'agence, dont 440 kilogrammes d'uranium enrichi, une quantité qu'il juge suffisante pour fabriquer plus de dix dispositifs explosifs.
Un régime accusé de poursuivre son programme militaire
Pour Moshe Edri, ces chiffres témoignent d'une stratégie iranienne inchangée : reconstruire les capacités balistiques du pays tout en dissimulant et en développant son programme atomique, en violation des résolutions du Conseil de sécurité. Il a évoqué les menaces répétées de Téhéran contre Israël, les États-Unis et les monarchies du Golfe comme la preuve d'une ligne politique délibérément agressive. Le responsable israélien a également accusé le régime iranien d'utiliser des drones contre des installations nucléaires civiles et de s'appuyer sur un réseau de milices affiliées, le Hezbollah, le Hamas et les Houthis au Yémen, pour projeter son influence hors de ses frontières.
Cette sortie survient quelques jours après un vote inédit du conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui a saisi le Conseil de sécurité pour la première fois en vingt ans afin de sanctionner des manquements iraniens aux engagements de non-prolifération. Téhéran avait menacé de riposter si le texte était adopté, mais sa mission auprès de l'agence ne s'est pas exprimée sur d'éventuelles représailles dans les heures qui ont suivi le vote.
La référence au précédent syrien
Moshe Edri a par ailleurs salué le travail du directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, sur le dossier des manquements nucléaires syriens sous le régime de Bachar el-Assad. Il a rappelé que l'opération menée par Israël en 2007 contre le réacteur de Deir ez-Zor avait, selon lui, empêché Damas d'acquérir une capacité nucléaire militaire. Cette référence vise à illustrer la constance de la doctrine israélienne face à toute tentative de prolifération dans la région, qu'elle vienne de Damas ou de Téhéran.
Le responsable israélien s'en est enfin pris à l'inscription récurrente, à l'ordre du jour de la conférence, d'un point consacré aux capacités nucléaires israéliennes, réclamé chaque année par le groupe arabe. Il a qualifié cette démarche de manœuvre politique étrangère au mandat statutaire de l'agence, dénonçant un mélange contestable entre débats techniques et enjeux diplomatiques.
Vers une pression accrue avant l'assemblée de l'ONU
Ces déclarations interviennent alors que l'assemblée générale des Nations unies doit se réunir prochainement, offrant à Israël une tribune supplémentaire pour maintenir la pression diplomatique sur le dossier iranien. Le renvoi au Conseil de sécurité, conjugué à ces nouvelles estimations sur le stock de matières fissiles, place la communauté internationale face à la question de sanctions renforcées ou d'un mécanisme de vérification élargi. Aucune décision formelle du Conseil de sécurité n'a pour l'instant été annoncée à la suite du vote de l'AIEA.
Questions fréquentes
- Combien de matériel nucléaire l'Iran détiendrait-il hors des contrôles de l'AIEA ?
- Plus de neuf tonnes de matières, dont 440 kilogrammes d'uranium enrichi, selon Moshe Edri, de la Commission israélienne de l'énergie atomique.
- Que reproche l'AIEA à l'Iran depuis une semaine ?
- Le conseil des gouverneurs de l'agence a saisi le Conseil de sécurité de l'ONU pour manquement aux obligations de non-prolifération, une première en vingt ans.
- Pourquoi Israël évoque-t-il le précédent syrien ?
- Pour illustrer sa doctrine constante contre la prolifération régionale, en rappelant l'opération de 2007 contre le réacteur de Deir ez-Zor.
Sources : The Jerusalem Post, JForum





