Michigan : un sommet resserre les liens économiques entre Israël et les États-Unis
Une cinquantaine de responsables économiques israéliens et américains se sont réunis à Detroit pour le premier US-Israel Innovation Exchange Summit. Objectif affiché : coordonner les efforts d'attraction d'entreprises israéliennes alors que les tensions politiques autour du soutien à Israël gagnent du terrain aux États-Unis. Le rassemblement s'est tenu sous la pression de manifestations locales et d'accusations portées par des élus hostiles à Israël.

Des dizaines d'organismes économiques régionaux américains, habituellement concurrents pour attirer des entreprises israéliennes, ont fait front commun cette semaine à Detroit. Réunis au siège de la banque Huntington, ils ont signé un mémorandum d'entente destiné à structurer durablement la coopération économique entre Israël et les États-Unis, à travers le partage d'informations et des actions coordonnées.
Un sommet inédit pour défendre les investissements américains en Israël
Elad Strohmayer, consul général d'Israël pour le Midwest, a résumé la logique du rassemblement : de nombreux États américains cherchent à attirer des entreprises israéliennes sur leur territoire pour stimuler leur propre croissance. Selon lui, les entrepreneurs israéliens, confrontés à un marché intérieur limité, voient dans les États-Unis leur débouché naturel. Parmi les intervenants, Zineb Riboua, chercheuse à l'institut conservateur Hudson, a souligné que les entreprises israéliennes soutiennent des dizaines de milliers d'emplois sur le sol américain, les centres de données étant présentés comme un axe d'investissement prometteur.
Le sommet a reçu le soutien de figures du monde juif et des affaires, dont Gary Torgow, président des Jewish Federations of North America, et de la fédération juive de Detroit. Chaim Martin, attaché économique d'Israël aux États-Unis, nommé par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, figurait parmi les présents. Mark Davidoff, directeur général du Michigan Israel Business Accelerator (MIBA), a indiqué que la fondation du gestionnaire de fonds Paul E. Singer avait sollicité son organisation pour coordonner les bonnes pratiques d'attraction des investissements israéliens.
Des tensions croissantes autour des liens économiques avec Israël
La tenue du sommet intervient alors que des signes de reflux apparaissent dans la relation économique entre Israël et les États-Unis. Au même moment, le contrôleur financier de New York, Mark Levine, a annoncé l'arrêt des achats d'obligations israéliennes, invoquant la dégradation de la notation de crédit du pays après la guerre à Gaza. Des organisations antisionistes, dont Jewish Voice for Peace, ont présenté cette décision comme une victoire du mouvement BDS, ce que Levine a démenti, affirmant que des considérations politiques n'étaient pas en cause.
À Detroit même, le MIBA a été la cible de manifestations locales dans les semaines précédant le sommet. La campagne « MI Money Out Of MIBA », à laquelle participe la section locale de Jewish Voice for Peace, dénonce plus de 5 millions de dollars de fonds publics versés à l'organisation depuis 2018 et vise en particulier ses liens avec l'industrie de la défense. Une pétition soutenue par cette campagne, signée par plus de 2 400 personnes, accuse Israël de mener « un génocide, un apartheid et une occupation ». La représentante Rashida Tlaib a relayé cette offensive, estimant que le MIBA « ne devrait pas toucher un centime d'argent public ».
Les acteurs pro-israéliens répliquent et préparent la suite
Mark Davidoff a contesté ces accusations, précisant que l'entreprise israélienne visée ne fabrique pas d'armement mais développe une technologie de protection contre les drones hostiles, destinée aux infrastructures critiques et aux forces de sécurité américaines. Il a aussi assuré que le MIBA n'investit pas directement dans l'État d'Israël. Cette stratégie de réponse publique a toutefois divisé les participants du sommet : plusieurs panels ont au contraire vanté les mérites de la discrétion, une minorité seulement des organisations présentes communiquant à l'avance sur leurs événements.
Pour Elad Strohmayer, l'économie israélienne « est beaucoup plus forte qu'avant la guerre », et ces partenariats visent avant tout à consolider la relation bilatérale face à la montée de l'antisémitisme. Les organisateurs espèrent faire de ce sommet un rendez-vous annuel, alors que le climat politique dans le Michigan, marqué par la candidature au Sénat d'Abdul El-Sayed et la mobilisation pro-palestinienne, continuera de peser sur l'avenir des investissements américains en Israël.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le US-Israel Innovation Exchange Summit ?
- C'est le premier sommet réunissant des organismes économiques régionaux américains et israéliens, tenu à Detroit, pour coordonner l'attraction d'investissements israéliens aux États-Unis.
- Pourquoi le MIBA a-t-il été visé par des manifestations ?
- Une campagne locale conteste les fonds publics reçus par le Michigan Israel Business Accelerator depuis 2018, en raison de ses liens avec une entreprise israélienne de technologie de défense.
- Pourquoi New York a-t-il arrêté d'acheter des obligations israéliennes ?
- Le contrôleur financier de la ville a invoqué la dégradation de la notation de crédit d'Israël après la guerre à Gaza, tout en démentant toute motivation politique.
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