Smotrich appelle à défier la Haute Cour sur le retour de Palestiniens à Jénine
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a demandé à Benjamin Netanyahou et à Israël Katz d'ordonner à Tsahal de ne pas appliquer une décision de la Haute Cour de justice sur un éventuel retour de Palestiniens dans les camps de Jénine, Tulkarem et Nur Shams. La décision, qui ne fixe aucun retrait ni retour immédiat, donne à l'État jusqu'au 23 novembre 2026 pour répondre.

Bezalel Smotrich, ministre des Finances et également ministre au sein du ministère de la Défense, a appelé lundi le premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz à instruire Tsahal de ne pas coopérer avec la Haute Cour de justice. En cause, une décision rendue dimanche exigeant de l'État des précisions sur les conditions d'un retour de résidents palestiniens dans les camps de Jénine, Tulkarem et Nur Shams, en territoires de Judée et Samarie.
Ce que dit la décision de la Haute Cour
La décision a été rendue par le président de la Cour suprême Isaac Amit, aux côtés des juges Alex Stein et Khaled Kabub, en réponse à une pétition déposée par des résidents palestiniens et par l'Association for Civil Rights in Israel. Les juges relèvent qu'environ un an et neuf mois se sont écoulés depuis le début de l'opération militaire dans ces camps, alors que l'État reconnaît lui-même que les conditions sécuritaires nécessaires au retour des habitants ne sont toujours pas réunies. La Cour a demandé à l'État de fournir, d'ici le 23 novembre 2026, un calendrier pour l'achèvement des mesures restantes, d'indiquer si ce calendrier peut être accéléré, et de répondre aux griefs des requérants sur l'aide humanitaire fournie à la population locale. La décision n'ordonne ni le retour immédiat des habitants, ni un retrait de Tsahal des camps.
La charge de Smotrich contre les juges
Dans un communiqué intitulé « avertissement stratégique face à la décision irresponsable de la Haute Cour de ramener des Arabes dans les foyers du terrorisme à Jénine et Tulkarem », Smotrich accuse les trois juges de « mettre en danger la sécurité d'Israël ». Il les compare à leur intervention jugée néfaste à Gaza avant le 7 octobre et affirme qu'ils devraient eux-mêmes faire l'objet d'une enquête sur les défaillances sécuritaires ayant précédé le massacre. Il demande au gouvernement de ne pas suivre les instructions de la Cour : « J'appelle le premier ministre et mon collègue le ministre de la Défense à instruire Tsahal de ne pas coopérer avec la Cour et à ne pas permettre la reconstitution des camps terroristes. » Pour le ministre, les questions de sécurité nationale « ne relèvent pas du contrôle judiciaire » et doivent rester entre les mains des seuls responsables élus. Il réaffirme sa détermination à poursuivre la réforme judiciaire en Israël.
D'autres voix de la coalition s'élèvent
Le président du Conseil Yesha, Yisrael Ganz, a lui aussi condamné la décision, estimant qu'elle pourrait conduire à « un nouveau 7 octobre » et citant les localités israéliennes de Netanya, Kfar Yona et Afoula comme potentiellement exposées. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a également visé la Haute Cour sur les réseaux sociaux, sans citer directement la décision, en affirmant que seule la nomination de Tally Gotliv comme ministre de la Justice pourrait « remettre la Haute Cour à sa juste place ».
La suite de la procédure
L'État dispose désormais jusqu'au 23 novembre 2026 pour transmettre à la Cour le calendrier demandé sur les mesures restantes, la possibilité de les accélérer et ses réponses sur l'aide humanitaire. Aucun retrait de Tsahal ni retour de résidents n'est prévu avant cette échéance. La tension entre l'exécutif et la Haute Cour sur la judiciarisation des questions sécuritaires reste, elle, entière au sein de la coalition.
Questions fréquentes
- Que demande exactement la Haute Cour de justice à l'État ?
- Elle exige, d'ici le 23 novembre 2026, un calendrier des mesures restantes pour permettre le retour des résidents, la possibilité de l'accélérer, et une réponse sur les griefs relatifs à l'aide humanitaire. Elle n'ordonne ni retour immédiat ni retrait de Tsahal.
- Que demande Smotrich au gouvernement ?
- Il demande à Netanyahou et à Israël Katz d'instruire Tsahal de ne pas coopérer avec la décision de la Haute Cour, estimant que les questions de sécurité ne relèvent pas du contrôle judiciaire.
- Qui sont les juges visés par les critiques ?
- Le président de la Cour suprême Isaac Amit et les juges Alex Stein et Khaled Kabub, auteurs de la décision contestée.
Dossier Judée et Samarie




