Gaza : plus de 75 responsables militaires américains rejettent l'accusation de génocide contre Israël

Plus de 75 anciens généraux, amiraux et juristes militaires américains ont signé une lettre ouverte rejetant les accusations de génocide visant Israël à Gaza. Le texte, publié le jour du troisième anniversaire du massacre du 7 octobre, affirme que Tsahal a pris des mesures inédites pour protéger les civils. Ses auteurs mettent en garde contre les conséquences d'une utilisation politique du mot « génocide ».

2 min de lecture2 vuesPar la rédaction
Gaza : plus de 75 responsables militaires américains rejettent l'accusation de génocide contre Israël
Photo : Illustration générée par IA

Une lettre ouverte signée par plus de 75 hauts responsables militaires et juristes américains à la retraite rejette les accusations de génocide portées contre Israël à Gaza. Le texte, organisé par le Jewish Institute for National Security of America (JINSA), a été rendu public le jour anniversaire du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Les signataires, parmi lesquels d'anciens commandants des forces américaines au combat, estiment que l'accusation ne repose sur aucun fait établi et ne répond pas à la définition juridique du génocide.

Des militaires de carrière contestent le terme de génocide

Les signataires rappellent que la Convention de 1948 sur le génocide exige une intention spécifique de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Selon eux, des pertes civiles, même massives, ne suffisent pas à établir cette intention. « Les morts civiles survenues pendant un combat, aussi tragiques soient-elles, sont insuffisantes, à elles seules, pour établir une intention génocidaire », écrivent-ils. Le président de JINSA, Michael Makovsky, va plus loin : « Accuser Israël de génocide à Gaza est obscène. Cela déforme gravement la vérité, les faits et le droit. »

La lettre critique également les bilans de victimes utilisés pour étayer l'accusation, notant que les chiffres transmis par le Hamas ne distinguent pas les civils des combattants. Pour les signataires, fonder une qualification aussi grave sur ces seules données revient à ignorer la réalité du terrain.

Les précautions prises par Tsahal mises en avant

Les auteurs du texte énumèrent une série de mesures attribuées à Tsahal pour limiter les pertes civiles : avertissements préalables, consignes d'évacuation, couloirs protégés, pauses tactiques, examens juridiques des cibles et annulations de frappes lorsque des civils étaient présents. Selon eux, ces précautions ont parfois contraint les forces israéliennes à renoncer à des avantages tactiques et à exposer davantage leurs propres soldats.

La lettre ne minimise pas les souffrances endurées par la population civile de Gaza. Les signataires, forts de leur expérience du commandement de troupes américaines, affirment que des pertes civiles peuvent survenir même lorsqu'une armée cherche à respecter le droit des conflits armés. Ils distinguent par ailleurs les déclarations de responsables politiques israéliens, qu'ils jugent parfois inappropriées, de la conduite opérationnelle de Tsahal, estimant que des propos ne constituent pas en eux-mêmes une preuve d'intention génocidaire.

Un précédent jugé dangereux pour les armées occidentales

Les signataires avertissent que l'adoption d'une définition élargie du génocide créerait un précédent dangereux, susceptible d'encourager des adversaires à dissimuler leurs combattants parmi les civils pour ensuite exploiter les pertes à des fins de communication. « Le précédent établi aujourd'hui concernant Israël déterminera les conditions dans lesquelles les forces américaines combattront demain », écrivent-ils.

La Cour internationale de justice examine actuellement la plainte déposée par l'Afrique du Sud contre Israël pour génocide, sans avoir encore statué sur le fond. L'Irlande est intervenue dans cette procédure pour demander une interprétation élargie de la notion de génocide. La décision de la CIJ sur le fond de l'affaire reste attendue.

Questions fréquentes

Qui a organisé cette lettre ouverte ?
Le Jewish Institute for National Security of America (JINSA), un groupe de réflexion américain, a coordonné la rédaction et la diffusion du texte signé par plus de 75 anciens responsables militaires et juristes.
Sur quoi s'appuie leur rejet de l'accusation de génocide ?
Ils estiment que les pertes civiles ne suffisent pas à établir l'intention spécifique exigée par la Convention sur le génocide, et citent les mesures de protection des civils mises en œuvre par Tsahal.
Où en est la procédure devant la Cour internationale de justice ?
La CIJ examine toujours la plainte de l'Afrique du Sud contre Israël et n'a pas encore rendu de décision sur le fond de l'affaire.

Dossier Gaza et le Hamas

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