Un professeur de Bar-Ilan inculpé pour un projet d'attentats de masse contre des Arabes israéliens
Un enseignant de mathématiques de l'université Bar-Ilan, âgé d'une soixantaine d'années, est inculpé pour avoir préparé pendant plusieurs années une série d'attaques terroristes coordonnées contre des citoyens arabes israéliens et des Palestiniens. Arrêté le 17 septembre, il demande à être assigné à résidence, invoquant des copies à corriger. Son identité reste protégée par une interdiction de publication jusqu'au 7 octobre à midi.

Le suspect, résident de Petah Tikva, a comparu lundi devant le tribunal de district de Lod. Il est poursuivi pour préparation d'un acte terroriste au titre de la loi israélienne de lutte contre le terrorisme, extorsion par menace et entrave à la justice. L'enquête a démarré après que le Shin Bet a reçu de premières informations sur son projet, avant que le dossier ne soit transmis à l'unité des crimes majeurs de la police du district central.
Un plan baptisé « Ayit » préparé depuis 2023
Selon l'acte d'accusation, le suspect a développé pendant des années un plan détaillé nommé « Ayit », acronyme hébreu signifiant « le peuple effectuera le transfert ». Il aurait voulu recruter 71 complices juifs supplémentaires, pour former 72 participants répartis en douze cellules de six personnes, dont la moitié au moins devait détenir un permis de port d'arme. Les cellules devaient être équipées de pistolets, de fusils, de haches et de marteaux, et frapper simultanément des villes mixtes judéo-arabes ainsi que des localités arabes et bédouines, l'objectif affiché étant de tuer des centaines de personnes et de pousser durablement les Arabes et les Palestiniens vers la Jordanie, le Liban et la bande de Gaza.
Le dossier d'accusation évoque aussi un volet plus large : le suspect espérait recruter des militaires de Tsahal sympathisants à sa cause, pour obtenir un soutien coordonné incluant des frappes aériennes et un appui d'artillerie contre des centres de population arabes. Ses instructions manuscrites appelaient à ne montrer aucune pitié, y compris envers les femmes et les enfants, et à s'emparer rapidement des points de passage, des routes et des accès aux localités arabes, aux villes mixtes et aux hôpitaux. Une reconnaissance a été menée près de la communauté bédouine de Tuba-Zangariyye, présentée comme une cible centrale du plan.
Les préparatifs se sont étalés de février 2023 jusqu'à son arrestation le mois dernier, avec des repérages, des documents manuscrits détaillés et des tentatives répétées de recrutement. Selon le parquet, sa démarche a débuté après les violences intercommunautaires de mai 2021 puis s'est intensifiée après le 7 octobre et la guerre qui a suivi. Pour dissimuler ses activités, l'accusé aurait porté un masque, un chapeau et des lunettes de soleil, utilisé les faux noms « Menachem » ou « Menachem Livneh », et emprunté les téléphones de passants pour ses contacts.
Une tentative avortée de recrutement autour de Moshe Feiglin
Pendant environ un an et demi, le suspect a tenté sans succès de trouver des complices. Il aurait notamment cherché à approcher le chef du parti Zehut, Moshe Feiglin, en assistant à deux de ses événements publics et en essayant de lui remettre un résumé de son plan, sans jamais obtenir de réponse. Il y a environ un mois, il lui aurait adressé une lettre de menace, promettant de la publier s'il n'obtenait pas sa coopération, avant de la faire parvenir à son domicile par l'intermédiaire d'une voisine, puis de remettre d'autres copies au directeur général du parti lors d'un rassemblement au marché Mahane Yehuda de Jérusalem.
Zehut a indiqué avoir contacté la police dès réception des lettres et déposé une plainte formelle. Moshe Feiglin a remercié les forces de l'ordre et demandé que la procédure judiciaire soit menée jusqu'à son terme.
Bar-Ilan suspend l'enseignant, le parquet demande son maintien en détention
L'université Bar-Ilan a annoncé la suspension immédiate de l'enseignant, en attendant l'issue de la procédure. Elle a condamné « dans les termes les plus forts » les actes qui lui sont reprochés, les qualifiant d'incompatibles avec les valeurs juives, israéliennes et humaines, et a appelé la police et le parquet à poursuivre l'affaire jusqu'au bout si les accusations étaient confirmées.
Le parquet demande le maintien en détention du suspect jusqu'à la fin de la procédure, invoquant une motivation nationaliste et idéologique, des préparatifs étendus sur plusieurs années et un contexte sécuritaire tendu, qu'il juge révélateurs d'un danger immédiat pour des individus, le public et l'État. Devant le tribunal, l'accusé a demandé à être assigné à résidence, affirmant ne représenter de danger pour personne et avoir des examens à corriger chez lui. Il a aussi dit craindre pour sa sécurité en détention, évoquant des gardiens musulmans informés de son dossier.
L'interdiction de publier son identité a été prolongée jusqu'au 7 octobre à midi, ses avocats ayant fait valoir que l'affaire pourrait nuire à l'image d'Israël à l'étranger et exposer des membres de sa famille installés en Australie.
Questions fréquentes
- De quoi le professeur de Bar-Ilan est-il accusé ?
- Il est inculpé pour préparation d'un acte terroriste, extorsion par menace et entrave à la justice, pour avoir planifié des attaques coordonnées contre des citoyens arabes et des Palestiniens.
- Pourquoi son identité n'est-elle pas publiée ?
- Un tribunal de Lod a maintenu une interdiction de publication de son nom jusqu'au 7 octobre à midi, à la demande de ses avocats.
- Quel rôle a joué Moshe Feiglin dans l'affaire ?
- Le suspect a tenté de le recruter puis l'a menacé par lettre pour obtenir son aide ; Zehut a porté plainte dès réception des menaces.




