Géorgie : le sénateur Ossoff accuse Israël d'avoir violé le droit de la guerre à Gaza
Lors d'un débat sénatorial jeudi à Atlanta, le démocrate Jon Ossoff a affirmé que les forces israéliennes avaient violé le droit des conflits armés à Gaza, sans qualifier la conduite d'Israël de génocide. Il a renvoyé cette question à la Cour pénale internationale, provoquant une vive réplique de son adversaire républicain Mike Collins, qui l'accuse de soutenir des figures hostiles à Israël.

Interrogé sur une accusation de génocide à Gaza lors du débat télévisé organisé en Géorgie, le sénateur sortant Jon Ossoff a refusé de répondre par oui ou par non. Il a estimé que cette question relevait de la Cour pénale internationale (CPI), tout en affirmant sans détour que les forces israéliennes avaient, selon lui, violé le droit des conflits armés et le droit humanitaire international à Gaza. Face à lui, le représentant républicain Mike Collins a dénoncé les soutiens de son adversaire jugés hostiles à Israël, dans un échange qui a aussi viré aux accusations personnelles d'antisémitisme.
Une question posée au lendemain de l'anniversaire du 7 octobre
Le débat s'est tenu un jour après le troisième anniversaire du massacre du 7 octobre. Le modérateur Rick Folbaum a demandé directement à Ossoff, premier sénateur juif de l'histoire de la Géorgie, s'il jugeait qu'Israël avait commis un génocide à Gaza, en référence aux critiques venues d'une partie de la communauté juive d'Atlanta après ses votes pour bloquer des livraisons d'armes. « La question du génocide est celle de savoir si un gouvernement a l'intention spécifique de détruire un groupe national ou ethnique, et c'est une question pour la Cour pénale internationale », a répondu Ossoff. « Je n'ai aucun doute que les forces israéliennes qui mènent la guerre à Gaza ont violé le droit des conflits armés et le droit humanitaire international. » Israël n'est pas partie au Statut de Rome qui a créé la CPI et rejette sa compétence sur son action à Gaza ; l'administration Trump a par ailleurs sanctionné la Cour, l'accusant de cibler illégitimement les États-Unis et Israël. Ossoff a ajouté se soucier « profondément » de la sécurité des Israéliens, dont des membres de sa famille, tout en disant « ne présenter aucune excuse » pour ses votes contre des livraisons de munitions en 2024 et de fusils en 2025, votes condamnés en leur temps par le Jewish Community Relations Council d'Atlanta ainsi que par les antennes locales de l'ADL et de l'American Jewish Committee. Il n'a en revanche pas répondu directement s'il soutiendrait un nouveau paquet d'armement de 2,8 milliards de dollars pour Israël, préférant attaquer Collins pour son soutien à des sanctions contre la CPI.
Attaques personnelles et accusations d'antisémitisme
Collins a accusé Ossoff d'avoir recruté et soutenu des figures jugées hostiles à Israël, citant le streamer Hasan Piker et le candidat démocrate au Sénat du Michigan Abdul El-Sayed, qu'il accuse de vouloir « voir Israël rayé de la carte ». Ossoff a répliqué en évoquant les liens de Collins avec un ancien collaborateur ayant publié des messages pro-nazis et avec son gendre, un influenceur d'extrême droite ayant utilisé une imagerie nazie, affirmant qu'une « propagande néonazie est diffusée à des millions de personnes depuis votre domicile ». Collins a nié tout préjugé, assurant avoir condamné le racisme et l'antisémitisme « peu importe leur source » et avoir renvoyé les collaborateurs concernés.
Un second débat avant le scrutin du 3 novembre
Les deux candidats se sont aussi opposés sur la guerre en Iran, qu'Ossoff a qualifiée à plusieurs reprises de « désastre », l'accusant d'avoir fait grimper les prix de l'essence en Géorgie et affirmant que les Américains avaient été « trompés » sur ses objectifs, avec 18 soldats tués et des centaines de blessés. Collins a défendu la décision de l'administration Trump, invoquant des mises en garde de l'Agence internationale de l'énergie atomique sur le programme nucléaire iranien. Selon les sondages cités par les sources américaines, Ossoff conserverait une avance d'environ neuf à dix points sur Collins. Les deux candidats doivent se retrouver pour un second débat organisé par l'Atlanta Press Club le 13 octobre, avant l'élection de mi-mandat prévue le 3 novembre, dans une course qui pourrait peser sur le contrôle du Sénat et, avec lui, sur la politique américaine envers Israël.
Questions fréquentes
- Pourquoi Ossoff n'a-t-il pas répondu directement sur le génocide ?
- Il a estimé que la qualification de génocide, qui suppose l'intention spécifique de détruire un groupe national ou ethnique, relevait de la compétence de la Cour pénale internationale, et non d'une appréciation politique personnelle.
- Pourquoi Israël rejette-t-il la compétence de la CPI sur Gaza ?
- Israël n'est pas partie au Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour, et conteste sa juridiction sur la conduite de ses forces à Gaza. L'administration Trump a sanctionné la CPI pour cette raison.
- Quand aura lieu la suite de la campagne ?
- Un second débat entre Ossoff et Collins est prévu le 13 octobre, organisé par l'Atlanta Press Club, avant l'élection de mi-mandat du 3 novembre.
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