AIPAC renonce aux dons directs aux candidats et mise sur son super PAC

Le lobby pro-israélien AIPAC a annoncé mercredi qu'il cesserait d'endosser officiellement des candidats et de leur verser des contributions directes via son comité d'action politique. L'organisation maintient en revanche son super PAC, United Democracy Project, et mise désormais sur les dons individuels de ses membres.

3 min de lecture7 vuesPar la rédaction
AIPAC renonce aux dons directs aux candidats et mise sur son super PAC
Photo : Illustration générée par IA

L'American Israel Public Affairs Committee a notifié ce changement dans une lettre adressée à ses membres mercredi soir, après plusieurs revers électoraux dans des courses clés et une pression croissante d'activistes hostiles à son influence. La décision, présentée comme permanente, met fin à trois cycles électoraux d'engagement direct via le comité d'action politique (PAC) de l'organisation.

Un virage annoncé par lettre aux membres

Signée par le président d'AIPAC Bernie Kaminetsky, le président du conseil Michael Tuchin, le président désigné Yehuda Neuberger et le directeur général Elliot Brandt, la lettre explique que « pour gagner la bataille pour l'avenir de notre pays et de l'alliance américano-israélienne, nous devons bâtir une opération politique plus stratégique, plus solide et plus flexible ». Les dirigeants précisent que « les soutiens officiels, les contributions directes du PAC et les dons fléchés ne feront plus partie de notre approche », au profit d'un renforcement des dons individuels.

La loi fédérale limite les contributions directes d'un PAC à environ 10 000 dollars par candidat et par cycle électoral, une somme désormais jugée marginale par l'organisation. Selon une porte-parole d'AIPAC, les membres de l'organisation ont versé plus de 90 millions de dollars directement aux candidats lors de ce cycle, contre environ 3 millions de dollars apportés par le PAC lui-même. « Notre mesure du succès est la solidité de la relation américano-israélienne », a-t-elle indiqué, ajoutant que l'organisation concentre désormais ses ressources sur « les contributions directes des membres d'AIPAC aux candidats ».

Le super PAC United Democracy Project conservé

Malgré la fin des soutiens formels, AIPAC conserve son super PAC, United Democracy Project, lancé en 2021 avant les élections de mi-mandat de 2022. Cette structure distincte ne verse aucune somme directement aux campagnes et ne peut coordonner son action avec les candidats, mais elle peut dépenser sans limite pour des campagnes publicitaires indépendantes, en soutien ou en opposition à des candidats.

Le changement de stratégie intervient dans un climat de tensions politiques croissantes. L'affiliation à AIPAC est devenue, selon l'organisation, une cible pour des activistes aussi bien progressistes que d'extrême droite, poussant certains élus démocrates, dont le sénateur du New Jersey Cory Booker, à refuser tout financement provenant de comités d'action politique, AIPAC ou non. Des organisations militantes, comme TrackAIPAC, ont par ailleurs commencé à identifier des donateurs juifs et pro-israéliens individuels en qualifiant leurs dons de « fonds AIPAC », une pratique dénoncée comme antisémite par l'organisation. En supprimant son label officiel, AIPAC espère rendre cette identification plus difficile. Plus tôt cette année, l'organisation avait déjà suspendu la collecte de fonds pour dix-huit élus démocrates de la Chambre des représentants après leur vote en faveur d'une réduction de l'aide sécuritaire américaine à Israël.

Des revers électoraux malgré des moyens considérables

AIPAC revendique avoir contribué à la victoire de 290 candidats favorables à Israël et à la défaite de 29 candidats jugés hostiles au cours de ce cycle. L'organisation a toutefois essuyé plusieurs échecs marquants. Dans la primaire démocrate au Sénat du Michigan, United Democracy Project a dépensé des dizaines de millions de dollars, selon les sources, contre la candidature d'Abdul El-Sayed, sans empêcher sa victoire face à la représentante Haley Stevens. Dans le New Jersey, les attaques publicitaires du super PAC ont affaibli l'ancien représentant Tom Malinowski, facilitant la victoire de la candidate progressiste Analilia Mejia, qui avait accusé Israël de « génocide » à Gaza. Le super PAC a également dépensé plusieurs millions de dollars pour tenter d'évincer le représentant républicain Thomas Massie, qui a finalement perdu son siège. À l'inverse, dans le New Hampshire, le soutien d'AIPAC a contribué aux victoires de Chris Pappas et de Maggie Goodlander face à des adversaires tenant des propos similaires sur Israël.

AIPAC indique déjà se préparer au cycle présidentiel de 2028, qu'elle juge plus exigeant encore pour la mobilisation de ses soutiens. La transition vers un système de dons individuels, sans passage par le portail de l'organisation, devrait être pleinement opérationnelle dès les prochaines campagnes de collecte de fonds.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui change concrètement pour AIPAC ?
L'organisation arrête d'endosser officiellement des candidats et de leur verser des contributions directes via son comité d'action politique. Elle encourage désormais ses membres à donner directement aux candidats, sans que le nom d'AIPAC apparaisse dans les rapports de financement de campagne.
Le super PAC d'AIPAC disparaît-il aussi ?
Non. United Democracy Project, le super PAC lié à AIPAC, continue de fonctionner normalement. Il peut dépenser sans limite pour soutenir ou combattre des candidats, à condition de ne pas coordonner son action avec eux.
Pourquoi AIPAC a-t-il pris cette décision ?
L'organisation évoque une volonté de bâtir une stratégie politique plus efficace, face à la pression d'activistes qui ciblaient les candidats soutenus par son label et aux critiques visant l'association de certains élus à AIPAC.

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