Procès Netanyahou : Mandelblit admet ne pas avoir autorisé plusieurs actes d'enquête
Devant le tribunal de district de Jérusalem, l'ancien procureur général Avichai Mandelblit a reconnu lundi ne pas avoir donné son feu vert à plusieurs actes d'enquête dans l'affaire Netanyahou, notamment dans le dossier 4000. Son témoignage, réclamé par la défense, intervient à quinze jours de l'élection du 27 octobre.

Appelé à la barre pour la deuxième journée consécutive, Avichai Mandelblit a confirmé n'avoir ni connu ni autorisé plusieurs étapes déterminantes des enquêtes qui ont conduit à la mise en examen de Benjamin Netanyahou en 2019. Selon la loi fondamentale sur le gouvernement, toute enquête criminelle visant un Premier ministre en exercice exige le consentement préalable du procureur général.
Des actes d'enquête sans son feu vert
Mandelblit a admis ne pas avoir été informé, en 2017, du plan de l'Autorité des valeurs mobilières visant à pousser Shlomo Filber, ancien directeur général du ministère des Communications, à devenir témoin à charge dans le dossier 4000, le plus grave des trois, qui porte sur un présumé échange de faveurs réglementaires envers Bezeq contre une couverture favorable sur le site Walla. Interrogé sur un échange entre la procureure Liat Ben Ari et un enquêteur, où il était répondu à Filber que "le prix sera fixé selon le contenu" des informations fournies, Mandelblit a reconnu que cela ressemblait à "une négociation pour un témoin à charge", tout en assurant ne jamais l'avoir autorisée.
L'ancien procureur général a également affirmé n'avoir jamais approuvé la mise sur écoute de Natan Eshel, ancien directeur de cabinet de Netanyahou, dans le dossier 2000, centré sur des discussions avec l'éditeur de Yediot Aharonot Arnon Mozes. "C'était un acte d'enquête qui m'a mis en colère et que j'ai annulé", a-t-il déclaré. Il a dit ignorer les pressions exercées sur un second témoin, Nir Hefetz, ancien conseiller médias de Netanyahou, menacé de voir des éléments de sa vie privée révélés. Mandelblit a jugé que "certaines choses inappropriées" avaient été commises à l'égard des témoins à charge, sans toutefois ouvrir d'enquête sur ces agissements.
La défense dénonce des manœuvres cachées
L'avocat de Netanyahou, Amit Haddad, a soutenu que les enquêteurs avaient engagé la collecte de matériel visant le Premier ministre, notamment des courriels du compte de Shaul Elovitch, avant même l'autorisation formelle de Mandelblit. Ce dernier a distingué les actes d'enquête ponctuels de la décision d'ouvrir une instruction contre le chef du gouvernement, estimant qu'il n'avait pas à valider chaque détail, y compris l'enquête sur les cigares et le champagne offerts par l'homme d'affaires Arnon Milchan.
Face aux accusations de dissimulation, Mandelblit a répondu qu'il serait "très surpris" que l'accusation lui ait sciemment caché des éléments, affirmant conserver "une pleine confiance" dans les procureurs. Les échanges se sont tendus lorsque Haddad a accusé le parquet d'avoir induit Mandelblit en erreur, provoquant l'objection de la procureure Yehudit Tirosh, qui y a vu une attaque personnelle. Les juges ont suspendu l'audience une quinzaine de minutes avant de la reprendre.
Le procès entre dans sa phase finale avant l'élection
Ouvert en mai 2020, le procès réunit les dossiers 1000, 2000 et 4000, qui valent à Netanyahou des chefs d'accusation de fraude, abus de confiance et corruption. Il nie toute faute. La défense a demandé sept jours d'audition de Mandelblit, répartis entre les 11 et 12 octobre puis du 18 au 22 octobre, juste avant le scrutin du 27 octobre.
Le témoignage se déroule alors que Netanyahou a déposé, en novembre 2025, une demande de grâce auprès du président Isaac Herzog pour mettre fin à la procédure sans reconnaître sa culpabilité. Le ministère de la Justice ne l'a pas recommandée, contrairement au ministre du Patrimoine Amichai Eliyahou. Herzog a indiqué vouloir épuiser d'abord les efforts de médiation entre les parties ; en septembre, Netanyahou n'avait pas encore répondu à sa proposition.
Questions fréquentes
- Qui est Avichai Mandelblit ?
- Ancien procureur général d'Israël, il a autorisé les enquêtes contre Benjamin Netanyahou puis décidé de le mettre en examen fin 2019, avant de témoigner comme témoin de la défense en 2026.
- Que reproche la défense de Netanyahou aux enquêteurs ?
- D'avoir mené des actes d'enquête, notamment des tentatives de recrutement de témoins à charge, sans l'autorisation du procureur général, pourtant exigée par la loi pour enquêter sur un Premier ministre en exercice.
- Où en est la demande de grâce de Netanyahou ?
- Déposée en novembre 2025 auprès du président Isaac Herzog, elle n'a pas été recommandée par le ministère de la Justice ; Herzog privilégie d'abord une médiation entre les parties.




