Pinouï-binouï en Israël : le seuil de majorité abaissé accélère les projets en cours
Le seuil de majorité requis pour lancer un projet de pinouï-binouï est aujourd'hui plus bas qu'il y a quelques années, autour des deux tiers des propriétaires au lieu de 80 %. Pour un propriétaire francophone qui possède un appartement en Israël sans y résider, cela signifie que des immeubles jusque-là bloqués peuvent désormais basculer plus vite vers la démolition-reconstruction, parfois sans qu'il ait suivi l'évolution du dossier.

Des copropriétés qui peinaient depuis des années à réunir leurs propriétaires autour d'un projet de pinouï-binouï voient aujourd'hui le seuil requis plus facile à atteindre. Ce changement de règle, discret sur le papier, a des conséquences concrètes pour les propriétaires qui vivent en France et suivent leur bien de loin.
Un seuil de majorité abaissé, un calendrier qui s'accélère
Longtemps fixé à 80 % des appartements, le seuil de majorité qualifiée nécessaire pour engager un projet de pinouï-binouï se situe désormais, sous certaines conditions, autour des deux tiers des propriétaires, avec une exigence parallèle sur les parties communes. Concrètement, un immeuble qui restait bloqué faute de consensus peut désormais franchir le cap plus rapidement. Pour le propriétaire absent, cela réduit la marge de manœuvre : le temps entre l'annonce d'un projet et la signature effective se resserre.
Ce que change ce seuil pour le propriétaire qui hésite
Un propriétaire qui refuse de signer une fois la majorité atteinte devient un dayar sarvan, un récalcitrant, exposé à une action de ses voisins devant le tribunal. Le seuil plus bas signifie qu'un nombre croissant de dossiers atteignent ce point plus tôt. Un refus fondé sur des garanties insuffisantes ou l'absence de relogement adapté reste légitime, mais un refus motivé par le seul souhait d'obtenir davantage que les autres s'expose désormais plus vite à une décision de justice, voire à la désignation d'un mandataire pour signer à sa place.
Procuration et signature à distance : anticiper plutôt que subir
La conséquence pratique de cette accélération concerne d'abord les propriétaires qui ne peuvent pas se déplacer en Israël au moment décisif. Le contrat définitif se signe devant l'avocat des propriétaires, en Israël, mais une procuration précise, établie devant un notaire israélien, le consulat d'Israël en France, ou un notaire français avec apostille et traduction, permet de signer à distance. Avec un calendrier de projet raccourci par le nouveau seuil, préparer cette procuration en amont, plutôt qu'au dernier moment, évite de retarder l'ensemble de la copropriété.
Le Tabou, premier réflexe avant toute décision
Un projet qui avance plus vite laisse moins de temps pour régulariser une situation ancienne. Un propriétaire doit vérifier dès maintenant l'extrait du registre foncier, le Tabou : le bien est-il bien inscrit à son nom, ou encore à celui d'un parent décédé dont la succession n'a jamais été traitée ? Une hypothèque ou une hé'arat azhara ancienne peuvent aussi bloquer la signature. Régulariser une succession prend souvent plusieurs mois ; avec des projets qui franchissent le seuil de majorité plus rapidement, ce délai devient un facteur de risque réel.
Ces évolutions ne dispensent pas d'un examen au cas par cas : le seuil exact et les conditions de majorité se vérifient projet par projet, tout comme les garanties bancaires et le régime fiscal applicable à l'échange. Le guide complet sur immobilier.co.il détaille les droits du propriétaire avant de signer, la procuration depuis la France et la conduite à tenir face à un promoteur.
Questions fréquentes
- Le seuil de majorité pour un pinouï-binouï est-il le même dans tous les projets ?
- Non. Le seuil s'est abaissé par la loi, autour des deux tiers des propriétaires sous conditions, mais les modalités exactes, notamment sur les parties communes, se vérifient projet par projet.
- Que risque un propriétaire qui refuse de signer une fois la majorité atteinte ?
- Il devient un dayar sarvan et s'expose à une action de ses voisins devant le tribunal. Un refus jugé abusif peut entraîner une indemnisation, voire la désignation d'un mandataire pour signer à sa place.
- Peut-on signer le contrat de pinouï-binouï sans se déplacer en Israël ?
- Oui, par procuration, à condition qu'elle soit précise et établie dans une forme reconnue en Israël : notaire israélien, consulat d'Israël en France, ou notaire français avec apostille et traduction.
Sources : immobilier.co.il — blog




